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Marilyn Manson : "The golden age of Grotesque"
Le ridicule a parfois du bon.

samedi 16 avril 2011, par Vincent Ouslati

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Dernière collaboration entre Manson et John 5, The golden age of Grotesque n’a jamais été perçu comme un grand cru du Révérend. Plutôt un album de transition, de fin de cycle. Pourtant, il revient souvent dans mes compilations de fin de semaine. Amis du bon goût et des écrits bibliques, rentrez chez vous, le prêtre du Démon est de retour avec ses paroles subversives en diable, fermez portes et fenêtres ! Sortez fourches et crucifix, clouez des hiboux à vos portes, la bête est dans la place !

Les guignolades gores de Meumeu m’ont toujours fait doucement rigoler et je ne vois là-dedans que du marketing ni plus intelligent ni plus con que pour un autre artiste. C’est la jeunesse de Manson qui est fascinante, le papa militaire, la vie de caserne, les expérimentations d’agent Orange... Lorsque l’on s’intéresse un peu à la vie du petit Brian Warner derrière le clown gothique, on comprend mieux certains aspects de son personnage. En fait ledit Brian Warner m’a toujours semblé avoir plus à dire que sa musique même (ce qui se vérifiera plus tard sur l’excellent Eat me, drink me) , mais comme un artiste se définit aussi par son œuvre, il y a bien un moment où il faut aller racler la terre du caveau et écouter ce que l’affreux a à nous dire.

Nouvelle atmosphère, ambiance cabarets allemands fin des années trente, bruit des bottes et fond du décor brun, Marilyn Manson s’est construit un nouvel espace assez inattendu, le look se veut encore une fois très étudié, tout ça est réussi et visuellement dans les clous du “shock-rock” de bon ton, les évocations burtoniennes avec le grand méchant dans le dernier plan. Musicalement aussi, The golden age of Grotesque est très abouti. Après une intro toute en perversité crasse évoquant la montée du nazisme, le fort caustique This is the new shit ne dénoterait pas dans la setlist d’Holy wood ou d’Antichrist superstar. Manson d’ailleurs y fait preuve d’un certain humour, lançant son nouvel opus en y explicitant que c’est une merde.

Mobscene joue le rôle du camelot de luxe, gouailleur et extrême, rarement MM n’a été aussi glauque et jouissif, impossible de ne pas bouger du derrière en écoutant cette ode au mauvais goût. Cet album suinte, mais c’est bricolé avec tellement d’attention qu’on suit, Use your fist and not your mouth est imparable ou encore la chanson titre The golden age of Grotesque, horriblement bien foutue et certainement un des gros clous de cet album. Peu de titres faibles hormis Better of two evils, juste nul.

Et les quelques clins d’œil sympathiques se retrouvent ici ou là avec du Faith No More sur Mobscene, ou encore Depeche Mode sur Slutgarden. Décidément cet album est accrocheur, vraiment prenant. Avec cette merveille de noirceur, le type trashouillo gore juste bon à faire peur aux gosses a réalisé un intéressant opus, transitoire il est vrai. Différent de The mechanical animals qui était lui-même loin d’être une bouse, Brian Warner signe ici un bon album mais qui n’invente rien. Heureusement que le croquemitaine aura l’heur de puiser une nouvelle inspiration dans ses petits tourments personnels...



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Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Marilyn Manson : "The golden age of Grotesque"
(1/1) 16 avril 2011, par Initiative Zarma




Marilyn Manson : "The golden age of Grotesque"

16 avril 2011, par Initiative Zarma [retour au début des forums]

Comme a dit Alice Cooper : "Un type maquillé qui fait du métal-provoc et porte un prénom féminin ? Dommage que je n’aie pas eu l’idée avant lui..."

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