|
|
Manic Street Preachers : "Send away the tigers" Puis ils rugirent à nouveau ! mercredi 23 mai 2007, par |
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
Un seul mot est susceptible de résumer ma réaction après une première écoute de ce huitième opus très attendu des Manics : YEAH ! Je schématise, mais on a eu très peur. The great western du chanteur et guitariste James Dean Bradfield était pourri, et la pop élégiaque de Lifeblood avait fait grincer quelques dents mal intentionnées. Mais revoici les Manics comme on les aime, c’est-à-dire en grande, très grande forme.
C’est tout simplement l’album le plus honnête des Manic Street Preachers depuis leur fortement récompensé Everything must go de 1996. Rendez-vous compte ! On a attendu plus de dix ans pour avoir enfin la chance de récolter un opus de cette qualité. Pour les puristes, sachez surtout que Send away the tigers parvient à mélanger avec brio Everything must go et Gold against the soul. Je vous laisse imaginer la perle musicale que l’on récolte alors. Premier symbole extrêmement fort : la pochette de cet album, très atypique pour un album des Manics (deux petites Anglaises en quête de sens, sans doute) réutilise la police de leur polémique et apocalyptique The Holy Bible. C’est un clin d’œil qui en dit très long, je trouve, d’autant plus que se trouvent effectivement sur cet album des morceaux de la trempe de Faster ou Revol, qui permettent de clamer haut et fort cette phrase bateau que rédigent en chœur les chroniqueurs les plus mal inspirés du petit monde du rock : c’est un retour aux sources. Na. Premier single de cet album, le fabuleux Your love alone is not enough, enregistré en duo avec Nina Persson des Cardigans. Un exercice assez particulier pour les Manics, dont le dernier duo remonte à 1992 (il s’agissait de Little baby nothing enregistré avec l’égérie porno Traci Lords) ; mais ici, il s’agit d’un titre exceptionnel, une pop sans fautes, bourrée d’énergie rock, avec une sorte de dialogue entre Nina et James, qui repose parfois sur quelques incursions vocales de Nicky Wire. Un morceau tout simplement jouissif, qui injectera une dose chevaline de bonne humeur dans n’importe quel esprit embrumé. Dans le même genre, on retrouve aussi le superbe Indian summer, qui repose par ailleurs sur la prosodie musicale de A design for life sans pour autant le copier. Les guitares rock sont aidées de quelques cordes de bon aloi, comme sur l’adolescent Autumnsong, qui permet de faire renouer le groupe avec des thématiques plus fraîches et plus contemporaines.
L’introspection nombriliste de Nicky Wire (responsable de la majorité des paroles) laisse place à bien plus de verve, que l’on retrouve déjà dans le morceau titre de l’album, qui drape sa guitare d’une mélodie japanisante du plus bel effet, tout en affirmant avec foi les recettes musicales de Manics. Dans un autre genre, mais toujours dans la même veine, The second great depression déroule ses tapis de pop orchestrale malgré des sonorités bien plus expérimentales et plus rageuses, ce qui lui confère un charme tout particulier. L’album se clot sur l’hymne pop Winterlovers, d’une coloration britannique parfaitement assumée, avec un refrain impossible à oublier, tout en choeurs scandant simplement des "Na na naaa" entêtants. Difficile alors de soutenir que les Manics ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes lorsqu’on aborde ce genre de morceaux. Mais vous n’avez encore rien vu. Car outre la ballade I am just a patsy, qui représente le seul versant véritablement apaisé de Send away the tigers, cet album se muscle particulièrement autour de trois titres qui ne sont pas sans rappeler les meilleurs moments de The holy bible. Et c’est là que réside finalement tout l’intérêt de l’album. Premier dans le genre, le très court mais très efficace Underdogs, punk dans l’âme, braillard à souhait, gorgé d’alcool et d’énergie testostéronée. Une petite révolution à lui tout seul. Dans un autre genre bien plus catastrophiste, Rendition ne lésine pas sur les décibels et n’aurait rien à envier au troisième album tant cité des Manic Street Preachers. On en retrouve la rage, l’efficacité et la force instrumentale. Dans un autre style, le tarantinesque Imperial bodybags se charge de balancer une salve particulièrement mordante contre la politique américaine au sujet de la guerre en Irak. Le ton est donné. Rauque, fabuleux et engagé, Send away the tigers n’est pas seulement l’un des meilleurs albums des Manics : il dépasse ce stade en étant pour l’instant l’un des meilleurs albums qu’il m’ait été donnée d’entendre cette année. |
|||
|
|
|
Il y a 8 contribution(s) au forum. Manic Street Preachers : "Send away the tigers"
(1/6) 23 juillet 2007, par Skalcrab Manic Street Preachers : "Send away the tigers"
(2/6) 20 juin 2007, par JF Blackburn Manic Street Preachers : "Send away the tigers"
(3/6) 25 mai 2007, par Xavier Manic Street Preachers : "Send away the tigers"
(4/6) 24 mai 2007, par fab Manic Street Preachers : "Send away the tigers"
(5/6) 24 mai 2007, par Pussy Galore Manic Street Preachers : "Send away the tigers"
(6/6) 23 mai 2007, par Latex |
Manic Street Preachers : "Send away the tigers" 24 mai 2007 [retour au début des forums] Qu’attends-tu pour écrire, toi qui es parfait ? Manic Street Preachers : "Send away the tigers" 30 mai 2007, par Jefferson [retour au début des forums] Il à déjà donné le bougre...
|