Pop-Rock.com



Manic Street Preachers : "Journal for plague lovers"
Suite inachevée

mercredi 27 mai 2009, par Albin Wagener

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Get Cape. Wear Cape. Fly : "The chronicles of a Bohemian teenager"
Eagles Of Death Metal : "Peace love death metal"
U2 : "No line on the horizon"
Nicolai Dunger : "Tranquil Isolation"
Muse : "Black holes and revelations"
Simple Minds : "Graffiti Soul"
Anacruz : "Hologram"
Stupeflip : "Stup Religion"
Arid : "All things come in waves"
Coldplay : "A rush of blood to the head"


Ironie de l’histoire musicale : alors même que les Simple Minds fêtent leur trente ans cette année, les Manic Street Preachers sortent la suite de The Holy Bible, album qui avait justement été imaginé comme une réinterprétation du Empires & Dance du groupe écossais. Si l’idée d’une suite reste plus que séduisante (surtout avec les paroles retrouvées de leur ancien guitariste Richey James, officiellement déclaré mort il y a quelques mois), les faits se révèlent nettement moins satisfaisants. Si Journal for plague lovers est loin d’être mauvais, il n’est certainement pas l’un des meilleurs albums de la discographie du groupe, comme se plaisent à le penser certains collègues journalistes d’outre-Manche.

Oui, évidemment, cet album bénéficie de la production de Steve Albini. Evidemment, le son est bien rugueux comme on l’aime. Evidemment, les morceaux ne s’embarrassent pas d’artifices superflus. Evidemment, les refrains des Manics restent percutants. Mais sur la longueur, les quatorze morceaux de cet album, dont beaucoup peinent à dépasser les trois minutes, ne parviennent pas à convaincre. En plaçant la barre aussi haut et en annonçant une suite logique de The Holy Bible, on ne pouvait qu’espérer un brûlot engagé et pénétrant. Certes, les dernières paroles de Richey James dressent un portrait au vitriol de la bourgeoisie occidentale et de ses vices peu assumés, mais la composition des morceaux ne suit pas. En fait, Journal for plague lovers aurait pu se placer entre son auguste ancêtre et Everything must go, mais il émerge avec dix ans de retard.

Et ce retard se fait cruellement sentir. Passés les flamboyants Peeled apples et Jackie Collins existential question time, on commence à se demander où le groupe souhaite nous emmener. Oui, Me and Stephen Hawking pourrait être le petit frère de Faster et oui, William’s last words sonne comme une lettre d’adieu laissée par Richey et dictée avec émotion par le bassiste Nicky Wire... mais l’album paraît résolument incohérent, comme autant de morceaux qui seraient construits comme des chutes d’écriture reliées bout à bout par une batterie souvent trop simple (alors qu’on sait pertinemment que Sean Moore peut faire bien mieux que ça). Non, franchement, Send away the tigers était largement plus inspiré. Avec journal for plague lovers, on a l’impression de pêcher à nouveau par excès de zèle, comme à l’époque du boursouflé Know your enemy.

Curieusement, l’album trouve finalement ses points forts dans la ballade This joke sport severed ou dans le rock très nineties de l’hymne éponyme Journal for plague lovers. Le seul morceau qui aurait réellement pu tenir la distance sur The Holy Bible est All is vanity, qui parvient à jouer avec l’ombre de leur illustre chef-d’œuvre de 94. A dire vrai, pris séparément, les morceaux et leur composition ne sont pas mauvais du tout ; c’est simplement leur agglomérat qui ne fonctionne pas. On ressort de Journal for plague lovers avec une désagréable impression de lourdeur. Ouais, c’est vrai, The Holy Bible procure aussi cela, mais on termine l’écoute en étant réellement chamboulé et heurté par les paroles et la musique. Là, on n’y croit pas vraiment, pas même une seule seconde. On sait très bien que les Manics courent après le fantôme de Richey depuis bien trop longtemps. Avec Journal for plague lovers, ils avouent enfin vouloir commettre une suite de l’un des meilleurs albums rock de l’histoire, sans jamais l’avoir réellement digéré. L’histoire ne parvient pas à se répéter (et tant mieux), et on aimerait vraiment que ce groupe, constitué pourtant d’excellents musiciens, parvienne à se refaire une réelle identité sans passer par la case de la nostalgie.



Répondre à cet article

Albin Wagener





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Manic Street Preachers : "Journal for plague lovers"
(1/2) 30 juillet 2009, par Phil DANSTACHAMBRE
Manic Street Preachers : "Journal for plague lovers"
(2/2) 28 mai 2009




Manic Street Preachers : "Journal for plague lovers"

30 juillet 2009, par Phil DANSTACHAMBRE [retour au début des forums]

Pour l’avoir réecouté dernièrement à cause de toutes les chroniques le décrivant comme un chef-d’oeuvre, mon avis est malheureusement definitif ; je n’aime pas Holy Bible.
J’espère que toutes ces critiques flateuses à l’égard de cet album, ne sont pas dus au fait qu’il soit le dernier enregistré du vivant de Richey ? Hein, rassurez moi.
Dites moi que ça repose sur du concrès, et pas sur un bête culte de "l’artiste torturé disparu trop jeune etc..."
Bon je ne connais pas encore bien ce Journal For Plague Lovers, car je n’ai que 2 écoutes dans les pattes, mais pour l’instant je le préfère à son ainé.
Tout ça m’a donné envie de me replonger dans mes Gold against the soul, Everything must go, This is my truth, et autres Lifeblood de haute volée.

[Répondre à ce message]

Manic Street Preachers : "Journal for plague lovers"

28 mai 2009 [retour au début des forums]

Ben ouais ca fait c...., ils se sont complètement déchirés sur cet album...Je retourne me coucher et écouter Everything Must Go ou This Is My Truth Tell Me Yours !!!!

[Répondre à ce message]