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Lou Reed : "Hudson River wind meditations"
Victime de son propre Metal Music Machine

lundi 26 mai 2008, par Yû Voskoboinikov

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La nuit, Paris est une belle ville, mais sa beauté n’a jamais réussi à me désintéresser de son monde flottant, sale et crasseux, tel qu’il subsiste avec panache sous les regards désabusés des forces de l’ordre complice. Je ne suis pas client, tout juste ai-je parfois été boutiquier, mais j’aime m’y perdre. Prendre le volant, regarder ses rues que je connais si bien, et dans lesquelles il m’arrive encore, d’un simple virage, de me perdre tragiquement.

Rouler, les méditations de Lou Reed résonnant dans mes oreilles dubitatives, ce son paisible m’agressant de manière sournoise, presque avec innocence. Peut-être est-ce l’ambiance, peut-être est-ce ma réfraction légendaire à ce genre de sonorités, peut-être est-ce moi qui, déjà, ne suis plus de ce monde. L’ai-je été un jour ? Je me pose la question, accoudé à la rambarde d’un pont. Sous mes pieds, les voitures déboulent par surprise, j’aime cette sensation grisante, cette sensation d’être si près de la mort si lointaine ; sauter ne me garantirait pas le succès. Tandis que la musique continue de résonner dans mes oreilles, je décide de me coucher par terre, sur le côté. Personne ne passe, et c’est très bien ainsi, car contrairement à l’homme du clip de Radiohead, je ne saurai pas quoi répondre si l’on me demandait pourquoi.

Ce n’est pas quelque chose que je suis encore capable d’exprimer par les mots. Je le ressens, une douleur continue qui se déchaîne par moments, qu’il s’agisse d’un simple moment où je n’ai pas d’autre pensée en réserve ou des restes d’un coup de griffe qui n’en finit pas de saigner. Tu es un ange, non ? Ce n’est pas la première personne qui me dit cela. Elle est assise sur un muret, accompagnée d’une fille qui étouffe un petit rire. Elle me tend un mouchoir, pour sécher cette larme de sang, et reprend : Ce sont les anges qui pleurent des larmes de sang. Ce n’est qu’une larme, une petite larme anachronique arrivée là sans doute par un concours de circonstance affligeant, une larme rouge, rhésus B positif. J’esquisse un sourire, et m’abstiens de mentionner ce détail ; je me contente de nier. Non, je ne suis pas un ange. Elle me regarde, et me sourit.

J’aime les hommes comme toi. Ce sont des hommes qui protègent, dans les bras desquels on se sent en sécurité. Elle me parle, me regarde un peu, pas trop. Son amie ne me quitte pas des yeux, ponctuant son silence par de petits rires innocents. Juste un peu de fraîcheur dans un quotidien nocturne loin d’être évident. Tu sais, je fais cela pour me faire un peu d’argent de poche. Je comprends parfaitement. Tu es quelqu’un de gentil, tu sais. Elle le répète, encore et encore. Me dis de ne pas aller au Bois de Boulogne, que là-bas c’est dangereux, mais qu’avec lui, il n’y a rien à craindre. Elle parle d’elle au masculin, sans doute parce qu’elle sait que je ne suis pas venu les poches pleines. D’ailleurs, cela se voit que tu es quelqu’un de gentil. Puis j’aime les hommes comme toi, qui protègent. Je peux poser ma tête contre toi ? Non, si je te laissais faire ça, je ne serai plus quelqu’un de gentil. Elle esquisse un sourire teinté de regret, et je fais de même, alors que je n’en ai aucun. Je n’ai pas cœur à souiller plus son mal de vivre.

Son amie réprime un tremblement, et tente de garder un visage serein. Nous savons qu’il est temps que je m’en aille, comme nous savons ce qui se cache derrière nos rires et nos sourires respectifs, mais nous préférons ne rien voir. Dans un ultime pied de nez au destin, nous nous disons à bientôt, avec d’autant plus d’amertume que nous savons qu’il s’agit là de paroles vaines. Peu importe ; la radio a remplacé les méditations, et Dan Black invoque Lou Reed, une perle perdue au milieu de la médiocrité de toutes ses autres compositions. J’écoute ses paroles avec un sentiment de culpabilité : les gens me disent que je suis quelqu’un et me citent en exemple alors même que je reste persuadé de toujours être ce gamin qui rêvait sans regarder au travers de la fenêtre de sa chambre. Le temps s’écoule, et Lou Reed finit par demander à ce qu’on le laisse seul. Sous la couette froide, j’attends.

(de la chaleur et des battements de cœur, à défaut le sommeil)



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Yû Voskoboinikov





Il y a 9 contribution(s) au forum.

lo siento si using dw56h
(1/3) 19 avril 2009, par Peksraluale
Lou Reed : "Hudson River wind meditations"
(2/3) 28 mai 2008, par nem
Lou Reed : "Hudson River wind meditations"
(3/3) 26 mai 2008, par Jimbo




lo siento si using dw56h

19 avril 2009, par Peksraluale [retour au début des forums]

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Lou Reed : "Hudson River wind meditations"

28 mai 2008, par nem [retour au début des forums]

bon alors il vaut koi ce skeud bordel ?

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Lou Reed : "Hudson River wind meditations"

26 mai 2008, par Jimbo [retour au début des forums]

Prose pas inintéressante mais un peu troudballissime ! Vous faites penser à un perso de "Sin City" qui s’apprête à fondre sur sa proie tout en s’interrogeant sur le bien fondé de sa décision...mais laquelle ? La poésie c’est bien, mais encore faut-il qu’elle soit attrayante pour le citoyen normal. A part ça, l’album est bon ?

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    Lou Reed : "Hudson River wind meditations"

    27 mai 2008, par Dame-chiite. [retour au début des forums]


    Oui puis le chroNiQUEUR ne nous intéresse que pour son avis sa musique.

    Doit-on comprendre que cet album est romantico-dégueulasse ? N’est-ce là qu’une espèce de digression, frauduleuse car elle permet à l’auteur de bafouer la plus importante règle de la critique (j’entends par là critiquer), pour parler de lui ? C’est quoi !?

    Yû, à bientôt.

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      Lou Reed : "Hudson River wind meditations"

      27 mai 2008, par Dame-chiite. [retour au début des forums]


      son avis sur la musique*

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        Lou Reed : "Hudson River wind meditations"

        28 mai 2008, par Prout [retour au début des forums]


        "Rouler, les méditations de Lou Reed résonnant dans mes oreilles dubitatives, ce son paisible m’agressant de manière sournoise, presque avec innocence. Peut-être est-ce l’ambiance, peut-être est-ce ma réfraction légendaire à ce genre de sonorités"

        J’ai l’impression qu’en fait tout est dit là... Vous savez, le truc là, le sage montre la lune, le con regarde le doigt, un truc dans le genre.

        Puis le sous-titre, aussi : victime de son propre metal music machine, ça veut tout dire...

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          Lou Reed : "Hudson River wind meditations"

          29 mai 2008, par Dame-chiite. [retour au début des forums]


          Bonjour,

          Revenons, si vous le voulez bien, sur le sage, le con , le doigt et la Lune.
          Le con ne voit pas trop vers où le doigt pointe. Après tout, il fait nuit. Le sage, peut être est-ce un con, se dit le con.
          Le con est con !
          Il n’y peut rien, et quand il finit par regarder la Lune, il apprécie le croissant qui lui est donné de voir. Le con ! Si on lui avait dit que la Lune est ronde !
          Mais on lui a montré une image sans lui décrire le reste.

          Il sait ce qu’on ressent, mais n’a aucune idée de ce que c’est, le sage n’aime pas cet aspect.

          Tout ici transpire la sournoiserie : le décalage entre le titre et le sous titre, la mise en scène de cette histoire, et bien sûr ce passage : "cette musique paisible qui m’agresse de manière sournoise".
          Protéiforme, la sournoiserie peut être aussi bien une idée qu’une musique. Très bien, ce n’est pas nouveau ; mais cette impression ne me donne aucune substance pour avoir une idée simple de ce qu’a pu écouter le rédacteur.Vous pouvez me reprocher ça. Tout semble tellement lié au contexte de l’histoire, à Yû lui même.

          C’est pour ça que je réclame du terre-à-terre, du cru, du chiant : de l’analyse bateau, des détails techniques, des influences et du genre musical. Après tout : de l’Information pure et dure, pour que cela reste une chronique d’album ; et non un essai inspiré par une musique.
          Vous pouvez également me reprocher ce manque de sensibilité littéraire.

          J’aime ce site, j’aimerais ne pas perdre ce journalisme amateur qui ne s’empêche pas d’évoquer ses émotions, mais qui laisse la musique au centre.

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