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Laurent Garnier : "Tales of a kleptomaniac"
Les contes d’un éclectique

mercredi 2 décembre 2009, par Vincent Ouslati

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Depuis le temps que Laurent Garnier chasse le vinyle aux quatre coins des dancefloors, il fait quasiment partie des meubles du genre. Quand on ne connait personne dans sa catégorie, on le cite lui, lorsqu’on ne sait que dire en face d’un vendeur de la Fnuck au rayon électro, on dira Lolo Garnier, ou les deux robots en costard que je sais plus comment ils s’appellent mais ça parle de punk, ça oui. C’est la force de rester dans le coup après une si honorable durée dans le temps, et ses contes de kleptomane ne feront pas démentir l’estime que lui vouent ses petits suiveurs.

Laurent Garnier ne s’emmerde plus en longues réflexions métaphysiques sur les origines de sa musique, il sélectionne les plus beaux morceaux, et en fait une soupe. Du potage velouté pour le coup, qui a longtemps mijoté et qui parvient miraculeusement à conserver les saveurs intactes de chaque ingrédient. Il est arrivé au stade envié par nombre de jeunes créateurs, celui où la patte de plastique est immédiatement reconnaissable, celui où l’on reconnait dès les premières secondes un son particulier, personnel.

Impressionnant car Tales of a kleptomaniac est riche, très riche, d’une variété rarement visible chez Laurent Garnier, habituellement partisan de travailler sur une même thématique, avec une introduction-développement-conclusion et il vous emballait l’affaire. Ça rendait le tout cohérent, costaud. Du Garnier comme on n’en fait que chez lui. La tentation était forte de passer à autre chose, non pas en révolutionnant un son qu’il mit des années à créer, mais plutôt en parvenant à rendre un ensemble hétéroclite le plus cohérent possible. Casse-gueule l’expérience, et défourailler autant d’univers distincts sur une même galette avait de quoi faire frémir le premier musicologue de bazar venu.

Peine perdue, Garnier est un bonhomme on ne peut plus expérimenté et son oreille n’est pas encore prête de le tromper, car cet album, bien que réellement fourre-tout n’a rien d’une brocante. C’est étonnant, mais on peine sévère à trouver cet ensemble imbuvable. Ça passe comme du petit lait, c’est agréable, c’est varié, ça colle pour danser, ça colle dans l’Ipod, ça colle pour flâner, ça colle quoi.

Le kleptomane a piqué dans les poches du drum’n’bass, de l’Afrique lointaine, de la techno à sa sauce, du free-jazz le plus fameux (Dealing with the man est aussi surprenant que beau, de plus le maître y chante), du rap et j’en passe, les poches du kleptomane débordent de clés qui ouvrent une foultitude de portes. Une goutte de déception dans cette mare aux plaisirs, Freeverse Part. 1 et son phrasé rap “Featuring Micflow”, est assez navrant au niveau du flow justement. Le texte est nul et le Micflow n’a rien vocalement pour le sauver. C’est bien con car musicalement, c’est l’un des titres les plus surprenants du lot.

En guise de petit tour dans ses poches, Laurent Garnier offre la panoplie complète de ses découvertes. Toujours vaillant notre parrain de la French touch, on lui sera gré d’inspirer encore quelques années ses adeptes. Un jour peut-être parviendront-ils à un tel équilibre entre l’expérience et la curiosité.



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Vincent Ouslati