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Laura Veirs : "Saltbreakers"
La tête dans les étoiles

samedi 9 juin 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Unanimement salué dès ses débuts, le songwriting de Laura Veirs ne cesse de s’affiner au fil des ans, développant un univers personnel coloré et féérique à la manière d’une Suzanne Vega, tout en cultivant un style propre et bien à elle. Pour poursuivre la comparaison : Laura Veirs tant à être au Nord-Ouest américain ce que Suzanne Vega est depuis belle lurette à la côte Est.

Le folk américain peut vraiment se targuer de s’enrichir dans une explosion de créativité depuis quelques années. Personne ne me contredira. En réutilisant les conventions qui ont fait ses lettres de noblesse dans les années 60 et 70, les artistes actuels utilisent les techniques plus légères de la pop, mariant à celles-ci des expérimentations résolument indie. Ce nouvel album de Laura Veirs reste dans cette veine et se retrouve produit par Tucker Martine, qui avait déjà encadré les brillants The Decemberists et les plus atypiques Built To Spill. En un mot, on se retrouve ici avec un album homogène, d’une grande qualité mélodique et productionnelle, pétri de bonnes intentions et d’idées lumineuses. Ajoutez à cela le charme naturel de Laura, et vous obtenez vraiment un disque qui se passe de tout commentaire négatif.

Des bonnes idées, il y en a. Et Laura Veirs à la délicate attention de nous les distiller dès le début de l’album, avec un Pink light qui évolue entre plusieurs influences, suivi de près par le stellaire Ocean night song et ses quelques cordes éparses, guidant ici et là la barque perdue de Laura. Parfois la douceur de certaines chansons peut nous laisser un peu sur notre faim : sur Nightingale, par exemple, qui reste une comptine fabuleuse, j’aurais aimé entendre plus de prise de risque, à la manière d’une Anna Ternheim. Mais bon, c’est presque de la provocation mal placée que de se borner à critiquer une telle finesse chansonnière en la regardant par le petit bout de la lorgnette. D’autres morceaux sont franchement rock et ne présentent aucune concession, comme ce Phantom mountain extrêmement surprenant, qui souligne une nouvelle fois les nombreuses facettes que Laura sait exploiter à merveille.

Cet album est une féérie, je l’ai déjà plus ou moins dit. On s’en rend surtout compte avec To the country, son violon tendre et ses chœurs enfantins, et surtout cette impression de tombée de nuit qui déboucherait sur le réveil d’un petit monde scintillant et nouveau. Sur d’autres morceaux plus naïfs et plus souriants, comme Saltbreakers justement (qui est aussi le nom du nouveau groupe de musiciens qui accompagne Laura Veirs), on se surprend à se laisser entraîner par une nonchalance finalement assez insolente. Pour faire un bilan de cet album imaginatif et original, on pourrait dire de lui qu’il est à la fois introspectif, grâcieux et caressant, tout en ne boudant pas un certain plaisir musical. Dernier chapitre de la trilogie initiée par Carbon glacier et Year of meteors, Saltbreakers confirme et consacre cette artiste de Seattle et son songwriting si inventif, lui assurant par là-même une place largement méritée au panthéon de la longue tradition de folk féminin US, aux côtés de ses admirables pairs.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Laura Veirs : "Saltbreakers"
(1/2) 22 octobre 2016
Laura Veirs : "Saltbreakers"
(2/2) 9 juin 2007, par Yû




Laura Veirs : "Saltbreakers"

22 octobre 2016 [retour au début des forums]

We can really tell how good she is in music with the kind of album she made. - Dennis Wong YOR Health

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Laura Veirs : "Saltbreakers"

9 juin 2007, par  [retour au début des forums]

Non pas que je veuille tirer sur le corbillard, mais tes chroniques s’affaissent à chaque fois un peu plus sur elles-mêmes.

Pourquoi ne pas en écrire moins pour en écrire de meilleures ?

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