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Kwoon : "Tales and dreams" C’est l’œuvre qui compte, pas l’auteur mercredi 19 avril 2006, par |
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Nondidjû ! Syndrome de la page blanche. Je ne sais pas par où commencer pour vous parler de ce disque. Remettre à plus tard ? C’est ce que je fais depuis trois jours. Laisser tomber, parce que, de toute façon, personne n’a entendu parler de ce groupe ? Plutôt mourir ! Il faut parler de ce groupe, il faut que les gens sachent.
Premier contact avec l’album : sa pochette. Elle est superbe. En plus, on le découvrira par la suite, elle est extrêmement fidèle aux ambiances développées sur le disque. Il en est de même des différentes illustrations du livret, chacune mettant en image une chanson, à tel point qu’il est grandement conseillé d’écouter le CD en contemplant le livret, pour se promener au travers de ces magnifiques dessins au son de ces dix complaintes envoûtantes. L’ambiance est très proche de l’univers visuel de Tim Burton, ce qui est plutôt engageant. De mémoire, je ne me rappelle pas d’un livret aussi complémentaire au disque, du moins pour chaque titre. Mais voilà, un beau livret, c’est bien. Un bel album, c’est mieux. Et c’est là que ça devient difficile. Parler de cette musique, trouver les mots adéquats pour exprimer les sensations que procure l’écoute de Tales and dreams constitue un véritable défi tant les sentiments qui nous envahissent sont forts et variés. Cette musique ne s’écoute pas, elle s’éprouve. Je ne vois pas quel mot employer pour décrire ce sentiment mêlant oppression et bien-être qui fait son apparition durant le court crescendo de l’Intro. Je ne trouve aucun terme suffisamment éloquent pour traduire la mise sur orbite que provoque l’intervention de la guitare sur I lived on the moon. Et il en sera ainsi tout au long de cet album mêlant intimisme et envolées symphoniques. Si ce disque procure un tel sentiment, c’est pour une bonne raison : il est l’œuvre d’une seule personne qui y a mis tout son cœur et toute son âme. Œuvre intime, personnelle, cette musique se dévoile avec un mélange d’audace et de pudeur. Preuve s’il en est qu’un artiste, même s’il reste très discret comme c’est le cas ici, est avant tout un exhibitionniste pour oser dévoiler ainsi ses rêves et sa psyché. Car c’est bien d’un monde onirique et fantasmagorique qu’il est question ici. Un univers empreint de poésie et de beauté surnaturelle. Un univers où des méduses dansent dans le ciel au son de cette guitare tantôt fragile, tantôt déchirante. Un univers dont la finesse et la complexité trahissent les démons intérieurs de l’auteur (à moins qu’il s’agisse des nôtres ?), un univers empli de mélancolie, d’accès de joie intempestifs, de tristesse, de douceur, d’angoisse, de moments de grâce et d’émotion. Portées à bout de bras par une guitare très expressive, les compositions tissent également leurs ambiances éthérées grâce à la voix de l’auteur. Bien que présente sur à peine la moitié des titres, sa fragilité et son aspect feutré participent à rendre l’album moins démonstratif, plus pop (quitte à être un peu moins efficace, comme sur Tinklëh). Car on n’est pas ici dans un exercice de post-rock classique appréciable seulement dans les bonnes conditions (dans le noir, au casque et après trois verres de vin). Au contraire, l’album est accessible, direct, même s’il ne se révélera vraiment qu’aux termes des nombreuses écoutes qu’on lui accorde bien volontiers. Voilà, je tiens à m’excuser auprès de Kwoon et auprès de vous pour n’avoir pas pu mieux exprimer toute la magie de ce premier disque qui constitue d’ores et déjà ma meilleure surprise de ce début d’année.
Ne courrez pas chez votre disquaire favori pour acheter ce disque. Autoproduit, hors-circuit, vous ne pourrez (pour l’instant) ne vous le procurer que sur le site officiel du groupe. |
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Il y a 2 contribution(s) au forum. Kwoon : "Tales and dreams"
(1/2) 24 avril 2006, par Léopold Kwoon : "Tales and dreams"
(2/2) 19 avril 2006, par Zouzou |
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