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L’album du mois
Klaxons : "Myths of the near future"
Un mythe bien vivant

samedi 3 février 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Ce n’est pas dans mon habitude que d’écouter le foin qu’on fait autour d’un phénomène ou d’un autre. En bonne auditrice curieuse, je préfère avant tout me rendre compte par moi-même et ne pas tomber dans les pièges d’une hype souvent mal inspirée. J’avais ainsi décidé de classer Klaxons dans cette catégorie d’icônes célébrées avant même la sortie d’un premier album complet et me préparais tranquillement à sortir mes griffes à la moindre faute, à la moindre déception honteusement dissimulée par nos journaux spécialisés.

Vu que j’avais pourtant adoré Magick et son clip dézingué où les membres du groupe s’aspergaient d’un liquide verdâtre complètement halluciné, je me disais que Klaxons risquaient de posséder un grain de folie savamment maîtrisé qui pouvait les rendre intéressants à mes frêles esgourdes. En Grande-Bretagne, on appel ce mouvement musical là nu rave. Encore un outil de classification qui voudra probablement tout dire dans les six prochains mois, puis plus rien dire dans les six prochaines années. Toujours est-il que ce Myths of the near future est bien loin d’être un simple avatar d’un panthéon de morveux déjà surchargé et que j’ai l’impression de tenir entre mes mains l’un des albums les plus surprenants qu’il m’ait été donnée d’entendre depuis fort longtemps. Citer les influences des Klaxons ne servirait à rien, puisqu’on trouve de tout dans ce kaléidoscope sonore acide et surchargé. Rock, punk, pop anthémique britannique à la Supergrass, électro musclée et guitaristique à la Primal Scream, en bref ; un agrégat souvent surprenant et expérimental d’une somme impressionnante et imperturbable de références transformées dans un magma musical souvent déstabilisant.

Alors que Golden skans développe des accents typiquement britanniques avec son refrain à faire fredonner les foules, d’autres morceaux aux apparences plus sereines encore et plus classiques, comme As above, so below, se métamorphosent bien vite en véritables machines en éruption de guitares archi-saturées et de sons synthétiques aussi âpres et hurlants que des sirènes d’alarme. Les titres les plus percutants restent le très musculaire Isle of her et évidemment le fabuleux single Magick, tout à fait représentatif de l’univers du trio furibond, à l’image également de leur site internet qui mélange teintes criardes et imagerie de jeux d’arcade vieux comme Hérode. Dans la même veine, Atlantis to Interzone fait voler toutes les références musicales en éclat, puisque le morceau parvient à se constituer de deux parties assez différentes qui s’intervertissent avec savoir-faire et génie brouillon. Parfois, on se retrouve surpris par une mélodie inattendue, par un changement de rythme brutal et cru comme un sashimi un soir de fête, et il est souvent rude mais extrêmement grisant de se laisser emporter par les morceaux déconstruits et reconstruits des Klaxons.

La rigolote reprise It’s not over yet (que l’on doit originellement à Grace) parvient à multiplier les perspectives des Klaxons et à jalonner une nouvelle fois leur univers riche et décomplexé. Seul l’étonnant final représenté par le traditionnel ghost track peut provoquer chez certains l’incompréhension, car il se vautre en expérimentations sonores bien plus proches de la déchéance électronique de TV Mania qu’autre chose. On ne peut cependant que saluer des morceaux comme Four horsemen of 2012 ou Two receivers, qui parvient à accrocher l’auditeur en ouvrant l’album sur des notes à la fois sombres et familières, tout en créant tout de suite un suspense bruitiste bien particulier. On retrouve donc ici un trio qui n’a pas peur d’expérimenter et de saturer ses idées à l’extrême, quitte à choquer le goût des sons propres et des sillons parcourus mille fois, en abordant qui plus est des thèmes à la fois loufoques et diaboliquement seventies, comprenant fantaisies absurdes et questionnements socio-métaphysiques. Mine de rien, on se retrouve devant une montagne évidente de talent et d’ambition : un jeune trio qui ose oser et filer de bons coups de pied au cul aux canons du genre. Et personnellement, moi, ça me rend toute émoustillée, si je puis me permettre.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 13 contribution(s) au forum.

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Klaxons : "Myths of the near future"

14 mars 2007 [retour au début des forums]

Les turbines de la machine hype anglaise ne connaissent plus de répit. Bonne nouvelle : cette fois-ci, ce n’est pas exactement la même chose que les douze groupes précédents. Mauvaise nouvelle : on y laisse traîner son oreille moins longtemps... Il faut croire que ce petit côté insolence facile et rock à forte tension bien calibré - bien souvent pas désagréable au demeurant - faisant défaut à Myths Of The Near Future est compensé par... le reste. Comprenez ici les coupes de cheveux, le style vestimentaire, l’esthétique à en vomir ses œufs brouillés et ses toasts de la pochette du CD... Enfin bref, c’est suffisant pour créer LE phénomène de mode, fix dont le jeune public a décidément bien du mal à se désintoxiquer.

Dans le cas qui nous intéresse ici, le dealer fournit une dose d’as de pique dont on comprend peu l’intérêt : tubes et peintures fluorescentes (...) apparemment hautement addictogènes sur le moment, mais sans doute - enfin, on l’espère - pas sur la durée. Dans cette tentative de chronique d’un présent désenchanté et pessimiste, Jamie Reynolds (basse), Simon Taylor (guitare) et James Righton (un peu du reste), loin de la révolution annoncée ici et là, refont, en beaucoup plus irrégulier, ce que Prodigy a réussi il y a maintenant une décennie. Qu’est-ce qui peut être plus irrégulier que les trois (très bons) titres de The Fat Of The Land, se demande-t-on alors que l’on sent l’angoisse poindre et une goutte de sueur froide perler au front ?

Reconnaissons aux Klaxons qu’ils ont composé un bon titre. Sur les onze de l’album, le format single aurait permis de préserver ce qui pouvait l’être. En lieu et place, autour du tube semble s’être tricoté, de lui-même, sans la moindre élaboration, un album qui, disons-le franchement, n’en est pas un. Pourtant, avec "Magick", le trio britannique avait réussi un très joli coup. Le morceau retranscrit à la perfection cette angoisse désenchantée, glaciale urgence post-industrielle menée tambour battant. Le titre prend incontestablement de la hauteur après plusieurs écoutes, une fois abstraction faite de l’effet de mode et de cette ridicule peinture fluo. Si le morceau en lui-même ne soulève pas tant les sourcils dubitatifs de l’auditeur que ça, l’intro, en revanche, est brillante. Brillante de malaise, d’étouffement, de solitude, de ce sentiment que l’on va être dépassé puis semé, et piétiné férocement au passage.

Le malaise commence et s’arrête là, pour laisser place à une indifférence irritée. Certaines pistes sont peu écoutables ("Four Horsemen Of 2012" et la piste cachée qu suit), d’autres sont correctes (ne soyons pas de mauvais foi : "Totem On The Timeline" tient la route). L’effort "Magick" a été réitéré tous les deux morceaux ("Atlantis To Interzone", "Isle On Her"), avec nettement moins de succès... L’autre moitié des pistes est censée représenter les influences pop du groupe, et se confond dans un sirupeux qui a du mal à couler dans la gorge ("Two Receivers", "Golden Skans"...). En d’autres termes, pas de quoi casser ces trois pattes armées de bâtons fluorescents (je ne m’y ferai jamais...) à un canard, même si l’intro de "Magick" continuera passer en boucle dans votre tête une fois le CD arrêté...

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Klaxons : "Myths of the near future"

10 mars 2007 [retour au début des forums]

http://leschroniquesmusicales.over-...

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Klaxons : "Myths of the near future"

21 février 2007, par Heil Icon [retour au début des forums]

"don’t believe the hype" disait Chuck D (Public Enemy)

en français, on traduit ça par "ne te fies pas aux apparences"

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Klaxons : "Myths of the near future"

6 février 2007, par  [retour au début des forums]

La nu rave, c’est parti d’une blague de l’un des membres du groupe, et ces imbéciles d’anglais, tellement prompts à être les premiers à manger de l’étron, se sont rués là-dessus comme des affamés, entrainant au passage une tripotée de nouveaux groupes se revendiquant de la nu rave.
La blague a été officiellement regrettée par le concerné, qui n’a malheureusement pas su s’excuser avec un album valant la peine d’être écouté.

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Klaxons : "Myths of the near future"

4 février 2007, par Alevin [retour au début des forums]

Le mois ne vient que de commencer et notre chère nouvelle égérie nous tape au 3 du mois son flop et son album du mois.....elle va pas un peu vite !

Quant à The Klaxons, il ne s’agit que d’un album qui sera oublié après 3 mois....vous n’y penserez même plus lors de l’attribution de l’album de l’année 2007 .....

Y a pas d’autres albums attendus ce mois....

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    Klaxons : "Myths of the near future"

    4 février 2007 [retour au début des forums]


    La rédaction de pop-rock a sans doute déjà reçu tous les disques importants qui sortent ce mois-ci, et peut donc rendre un avis pour le mois... ça me semble logique.

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Klaxons : "Myths of the near future"

3 février 2007, par Heil Icon [retour au début des forums]

et une mode de 6 mois de + pour la table 4...une !!!

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Klaxons : "Myths of the near future"

3 février 2007, par MaLaDJuSTeD [retour au début des forums]

Je cherche un ticket pour l’AB Box :-)

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Klaxons : "Myths of the near future"

3 février 2007, par Gaor [retour au début des forums]

Bien d’accord avec toi, Clarisse. Ce premier album est vraiment intéressant et recèle quelques perles. Mais bon, la hype était calculée ; les Magick et autres Atlantis to Interzone lâchés dans la nature depuis pfiouuu (été 2006 ?) auguraient déjà de quelque chose de solide.
Avec les nouveaux Bloc Party et Arcade Fire, plus les Klaxons, 2007 commence bien.

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    Klaxons : "Myths of the near future"

    5 février 2007, par RSP [retour au début des forums]


    C’est cela ouuuiiiii...

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      Klaxons : "Myths of the near future"

      6 février 2007, par Gaor [retour au début des forums]


      "C’était vraiment très intéressant."

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        Klaxons : "Myths of the near future"

        7 mars 2007, par dyvvlad [retour au début des forums]


        Mais qu’est-ce que c’est que ces gros nazes qui prétendent savoir ce qui sera ou ne sera pas oublié 3 ou 6 mois après ? Il ne faut aimer que les albums dont on sera sûrs de l’entrée au panthéon alors ? Apprécier l’instant présent, et en l’occurence un bon disque, c’est interdit ? Mais ce serait-y pas le même genre de personnes qui vomissent sur les critiques acerbes lorsque celles-ci s’en prennent à leur artiste favori. Live and let die, disait l’autre...

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    Klaxons : "Myths of the near future"

    19 mars 2007, par Jefferson [retour au début des forums]


    Tout à fait d’accord pour le trio gagnant de ce début d’année. Effectivement, l’écoute est jouissive et sur le moment, t’es trop occupé à jubiler pour te demander si cet album sera un classique ou totalement oublié dans 6 mois. Iconoclaste et entrainant.
    Pour une fois (allez, j’exagère un peu) que je suis d’accord avec un chroniqueur sur ce site...

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