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Killing Joke : "Killing Joke"
La meilleure blague de l’année ?

mercredi 3 septembre 2003, par Jérôme Prévost

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Sept ans d’absence... sept ans de réflexion ? Ce disque est un tel brûlot qu’il y a de quoi se demander ce que Jaz Coleman et ses acolytes ont eu dans la tête pendant ce long hiatus. Reste à savoir ce qu’il y a derrière cette grosse claque dans la gueule.

Après tout, rien de bien étonnant à trouver quelque chose d’aussi brut dans le retour de Killing Joke. Car s’il y a bien un groupe capable de voir toute la noirceur du monde pour nous la balancer en pleine face, c’est eux. 25 ans après leurs débuts, ils semblent toujours aussi dangereux. Dangereux parce qu’ils redonnent du sens au mot heavy metal à une époque où tout sonne comme du Limp Bizkit, mais aussi parce qu’ils ne se voilent pas la face sur ce qui nous entoure. L’esprit post-punk est vivant, et il est temps de réveiller les gosses...

Dès le premier titre, Death & Resurrection Show, le son ne trompe pas : c’est fort, c’est simple, c’est brutal. Et le reste ne déçoit pas... Dans Total Invasion, Jaz Coleman crie comme un cochon qu’on égorge : "United Nations / it’s a total invasion / terrify them / total submission / this is our goal / this is our mission / destroy your customs / you’ll have no say / we’ll clothe your women / in the western way". Oui, le monde vient de connaître une guerre, au cas où vous auriez oublié. Déjà, en 1995, Jaz dénonçait les essais nucléaires français dans le Pacifique. Le nouvel ordre mondial n’a rien fait pour le calmer. Alors non, toujours pas de chansons mièvres chez Killing Joke. Ici, on parle du pouvoir grandissant des conglomérats internationaux, de la perte des libertés individuelles, des gouvernements corrompus par les rois du pétrole. Vous vous en foutez ? Vous ne comprenez rien à l’anglais ? La musique peut vous suffire. Oui, bien sûr, on peut regretter les influences orientales très mélodiques des opus précédents Pandemonium et Democracy ; fini les synthés et la guitare acoustique. Oui, vous ne trouverez sur ces dix titres qu’une seule ballade à faire écouter à votre copine - une petite pause où sonne superbement la basse de Youth, avant de reprendre le rythme. Car tout est une question de rythme ici - il n’y a pas de violence que dans les paroles. Et ils osent sortir Seeing Red en single : "they’re dropping bombs again / and they’re doing it in your name / kiss the arse of Uncle Sam / oh to be an englishman". Un ouragan, mené par la guitare de Geordie et la batterie de Dave Grohl. Grohl, qui après les Queens Of The Stone Age, prête de nouveau main forte à un groupe qu’il adore - et il le leur rend bien. Sa technique s’exprime parfaitement ici et fait décidément regretter qu’on ne l’entende pas plus souvent derrière les fûts... On n’essaiera pas de dégager des titres majeurs de ce disque - il n’y a rien à jeter et c’en est presque désespérant, quand on voit le reste de la production musicale actuelle. Ecoutez The House that pain built et vous comprendrez bêtement pourquoi nous avons besoin de ce groupe.



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Jérôme Prévost





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Killing Joke : "Killing Joke"-Ça fait du bien...
(1/2) 24 avril 2006, par Evil Frissou
> Killing Joke
(2/2) 26 septembre 2003




Killing Joke : "Killing Joke"-Ça fait du bien...

24 avril 2006, par Evil Frissou [retour au début des forums]

Pesant. Merci pour cette claque en pleine guelle...

Evil Frissou

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> Killing Joke

26 septembre 2003 [retour au début des forums]

Un peu qu’on en a besoin de ce groupe pour prendre un bon bol de colère. Indispensable.

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