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Kelly De Martino : "Radar"
Pourvu qu’elle ne trouve jamais le bonheur !

dimanche 15 mai 2005, par Geoffroy Bodart

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Quand le monde musical se met en tête de nous parler des amours déçus de ces dames, on a inlassablement droit à des violons larmoyants, des cris d’amour douloureux pour nos délicates petites oreilles, des textes dont la subtilité a été empruntée à Lionel Florence (quand ce n’est pas lui qui les écrit), des instrumentations pompières et une qualité générale qui les propulse directement au sommet du top MCM. Dans ce triste contexte apparaît quelquefois un OVNI, une artiste authentique qui ne vit pas que pour remplir l’Olympia, parrainer la Star Academy ou se faire composer ses chansons par des people qui en renieront par la suite la paternité. Aujourd’hui, cet OVNI s’appelle Kelly De Martino.

Originaire des Etats-Unis, cette jeune femme a mené une vie de bohème pendant plusieurs années, traînant ses guêtres d’une côte à l’autre du pays de l’Oncle Sam, avant d’atterrir à Paris. Dans ses bagages il y a ses premiers accords, la base de ses premières chansons. Dans sa tête, il y a les souvenirs mélancoliques d’une vie amoureuse chaotique, qui serviront de matériau premier pour ses textes et l’ambiance générale de son album. A Paris, elle rencontre Dominique Depret, avec qui elle enregistrera une démo, laquelle lui permettra d’enregistrer ensuite son premier album, toujours produit par le sieur Depret.

L’album s’ouvre sur Please don’t call me. Loin d’être raté, ce premier titre n’est pourtant pas spécialement enthousiasmant. Supporté par des instruments à vent, il permet toutefois de s’immerger tout en douceur dans l’univers musical très jazzy de Kelly De Martino, ses délicats accords à la guitare et sa rythmique feutrée. Vient ensuite Bumblebees. Et là, la magie opère. La voix, d’une fragilité extrême, dispense une mélancolie contagieuse, que souligne encore l’utilisation de l’orgue. Un moment de grâce, tout simplement. A partir de là, l’auditeur est conquis et n’a plus qu’à se laisser porter par les compositions intimes et minimalistes. Au fur et à mesure des écoutes, on ne peut s’empêcher de déceler l’une ou l’autre ressemblance entre les voix de Kelly et d’Axelle Red.

Autre très bon point pour cet album, Kelly De Martino ne se lance pas dans un récital démonstratif visant à faire la publicité de sa voix. Celle-ci sait en effet s’effacer quand il le faut derrière les tout aussi frêles accords du piano ou derrière l’un ou l’autre solo de guitare acoustique. Kelly n’hésite pas non plus à se lancer dans l’expérimentation, comme sur l’aérien In a Maze. Certes, c’est court et ce n’est pas non plus du Radiohead, mais il faut tout de même avouer que la démarche est culottée dans le chef d’une artiste opérant dans le registre qui est le sien.

L’album se clôture enfin sur My Little Fighter, qui est malheureusement un des titres les plus faibles, tout comme le titre d’ouverture. Ce sont assurément ces deux morceaux, et la place qu’ils tiennent dans l’album, qui empêchent de crier au génie et de faire de ce Radar une œuvre inoubliable. On ne boudera toutefois pas notre plaisir devant un album d’une telle finesse recelant d’aussi bons titres que New Orleans, Can’t come see me et la chanson éponyme.



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Geoffroy Bodart





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Kelly De Martino : "Radar"
(1/1) 29 octobre 2016




Kelly De Martino : "Radar"

29 octobre 2016 [retour au début des forums]

This is just another wonderful album from this talented singer. - Gary McClure

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