Pop-Rock.com



Kate Bush : "Aerial"
La femme idéale

lundi 14 novembre 2005, par Albin Wagener

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Bon Jovi : "Bounce"
Sean Lennon : "Friendly Fire"
Silverchair : "Diorama"
Portishead : "Third"
The Gossip : "Standing in the way of control"
My Sad Captains : "Here & elsewhere"
The Electric Soft Parade : "The American adventures"
U2 : "How to dismantle an atomic bomb"
The Bedwetters : "Meet the fucking Bedwetters"
Death in June : "The rule of thirds"


Dix ans d’attente. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la grande Kate Bush aura pris le temps qu’il faut pour pouvoir nous livrer ce merveilleux double album. Un monde à part, un peu à l’instar de Up, le dernier Peter Gabriel (qui avait lui aussi pris tout son temps), et un univers qui confirme les influences que cette grande dame du songwriting féminin a eues sur toute une palanquée d’artistes actuelles. Ce qui est formidable, c’est que la chanteuse britannique paraît ne pas avoir pris une ride, et poursuit ses investigations sonores introspectives avec une sérénité et une sensibilité rarement atteintes.

Aerial est un double album, certes, mais il fait partie de ces rares double albums qui paraissent trop courts, tellement le monde qu’ils dépeignent est agréable et doux. Entre expérimentations sonores, bruitisme synthétique et pianos sensibles, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait de Kate Bush une artiste extrêmement influente, une sorte de Peter Gabriel féminin, indépendante jusqu’au bout des ongles, peu soucieuse du regard d’autrui, mais soucieuse de sa propre expressivité et de ce qu’elle désire laisser transparaître dans sa musique. Entre élucubrations mathématiques (Pi) ou histoires touchantes de femmes au foyer (Mrs. Bartolozzi), ainsi qu’une hymne à Jeanne d’Arc (Joanni), Kate Bush profite de A sea of honey pour raconter des histoires de son cru, des comptines que l’on retrouvait sur ses anciens albums. Le premier morceau, King of the mountain, qui est aussi le premier single, nous fait directement plonger dans les rêves de cette jeune maman qui a su inspirer en vrac Elisabeth Fraser des Cocteau Twins, Lisa Gerrard de Dead Can Dance, mais également Tori Amos, Sarah MacLachlan ou Björk. Oui, je vous l’ai dit, nous avons affaire au retour d’une grande dame, pratiquement d’une légende vivante.

La deuxième galette, A sky of honey, oublie le songwriting intimiste tout en électro-folk du premier cd pour nous plonger dans un univers tout à fait à part, construit autour de méditations sur les cycles de l’existence, avec des samples de chants d’oiseau et de musiques naturelles, comme descendues doucement du ciel, parfois dans un jazz tribal expérimental (The painter’s link), parfois dans les nappes éthérées, du piano et des orchestrations qui tiennent du miracle (An architect’s dream). Dans cette œuvre à deux facettes, Kate Bush parvient à réaliser un véritable miracle : si dans un premier temps, elle nous convie dans son petit monde, comme une femme nous inviterait à rentrer dans sa maison pour faire visiter les pièces et montrer les tableaux ou les bibelots, elle parvient ensuite à nous draper dans ses visions du monde, son univers à elle, et ce avec une grâce et une efficacité redoutables. Véritable œuvre d’art qui invite avec douceur dans une espèce de cosmos parallèle serein et apaisant, cet Aerial permet à le belle de renouer avec sa propre légende.

En effet, maintes fois citées depuis sa longue absence, et ce par diverses artistes admiratives, Kate Bush a su se retirer dans une sorte d’humilité méditative. Pour être tout à fait sincère, les mots manquent pour décrire une pareille beauté. Chaque titre de ce double album mériterait une chronique à lui tout seul, et je dois bien avouer qu’il est toujours bien facile de chroniquer un Editors, un Depeche Mode ou même un Coldplay, mais quand il s’agit de devoir analyser une œuvre d’art, ce n’est plus du tout le même travail. Pour rendre hommage à ce trésor musical, il faudrait user de délicatesse linguistique et de poésie à l’image de la musique. Impossible d’être déçu de cet album en tout cas. Et pour ceux qui ne connaissent pas, référez-vous aux artistes que cette délicate petite femme a influencés pour imaginer ce que pourrait refléter cet Aerial qui prend un aller simple pour le Top 5 de cette année.



Répondre à cet article

Albin Wagener





Il y a 7 contribution(s) au forum.

Kate Bush : "Aerial"
(1/6) 26 décembre 2016
Kate Bush : "Aerial"
(2/6) 4 septembre 2006
Kate Bush : "Aerial"
(3/6) 11 mars 2006
Kate Bush : "Aerial"
(4/6) 2 décembre 2005, par Philippe
Kate Bush : "Aerial"
(5/6) 14 novembre 2005
Kate Bush : "Aerial"
(6/6) 14 novembre 2005




Kate Bush : "Aerial"

26 décembre 2016 [retour au début des forums]

This album really rocks. This is one of my favorite. - Bath Planet

[Répondre à ce message]

Kate Bush : "Aerial"

4 septembre 2006 [retour au début des forums]

Son mystère, sa magie reste intactes.. même à travers les situations les plus quotidiennes qu’elle chante, une vrai femme.. Elle a toute mon admiration et bien plus.

Katherine (hé oui ! du même prénom..)

[Répondre à ce message]

Kate Bush : "Aerial"

11 mars 2006 [retour au début des forums]

Magique tout simplement...aaah Kate

[Répondre à ce message]

Kate Bush : "Aerial"

2 décembre 2005, par Philippe [retour au début des forums]

Cet album est effectivement excellent :-))

[Répondre à ce message]

Kate Bush : "Aerial"

14 novembre 2005 [retour au début des forums]

Je suis en train de l’écouter et effectivement, c’est tout simplement magnifique !

[Répondre à ce message]

Kate Bush : "Aerial"

14 novembre 2005 [retour au début des forums]

Sans doute son meilleur album depuis ’The dreaming’, rien de moins...

[Répondre à ce message]