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Kashmir : "No balance palace"
L’ambition de la simplicité

dimanche 2 août 2009, par Albin Wagener

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Depuis maintenant plus de quinze ans, Kashmir a construit sa réputation de référence absolue en matière de rock au Danemark. Souvent pris pour des Radiohead locaux, les quatre musiciens font pourtant un rock plus intéressant et moins bouffi. Preuve en est ce cinquième album No balance palace, produit par Tony Visconti lui-même, et qui reste probablement à ce jour l’album le plus audacieux du quatuor scandinave.

Pour la petite histoire les quelques contributions extérieures à ce somptueux album sont loin de la simple anecdote : sur l’industrieux Black buildings, c’est Lou Reed en personne qui vient réciter un poème écrit par le chanteur et guitariste Kasper Eistrup, alors que sur l’éminent et fanfaron The cynic, c’est bel et bien David Bowie qui se prête à l’exercice du duo impromptu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Kashmir force l’admiration de ses aînés, et que leur son ne doit de facto pas être si mauvais que ça. Et c’est un a priori que l’on peut garder sans aucune crainte, tout au long du déroulement de ces onze titres ambitieux et sincères. Car outre ces quelques featurings en forme de publicité gratuite, Kashmir sait vraiment pondre de bons titres.

Si on avait voulu être médisant, on aurait pu même dire que ce No balance palace aurait pu se passer de ces deux tontons du rock. Les quatre Danois parviennent plusieurs fois à jouer les arracheurs de larmes, comme sur la triste ballade Ophelia ou le blues distant et désabusé d’Ether. Le reste du temps, on se trouve pris entre rock nerveux et expérimentations à guitares. Ce Snowman tant hanté procure autant de frissons que l’épique manifeste The curse of being a girl. On se sent parfois comme en voyage entre Ride, The Wedding Present et Kante. Kashmir est un groupe ambitieux qui sait hériter de l’histoire sans en souffrir le poids.

D’autres titres plus immédiats retiendront l’attention de l’auditeur pour leurs mélodies efficaces : le faussement vieillot She’s made of chalk, l’interrogateur Jewel drop ou encore Kalifornia, cet excellent premier morceau qui nous pousse à plonger dans les eaux saumâtres et fantastiques du rock mélancolique de Kashmir. Il est difficile de faire le tri parmi tant de bons titres ; en revanche, si vous cherchez une porte d’entrée dans la discographie de ce quatuor, c’est bien par No balance palace de 2005 qu’il vous faudra passer.



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Albin Wagener





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Kashmir : "No balance palace"
(1/2) 2 juillet 2016
Kashmir : "No balance palace"
(2/2) 19 août 2009




Kashmir : "No balance palace"

2 juillet 2016 [retour au début des forums]

I couldn’t agree more of this review. This really describes the album better. - Gary McClure

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Kashmir : "No balance palace"

19 août 2009 [retour au début des forums]

C’est très à la mode de dire du mal de Radiohead... Ok Kashmir est moins connu et donc sans doute plus branché (*). Reste que j’ai acheté leur album précédent, et j’ai regretté. Les textes n’étaient pas géniaux, et les mélodies décollaient rarement, hormis les singles. Peut-être que ce disque-ci est meilleur... j’écouterai.

(*) J’essaye de comprendre les critères qui permettent à Albin de rendre des jugements aussi lapidaires que "Radiohead est bouffi" et "Kashmir est plus intéressant".

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