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Kasabian : "West Ryder Pauper Lunatic Asylum"
A ne pas interner

lundi 8 juin 2009, par Alexandra Jakob

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La traversée de la Manche se révèle une entreprise périlleuse pour bien des groupes britanniques. C’est bien connu, nous, les francophones, sommes des gens raffinés. Nous dégustons un bon texte comme un bon vin, faisons grand cas des formules de politesse, surtout les plus alambiquées, et ne tolérons aucun manquement aux standards de la « grande chanson française », sans toutefois trop souligner sa déliquescence actuelle. Aussi, un groupe de britons exhibant moues goguenardes, refrains de stade et déclarations tapageuses a tôt fait de se faire refouler à la frontière. Et si en plus il trouve le moyen de mêler dans un même album refrains martiaux, fanfares écossaises et trompettes à la Ennio Morricone, les menaces d’embargo sonore se concrétisent très vite.

Et puis il y aussi cette arrogance typiquement anglo-saxonne qui ne passe pas. Parce que déclarer à tout va, comme adore le faire Kasabian, que l’on va une fois encore "sortir le meilleur album du monde" et passer son temps à traîner derrière soi des comparaisons avec Oasis aux allures de casseroles, ça ne fait tout de même pas très sérieux. Pourtant, les gars de Leicester ne partagent rien de plus avec les frères Gallagher qu’une solide amitié houblonnée et un accent traînant capable de transformer la voyelle la plus innocente en un grognement pas très distingué. Si comparaison il faut, mieux vaut citer cette teigne de Bobby Gillespie et ses petites frappes de Primal Scream.

Bref, pour la troisième fois consécutive, Serge Pizzorno et sa bande nous gratifient du "meilleur album de tous les temps". Le premier d’entre eux contenait quelques fichus hymnes rageurs, à l’instar d’un Club Foot ou de L.S.F., tandis que le second faisait la part belle à l’expérimentation électro-rock, tout en assumant une certaine part de pompier. A l’écoute du demi-succès d’Empire, l’avenir du groupe semblait tout tracé, avec en point de mire les ignobles revirements – trahisons – des Kings of Leon et autres Razorlight.

Heureusement, Kasabian a su éviter l’écueil de la daube FM. Certes, la prétention notoire du titre de ce troisième opus, West Ryder Pauper Lunatic Asylum, en hommage à un asile psychiatrique du fin fond de l’Angleterre, évoque sans ambages le psychédélisme du "plus grand album de tous les temps". Néanmoins, il faut reconnaître au groupe une démarche impeccable, autant motivée par une prise de risque salutaire que par la volonté d’écrire des tubes efficaces. C’est maintenant chose faite avec ce disque, qui allie les qualités de ses deux précédents et révèle une facette plus pop, pleine de mélodies souvent imparables. Underdog ouvre le disque avec un refrain très similaire à celui de L.S.F. Le son est toutefois plus ample, les guitares plus incisives. Where did all the love go ? enchaîne dans une veine glam, presque disco. Tout aussi réussis, les autres titres révèlent des ambitions pleinement satisfaites, notamment pour Fast fuse et ses chœurs distordus. West Rider silver bullet, en duo avec Rosario Dawson – la conductrice furibarde du Death Proof de Tarantino – se déroule dans une atmosphère de western, avant un final magistral, qui augure parfaitement le glauque et dézingué Vlad the Impaler. Placé après deux titres de transition, le single Fire possède un refrain imparable, survenant à l’improviste, qui devrait assurer au groupe sa réputation de cador actuel de la scène british. Enfin, l’album s’achève avec Happiness, une ballade plutôt touchante, qui une fois encore confirme l’influence majeure de Primal Scream, chorale gospel en prime. Les dernières notes achevées, force est d’admettre que West Ryder Pauper Lunatic Pauper Asylum se situe à la hauteur des dires de ses auteurs, qui ont réussi grâce à lui à montrer combien leurs deux premiers albums relevaient de sympathiques coups d’essai. Mieux valait faire les choses dans cet ordre-là.



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Alexandra Jakob





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Kasabian : "West Ryder Pauper Lunatic Asylum"
(1/2) 28 décembre 2016
Kasabian : "West Ryder Pauper Lunatic Asylum"
(2/2) 8 juin 2009, par Brieuc




Kasabian : "West Ryder Pauper Lunatic Asylum"

28 décembre 2016 [retour au début des forums]

It is nice to hear something new from the band. - Dr. Thomas G. Devlin MD, PhD

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Kasabian : "West Ryder Pauper Lunatic Asylum"

8 juin 2009, par Brieuc [retour au début des forums]

Kasabian est grand ! L’un des rares groupes actuels intéressants outre-manche ! Si y en a bien un qui peut reprendre le relais d’un Definitely Maybe, c’est bien eux ! Ce n’est plus qu’un question de temps...

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    Kasabian : "West Ryder Pauper Lunatic Asylum"

    10 juin 2009 [retour au début des forums]


    L’un des rares groupes actuels intéressants outre-manche !

    MDR !!!

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      Kasabian : "West Ryder Pauper Lunatic Asylum"

      11 juin 2009, par 2deNeurone [retour au début des forums]


      C’est plutôt sur le :
      "Si y en a bien un qui peut reprendre le relais d’un Definitely Maybe" que je suis MDR ...
      Je leur souhaite de ne surtout pas sortir le même genre de fiante musicologique que les frères gallagher.

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    Kasabian : "West Ryder Pauper Lunatic Asylum"

    11 juin 2009, par Matelot [retour au début des forums]


    C’est un peu exagéré, mais j’avoue que je regarde de près chaque sortie de Kasabian depuis leur premier album que j’avais trouvé, ma foi, fort rafraichissant lorsque je me l’étais procuré par hasard, pour tuer le temps dans un Virgin Megastore Niçois !

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