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Jon Auer : "Songs from the year of our demise"
L’insoutenable légèreté de l’être

mardi 23 octobre 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Cette année, Jon Auer a mis son groupe The Posies entre parenthèses pour nous préparer un album sur lequel il travaillait depuis très longtemps. Alors, à quoi ça ressemble, Jon Auer en solo ? Ben finalement, à quelque chose qui pourrait se rapprocher de l’un des meilleurs albums de cette année, tous genres confondus. Brillant songwriter, Auer nous offre dix-huit titres formidablement léchés.

Et ça commence avec Six feet under, un morceau qui, contrairement à ce que son titre laisse deviner, n’aborde pas de sujet grave. Dès le premier morceau, on comprend que les paroles d’Auer, incisives et percutantes, ont avant tout un petit goût d’ironie et d’amusement par rapport à ce que nous avons coutume de considérer comme triste. Mais ces petites clochettes, affublées d’une mélodie simple comme bonjour, parviennent à aiguiser la curiosité. On n’est pas nécessairement conquis, mais on a envie d’en entendre plus. Je me suis donc essayée à une écoute plus en profondeur de l’album, et ce que j’y ai vu m’a laissée sans voix - et il en faut pour me laisser sans voix, les amis.

En fait, mis à part quelques ballades, l’album peut se vanter de pop songs particulièrement troussées, avec une rythmique solide, une guitare omniprésente et des mélodies absolument imparables : le lancinant Angelita, le radiophonique Bottom of the bottle ou encore un très américain You used to drive me around (qui rappelle les ballades de Billy Corgan, sans la voix nasillarde) sont de cette veine-là et parviennent constamment à faire rebondir l’album. Car il faut l’avouer, dix-huit titres, c’est quand même diablement long, et on ne compte plus les artistes qui se sont cassés les dents sur ce genre de format. Mais pas Auer. Pas Auer, car au lieu de verser dans la surenchère, notre petit Jon joue la garde de l’intimité et des mélodies chiches mais faciles à retenir, avec pourtant ce petit quelque chose d’original. Une chouette option.

D’autres morceaux encore restent assez particuliers et permettent justement de conférer à ce Songs from the year of our demise une couleur assez unique : Four letter word verse dans un piano très trip-hop, Adios n’aurait pas juré sur un album d’Air et My sweet union se caractérise par une batterie parfois déroutante. Mais au final, on reste dans une tonalité très pop/rock, parsemée de quelques ballades acoustiques de mise (Daytime lullaby, The likes of you entre autres). L’album est hivernal, se prête parfaitement aux introspections au chaud, dans un canapé ou dans un lit, et peut-être même aux petites discussions à deux, la tête sur un torse viril et... mais je m’égare là ! Non, plus sérieusement, cet album me fera passer l’hiver sans aucun problème. Et je me réveillerai au printemps prochain avec plein de jolis rêves plein la tête, qu’on se le dise ! En attendant, je vous conseille vivement de prêter une oreille attentive au talent carrément bluffant de ce Jon Auer qui parvient à pondre, mine de rien, l’un des albums les plus beaux (au sens premier du terme) qu’il m’ait été donné d’entendre.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Jon Auer : "Songs from the year of our demise"
(1/1) 29 avril 2015




Jon Auer : "Songs from the year of our demise"

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Great album. No wonder, it was recognized throughout the world. - Dennis Wong YOR Health

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