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Jarvis Cocker : "Jarvis"
Monsieur Cyclopède

jeudi 9 novembre 2006, par Albin Wagener

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En Angleterre et ailleurs, on ne présente plus Jarvis Cocker, ex-chanteur de Pulp, l’un des groupes britanniques les plus décadents et les plus variables du petit monde pop de la perfide Albion. Là-bas, il est omniprésent un peu partout, se taille la part du lion en tant que gentleman légitime, et s’est déjà permis plusieurs escapades musicales, dont l’album mitigé de The Trip.

Mais ici, on le retrouve simplement en solo. Alors que va-t-on y trouver ? Du Common people ? Du démarchage pompeux à la Richard Ashcroft ? Du dandysme cynique et barré à la Scott Walker ? Bah non, de la pop anglaise, tout simplement, tout ce qu’il y a de plus goulayant et de plus irrésistiblement snob. Don’t let him waste your time, premier morceau du genre sur l’album, permet dès le départ de reposer les bases que Cocker souhaite utiliser tout au long de son petit voyage en solo, histoire de nous montrer de quoi il est véritablement capable ; et pour la petite histoire, ce morceau, ainsi que le délicat Baby’s coming back to me, avait été initialement écrit pour Nancy Sinatra. Rien que ça.

On avait bien sûr compris que Cocker était très inspiré en ce moment, ne serait-ce que parce qu’il a récemment prêté sa plume à l’album solo de Charlotte Gainsbourg, tout comme Neil Hannon de The Divine Comedy. Et ici on le sent bien présent sur tout ce qu’on peut trouver de plus irrésistible dans son charisme à la fois élégant et décadent. Avec cet humour si caractéristique, Jarvis nous dépeint des situations quotidiennes extraordinaires et parfois carrément ubuesques. Mais chose surprenante, le single internet Running the world n’est pas présent sur l’album - du moins pas officiellement puisqu’il faudra attendre quelques minutes après la fin du monarchique Quantum theory pour pouvoir entendre le single précité et cette fabuleuse phrase, "cunts are still running the world".

Inutile de le préciser : l’album de Jarvis s’inscrit dans la droite lignée des territoires explorés par Pulp dans We love life et possède ces escapades un rien psychédéliques et romantiques qui permettent à Monsieur Cocker de rendre son album plus intéressant que la moyenne. I will kill again et son piano inspiré, ou encore Big Julie, à la fois triste et hilarant par son réalisme mordant. Et puis on a des morceaux avec un peu plus de guitares, notamment l’entraînant Heavy weather et son avalanche de riffs pertinents et immédiatement efficaces, avec un petit quelque chose qui rappelle parfois Echo & The Bunnymen.

D’autres titres bien plus humoristiques, comme Fat children ou Disney time, permettent de renouer avec la verve délirante et fine en bouche de Jarvis Cocker, qui sait toujours se permettre quelques incartades au vitriol sans tomber dans le mauvais goût. Ici en tout cas, on reste véritablement dans les canons d’un genre qui se pratique avec toujours autant de délectation outre-manche, et qui trouve ici ses lettres de noblesse avec l’ancien chanteur de Pulp. Génie impassible et commentateur acerbe, Jarvis nous ravit avec un premier album solo qui déborde d’humour et de générosité, tout en ne révolutionnant pas la pop anglaise pour autant.



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Albin Wagener





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Jarvis Cocker : "Jarvis"
(1/2) 30 juin 2016
Jarvis Cocker : "Jarvis"
(2/2) 9 novembre 2006, par R.T.




Jarvis Cocker : "Jarvis"

30 juin 2016 [retour au début des forums]

Nice music review. I could ’t agree more of this. It’s interesting to know more about this singer. - thereviewsolution.com

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Jarvis Cocker : "Jarvis"

9 novembre 2006, par R.T. [retour au début des forums]

Etonnant ce disque, non ?

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