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Jacques Higelin : "Amor doloroso" Quand tu nous tiens ! mercredi 31 janvier 2007, par |
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Certainement l’un des albums 2006 qui aurait pu figurer dans un top 5 si un chroniqueur de Pop-Rock y avait songé... Car rares sont les artistes qui connaissent une seconde acmé. A 66 ans, Higelin revient cette fois avec un album requinquant à faire pâlir bien de nos déjà vieillots néo-chanteurs...
Les uns diront qu’il y a du Trenet, son père spirituel. D’autres du Gainsbourg, son frère aîné. C’est une évidence puisqu’il y a surtout du Higelin dans tout ça, descendant légitime de cette lignée pop music-hall, le seul (encore ?) à souffler sur les braises de la vie, à mourir d’amour incandescent et à renaître en hiver... A son âge, est-ce bien sage ? Déclamer sa flamme, frissonner à fleur de peau, exposer ses brûlures de feu de glace puis s’enflammer tel un phœnix. Je le vois secouer sa tête... Ce sacré vieux lion n’aura pas fini de nous étonner. De s’étonner. Lui qui a si souvent l’impression -pas fausse- d’avoir enregistré le premier album de sa vie... en dent de scie. Décidément, plus qu’un bain de jouvence, il le doit à sa cure sylvestre chez le musicien vosgien Rodolphe Burger, ex-leader du groupe Katonoma, qui poursuit en parallèle une étonnante carrière. Leur collaboration est tout simplement magnifique. Musicalement d’une maîtrise absolue, sa voix inimitable semble glisser tout seul... sans accroc, jusqu’au dernier morceau. A l’instar d’une bonne mise en scène au cinéma, les bons arrangements sont ceux qui ne s’entendent pas. Ici, tout fait corps avec l’âme polyphonique d’Higelin : blues, cabaret, rock, ballade... Et le tempo enivrant varie sur onze chansons des plus charnelles. Devrais-je m’abstenir de décortiquer davantage un album aussi parfait ? Le chroniqueur “hibernatus” que je suis aurait sans doute préféré passer L’hiver au lit à Liverpool à opiner de la tête... |
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