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IQ : "Dark matter"
Comme au bon vieux temps !

samedi 24 juillet 2004, par Marc Lenglet

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Plus de vingt ans qu’ils sont dans le métier, et ils sont toujours resté fidèles à leur optique musicale d’origine. Personne n’attend de bouleversements majeurs, personne n’attend non plus de faiblesse ou de famine créative. A défaut d’être audacieux dans ses idées et son parcours, IQ a toujours su faire preuve de talent et de professionnalisme.

Sacred sound, premier morceau ambitieux de l’album, déroule sans se hâter ses 11 minutes de galipettes aux claviers, de chant mélancolique ou enjoué, d’harmonium, de flûte et d’accords ultra-mélodiques. Si le titre ténébreux de ce nouvel album pouvait inquiéter, Sacred sound rassure : c’est bien du rock progressif tout à fait classique que nous proposera à nouveau IQ. Mais cette connotation « classique » (lisez : qui réutilise sans se fouler des recettes vieilles de 30 ans) ne signifie en rien que les 50 minutes que dure l’album seront plates et dépourvues d’intérêt.

S’ensuivent trois morceaux de courte durée. Red dust shadow débute de manière très intime et acoustique avant de prendre son envol progressif sur la fin. You never will, ponctué de tic-tac irritants symbolisant l’inéluctable écoulement du temps, paraît sous tension en dépit des envolées lyriques fréquentes de Peter Nicholls. Born brilliant, avec son introduction chargée en nuages noirs et sa voix étouffée, surprend par la soudaine énergie qui le gagne à partir de la deuxième minute. La rythmique martiale et syncopée qui surgit sans crier gare sert de point d’ancrage à un morceau dominateur et assez agressif. Il est vrai que la force d’IQ a toujours été de pouvoir passer sans difficultés, d’une délicatesse fragile à une puissance sereine que ne renierait pas bien des groupes de metal progressif.

La pièce maîtresse de l’album, Harvest of soul, ne fait pas moins de 24 minutes et se montre à la hauteur du talent de composition du groupe anglais. Bien que je ne puisse nier qu’on se trouve bien en face d’un morceau à tiroirs à la richesse extraordinaire, tout en modulations et en changements d’atmosphère, cette longue suite en 6 sections me laisse assez froid, émotionnellement parlant. Il n’y a pas de miracles : le plaisir que l’on prend à une symphonie progressive de cette ampleur est toujours totalement subjectif. Dans ce morceau, tout en se centrant bien logiquement sur l’idée du jugement dernier, et de la moisson des âmes, IQ glisse quelques discrètes mais claires allusions au dégoût que lui inspire la politique américaine depuis quelques années. Evidemment, on ne peut pas accuser un groupe progressif de lancer des accusations impulsives et vulgairement présetées. Les sections incriminées restent volontairement floues et plutôt joliment formulées. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit là d’une position surprenante venant d’un courant musical qui n’a absolument jamais été tenté par le positionnement politique ou l’engagement. Et c’est d’autant plus étonnant (ou provocant ?) qu’il s’agit du premier album d’IQ a être officiellement distribué aux Etats-Unis.

En fait, cet album ravira très probablement tous les vieux amateurs de prog’, et laissera totalement indifférent tous les autres. IQ se considère comme un groupe progressif dans la plus noble acceptation du terme, et sait pertinemment bien que son succès, il le devra aux fans de progressif et non aux touristes de passage. Contrairement à Marillion qui, encore sur son récent Marbles (et bien entendu sur les albums qui l’ont précédé), tente quelques timides œillades à la pop et à la modernité, IQ ne se risque absolument pas aux expérimentations ou au progrès (si ce n’est dans la production, plutôt luxueuse). Le mellotron, l’orgue, les guitares, la rythmique, même certaines inflexions de voix… tout concorde pour qu’on ait réellement l’impression de se retrouver plongé au début des années 70, et IQ reprend à son compte de nombreuses caractéristiques des anciens Genesis, de Yes et même de King Crimson. La ressemblance est parfois frappante, mais il n’y a guère de mal à copier adroitement de telles références. Avec Dark matter, 2004 est donc une excellente cuvée pour le groupe, même si le public reste assez ciblé.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

IQ : "Dark matter"
(1/1) 28 décembre 2006




IQ : "Dark matter"

28 décembre 2006 [retour au début des forums]

mais oui pour resumer : IQ = [(Genesis + Yes + King Crimson + Camel) + (une touche actuelles point de vue sonorité de la batterie)] - (l’authenticité et le feeling des groupes des années debut 70 dans le même genre)

pardon à tout ceux qui n’aiment pas les math ... hahahaha !

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