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Interpol : "Antics"
Same old things in brand new drag (again)

mardi 5 octobre 2004, par Jérôme Delvaux

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Souvenez-vous, c’était en 2002, le premier album d’Interpol prenait tout le monde par surprise et amenait le revival eighties à son apogée. Immédiatement comparé à Joy Division, Interpol n’a jamais convaincu personne en essayant de nier ou de minimiser sa filiation avec le groupe le plus culte de Manchester. L’étape du deuxième album, très souvent difficile à négocier (demandez donc aux Strokes !), s’apparente à un authentique test : Interpol peut-il se détacher de cette étiquette envahissante et incontestablement réductrice ? Peut-il aussi se renouveler ? La réponse est mitigée. L’album est très bon mais somme toute assez semblable au précédent, l’effet de surprise en moins.

Avant l’arrivée d’Interpol, les temps étaient durs pour les mélomanes qui, tout comme moi, ne parvenaient pas à considérer Closer, Seventeen seconds, Movement et autres chef-d’œuvres de la new wave la plus sombre comme faisant partie d’un passé révolu, oublié et ignoré de tous. Et puis vint Interpol, quatre New-yorkais d’à peine 25 ans qui semblaient avoir grandi en écoutant les mêmes disques et en portant les mêmes éternelles chemises noires que moi. Leur rock ténébreux devait autant au Marquee moon de Television qu’à la fougue des premiers Echo & The Bunnymen, au songwriting tout en finesse des Smiths, à la colère contenue des grandes heures de Cure et à la mélancolie contagieuse de Joy Division. Il n’allait pas tarder à faire des émules.

Après une tournée mondiale gigantesque qui les amena jusqu’au Japon et à l’affiche du festival itinérant de The Cure, Interpol a trouvé la force d’achever dix nouveaux titres. Et de la force, il leur en a fallu car la vie du quatuor est loin d’être un long fleuve tranquille depuis deux ans. Quand je rencontre Paul Banks à Bruxelles, en avril dernier, il est hagard et ne semble pas trop savoir dans quelle ville il se trouve tant il tourne. Fatigué par d’incessants voyages en avion à travers le monde, harassé par le décalage horaire, le chanteur goûte à la face cachée de la vie d’artiste. Carlos Dengler, bassiste aux allures de dandy, fait presque peur tant il est pâle, maigre et cerné. Quelques semaines plus tard, Sam Fogarino, le batteur, sera hospitalisé. La fatigue et le stress étaient trop intenses pour ses nerfs. Dans ce contexte, on imaginait mal Interpol s’éloigner des climats sombres et mélancoliques qui ont fait leur succès. On ne le souhaitait d’ailleurs pas car, même si on peut les taxer de recyclage, les New-yorkais sont un cran au dessus des Hot Hot Heat, The Rapture et autres Radio 4 qui n’ont pas tardé à les suivre dans cet exercice.

Next exit, la première plage, confirme que la tristesse est toujours au menu. Un clavier solennel introduit une chanson d’une grande beauté où les guitares incitent au recueillement. La voix de Paul a franchi un nouveau palier. Elle semble mieux maîtrisée, moins monocorde et à même d’explorer plus de timbres. Cette impression se confirme sur Evil. Avec sa ligne de basse que ne renierait pas Simon Gallup, ce morceau confirme aussi notre première crainte : Antics balaie devant la même porte que Turn on the bright lights, duquel ce titre aurait très bien pu faire partie. Le vibrant NARC, déjà joué en live lors de la tournée précédente, et l’énergique single, Slow hands, achèvent de nous en convaincre.

Comme son prédécesseur, l’album peut, à force d’écoutes attentives, autant vous aider à vous sortir de moments difficiles que vous y enfoncer. Si vous n’aviez pas accroché à Turn on the bright lights, il y a peu de chance qu’Antics vous séduise. L’inverse est vrai également.

Interpol tourne-t-il pour autant en rond ? Non. Un titre comme Not even jail vaut presque à lui seul le déplacement. Il pourrait faire partie de la bande-son d’un film consacré à la jeunesse tourmentée d’adolescents au début des années 80. Très bien, me direz-vous, mais nous sommes en 2004 et le groupe pourra-t-il tenir sur le long terme en jouant de la sorte la carte de la nostalgie ? Peut-être pas, d’autant que de nombreux prévisionnistes annoncent dans très peu de temps un retour fracassant des nineties. Mais qu’importe car Interpol n’a de toute façon pas l’intention de remplir des stades ni de vendre autant que U2...



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Jérôme Delvaux





Il y a 6 contribution(s) au forum.

> Interpol : "Antics"
(1/5) 21 juillet 2005, par lkj
> Interpol : "Antics"
(2/5) 5 juillet 2005, par takeyouonacruise
> Interpol : "Antics"
(3/5) 8 octobre 2004, par BonoZeEdge
> Interpol : "Antics"
(4/5) 5 octobre 2004, par joanny
> Interpol : "Antics"
(5/5) 5 octobre 2004, par Paul Ramone




> Interpol : "Antics"

21 juillet 2005, par lkj [retour au début des forums]

Je cherche encore les chansons dans cet album.Interpol me fait beaucoup penser à Madrugada (surtout le deuxième album).

Manque de réelle douleur pour être convaincant.

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> Interpol : "Antics"

5 juillet 2005, par takeyouonacruise [retour au début des forums]

Ayant découvert "Antics" avant "Turn on the brights lights", j’ai pu aller de ravissements en ravissements.
"Slows Hands" le premier single, je le trouvais fascinant rien qu’a l’extrait qui passait à la pub sur MTV et le clip d’"Evil" est arrivé et je suis tombé amoureuse.
Amoureuse de la voix de Paul Banks qui appelait Rosemary comme une litanie sacrée.
Amoureuse du rythme répétitif lancinant et lacérant de la basse.
Amoureuse des paroles découvertes après sur internet "hey wait great smile".
J’ai acheté l’album plus tard et je l’ai trouvé fantastique.
Il ne ressemblait à rien de connu, de reconnu.
J’avançais avec délice en Terra Incognita et chacuns de mes pas révelais des merveilles des trésors que je ne pouvais, que je ne devais garder pour moi.
Mon jeune entourage de lycéenne de seconde se trouva bientôt conditionné, saturé de "Take you on a cruise" de "C’mere" de "Public pervert", chansons que je fredonnais à longueur de temps de journée et écoutait sur mon baladeur.
Et puis j’ai découvert "Turn on the brights lights", et j’ai été submergée, noyée de beauté et de ravissement.
J’ai découvert "Obstacle one", "PDA", "Obstacle 2" et "Roland".
Et j’ai maudit ma jeunesse.
Cette jeunesse m’a empéchée d’aller les voir en concert.
Cette jeunesse m’a privée de l’écoute de "Turn on the brights lights" plus tôt.
Condamnée dans ma jeunesse je ne peut que crier à mes proches, sur mon blog, et ici mon amour pour ce groupe qui m’a bouleversé et réduite à mon simple état de jeune fille/femme qui hait sa jeunesse et son inconscience qui l’empêche de s’exprimer dans ce pays où jeunesse et synonime de connerie à dire et à faire.
"Oh look it’s stopped snowing"

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> Interpol : "Antics"

8 octobre 2004, par BonoZeEdge [retour au début des forums]

Tout à fait d’accord.
Le titre "Public Pervert" est vraiment extraordinaire.

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> Interpol : "Antics"

5 octobre 2004, par joanny [retour au début des forums]

Très bon album à mon sens. A vrai dire je me fous un peu qu’un groupe "évolue" (autrement dit, se mette à faire ce que d’autres ont déja fait mais en beaucoup moins bien) tant que les chansons sont bonnes. Et avec des titres comme NARC, Evil, Slow Hands et Public Pervert, c’est le cas. Bref, que du bonheur.

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> Interpol : "Antics"

5 octobre 2004, par Paul Ramone [retour au début des forums]

J’avais à peu près cette réaction mitigé à la première écoute de l’album : pas grand chose de nouveau à se mettre sous la dent. Mais avec le temps, je trouve qu’Antics est aussi bon que Turn On. Faut juste le laisser mijoter un peu...
Et puis les nouveaux morceaux sont déments sur scène.

A+ les gars !

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    > Interpol : "Antics"

    9 décembre 2004, par ltilo [retour au début des forums]


    salut
    jsuis assez d’accord.l’album mérite d’etre digéré tranquillement mais après pas de sieste c’est une bombe à retardement.jdirais qu’il est encore plus puissant que le premier et en concert c’est vraiment mortel.je les ai vu samedi au transbordeur à lyon une vrai claque...avec un groupe très sympa en première partie qui va bientot exploser .il s’agit de "bloc party" tcho..

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