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L’album du mois
Idem : "The sixth aspiration museum overview"
Des machines qui saignent et qui pleurent

mardi 7 octobre 2008, par Geoffroy Bodart

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Lieu commun pour tout amateur de rock lambda : l’électro c’est répétitif, froid, sans âme, et un gonzague derrière un PC ne dégagera jamais le centième de l’émotion que peut générer un guitariste qui sait tenir son instrument dans le bon sens. La seule réponse que Idem est capable de fournir : un des meilleurs albums de l’année, un disque parti pour hanter longtemps l’auteur de ces lignes.

Quand on y réfléchit, des artistes capables de vous bouleverser, de réellement vous interpeller, ce n’est pas si rare que ça. Bien sûr, si on se contente de musique de masse (mode « Je joue à l’élitiste et je vous emmerde » ON) pensée et formatée pour vous caresser dans le sens du poil et induire un réflexe de déplacement de la main vers le portefeuille, alors on n’aime pas la musique, on se contente de l’écouter et de vaquer à ses occupations. Mais quand on creuse, on se rend compte qu’il en existe finalement un paquet, de ces artistes habités de démons ou étouffés sous des sentiments si forts que lorsqu’ils parviennent à les mettre en musique, ils ouvrent inconsciemment des portes en vous et, peu ou prou, modifient votre perception des choses, votre regard sur vous-même et les autres. Idem fait incontestablement partie de ce vivier discret d’artistes qui ont une vision, qui ont des choses à dire, des émotions à extérioriser à tout prix. Avec des instruments, mais aussi avec des machines.

Mais avant même d’être inspirée et étouffante (on y reviendra), la musique des Nantais est surtout d’un éclectisme et d’une originalité assez rare, à tel point qu’il est difficile tout autant de la catégoriser que de mettre en avant un aspect prédominant. L’amateur de rock lambda visé en introduction aura tout d’abord l’oreille retenue par ces guitares voguant entre spleen post-rock, agressivité post-punk et sonorités noise. D’autres réagiront en priorité à cette rythmique dub, trip-hop par moment. Les électromaniaques, quant à eux, se délecteront de ces programmations véritablement porteuses d’ambiances. Et attention, on ne parle pas d’électro de bidasse sautillante qui fait « bip » ou « tchoum tchoum », mais de sonorités crasseuses, malsaines et oppressantes. Et toutes ces influences, tout ce maelström sonore ne sont pas balancés dans une optique de se la péter au-travers d’une œuvre imperméable accessible aux seuls élus wannabes, mais étalés sur onze chansons qui ne dépassent jamais les cinq minutes trente, rendant la musique de Idem accessible et immédiatement accrocheuse, sans sacrifier pour autant un plaisir à long terme qui naîtra des différentes lectures et approches que permettent des chansons savamment construites autour de plusieurs idées, plusieurs sonorités. Chapeau bas, au passage, pour le mixage et la production, qui parviennent à allier un confort d’écoute nécessaire pour profiter de tout ce que le groupe a injecté dans ses chansons, et une ambiance sale et poisseuse, qui atteint des sommets sur Presque jour ou sur l’extraordinaire chanson finale, Extrod erty, qui débute sur une partie sourde, étouffée avant une explosion d’une violence sans concession.

Le reste de l’album ne manque pas non plus de titres sublimes et inoubliables. Qu’il s’agisse de Show your right on et de son spleen, de la puissance de E.C.O.W., des parties de guitare fantastiques de The mermaid song, on n’arrête pas d’être surpris et excité tout le long de l’écoute d’un disque habité par une noirceur probablement héritée du post-hardcore, genre premièrement pratiqué par le groupe avant d’opérer au fur et à mesure le métissage ayant abouti à ce nirvana.

Album du mois ? Allez chef, siouplaît. The Cure, je n’y crois de toute façon pas trop...



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Geoffroy Bodart





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Idem : "The sixth aspiration museum overview"
(1/1) 7 octobre 2008




Idem : "The sixth aspiration museum overview"

7 octobre 2008 [retour au début des forums]

Album du mois ? Allez chef, siouplaît. The Cure, je n’y crois de toute façon pas trop...

comme ça on devine déjà ce que vous pensez du nouvel album d’Oasis lol

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