Pop-Rock.com



Hurt : "Vol.1"
Un post-grunge au goût du jour ?

jeudi 21 décembre 2006, par Géry Brusselmans

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Peter Murphy : "Unshattered"
Birdy Nam Nam : "Manual for Successful Rioting"
Jenny Lewis with The Watson Twins : "Rabbit fur coat"
Erasure : "Other people’s songs"
Hubert-Félix Thiéfaine : "Scandale mélancolique"
Tomahawk : "Anonymous"
Deine Lakaien : "White lies"
Kate Bush : "Aerial"
TV on The Radio : "Return to Cookie Mountain"
Cato Salsa Experience : "A good tip for a good time"


Les fantômes de Nirvana et de Soundgarden ne sont jamais très loin. Hurt renforce cette affirmation en proposant un premier album sobrement intitulé Volume 1. Un post-grunge aux confluents des années 90 et d’une sorte de modernité offerte par de jolies parties instrumentales, quelques nappes de violons et des sonorités proches du neo-metal. Une manière de ressusciter le grunge d’antant...

Avis aux nostalgiques du rock 90’s et de son époque dorée des groupes de Seattle comme Soundgarden, Nirvana ou Pearl Jam : la première galette d’Hurt devrait probablement vous plaire. Et même vous séduire, car on y retrouve pratiquement tous les ingrédients d’un bon groupe de grunge-rock : une voix nirvanesque cassée et déprimée, des bonnes distortions, quelques jolies ballades aux mélodies FM et surtout beaucoup de chansons enragées. En somme, une sorte de supergroupe comme on l’entendait il y a dix ou vingt ans, et même encore aujourd’hui si on se réfère aux Nickelback ou autres Staind. Plagiat, vous avez dit plagiat ? Avec cette approche, Hurt pourrait en effet vite sombrer dans le bac à linge sale, mais le groupe se défend en proposant un son personnel et au goût du jour, grâce à un son puissant et moderne, des arrangements recherchés et surtout l’utilisation prépondérante du violon. Des constructions qui flirtent avec un neo-metal pour finir pas si éloigné de Tool.

A la seule chose près que Tool fait déjà figure de supergroupe en proposant un style personnel alors qu’Hurt n’est qu’au stade d’un premier album encore fort proche des années 90. Mais ne crachons pas dans la soupe avant de l’avoir savourée. L’album reflète un potentiel prometteur, surtout quand on sait que derrière Hurt se cache un trio dont le leader, J. Loren (chant, guitare), n’a que 24 ans et développe une voix qui n’a presque rien à envier à celle d’Eddie Vedder (Pearl Jam) ou de Gavin Rossdale (Bush). Parmi les autres points forts de l’album, on retiendra l’excellente qualité sonore. Une qualité sonore qui n’est pas dûe au hasard, quand on sait qu’Evan Johns, le batteur du projet, n’est autre que le fils d’Andy Johns, le producteur des Rolling Stones, de Led Zeppelin, de Rod Steward et de Van Halen entre autres. Hurt avait donc pas mal de cartes en main pour proposer d’emblée un album d’un certain niveau professionnel.

On soulignera aussi la qualité des constructions des chansons et l’étonnante maturité de ce premier opus qui dépasse le cliché grunge quatre-accords-de-guitare, tout en gardant un côté mélancolique dépressif. Vol.1 présente quelques ballades et surtout beaucoup de chansons enragées avec sur certaines quelques belles envolées instrumentales en apothéose. Cela n’étonne donc pas qu’Hurt ait accompagné Alice In Chains dans sa récente tournée. Difficile de conseiller une chanson en particulier car toutes se valent vraiment et présentent le même cachet. Peu de points négatifs pour cet album, donc... Hormis évidemment le fait qu’on n’y retrouve rien d’extrêmement original. Les amateurs de nouveauté pourront donc passer leur chemin sans aucun regret. Les autres curieux, s’ils le veulent, pourront faire un tour vers la page MySpace du groupe, dont les chansons reflètent l’ambiance générale de l’album. Quant à la suite de ce jeune projet, difficile de prédire si Hurt virera vers un semblant de Tool ou sombrera aux oubliettes pour cause de « pas assez au goût du jour ».



Répondre à cet article

Géry Brusselmans