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Hot Chip : "The warning"
Toy Story

vendredi 17 novembre 2006, par Albin Wagener

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Le deuxième album de Hot Chip s’annonce être une des plus belles découvertes de 2006. Si Coming on strong annonçait déjà le collectif londonien comme une révélation électronique, loin devant les actuels poncifs, The warning constitue une récréation jouissive organisée autour de machines ludiques et impérieuses. Avant toute chose, cet album transpire le plaisir de l’expérimentation et du pelotage de boutons, du tripotage de manettes. Et ça fonctionne très bien.

Des influences, on pourrait en trouver un peu partout. C’est un peu comme si Kraftwerk avait commencé à faire de la musique dans les années 90, et s’était inspiré à la fois de Beck et The Notwist, tout en restant avant tout un groupe d’amis, qui s’organisent quelques séances synthétiques l’après-midi, sous un soleil printanier, après avoir bu quelques bières. De la bonne humeur et de l’esprit d’inventivité, voilà ce que Alexis Taylor, Joe Goddard et leur bande nous proposent. Parfois, certains morceaux développent même un côté pop tellement pressant et immédiat qu’on les croirait issus d’un improbable accouplement entre 808 State et les Pet Shop Boys.

Déjà une palanquée de singles pour cet album, dont l’hypnotique Over and over, qui traite des joies de la répétition, et qui a fait sensation grâce à son groove mécanique et son clip déjà anthologique. On se balade donc entre les rêveries estivales de And I was a boy from school, magnifique hymne nostalgique à l’électronique minimaliste, et les sonorités dépouillées de So glad to see you, qui regorge de clins d’oeil à toute une scène electro indépendante du moment, particulièrement prégnante dans les chambres d’étudiants d’Oslo et de Seattle.

Plus intime mais aussi plus irrégulier, The warning distille une mélodie incertaine et fragile, loin derrière le capharnaüm intrépide de Careful, véritable maelström dub de machines endiablées. S’ajoute à ces perles la pop naïve et enfantine de Colours, bien vite rattrapée par le bruitisme acide de (Just like we) Breakdown, qui parait sortir tout droit d’une obscure compilation mancunienne de la fin des années 80. A plusieurs reprises, on se dit que Hot Chip aurait pu prouver sa créativité au beau milieu des nineties, lorsque cette alchimie adolescente et hasardeuse ravageait tous les milieux musicaux, d’Aberdeen à Tampa.

Cet album parvient progressivement à distiller ses trésors cachés au fur et à mesure des écoutes. Même si And I was a boy from school ou Look after me semblent immédiats et dégagent un charme instantané qui ne saura vous laisser indifférent, il faut bien reconnaître que nos petits chimistes musicaux ne sont pas toujours faciles d’accès. Parfois, ils s’autorisent quelques escapades plus difficiles à suivre, comme sur Arrest yourself, mais leurs aventures sonores finissent par payer : au final, on se dit qu’on tient dans nos mains l’une des galettes les plus impertinentes et les plus novatrices de l’année.



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Albin Wagener





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Hot Chip : "The warning"
(1/1) 19 avril 2007, par 7 ALM




Hot Chip : "The warning"

19 avril 2007, par 7 ALM [retour au début des forums]

Effectivement ce disque est très bon. Je regrette un peu quand même l’album précédent qui était un peu plus personnel et plus « soul ». Dans un autre genre (house) mais tout aussi bon, il y a l’album de Tiga sortie en 2006 qui mérite une oreille.
Et en 2007 ? Ben il y a le dernier Lcd Soundsystem qui est terrible. A quand une chronique sur pop-rock ?

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