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Graham Coxon : "Happiness in magazines"
Saines lectures

vendredi 30 juillet 2004, par Marc Lenglet

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Ses quatre albums précédents, plutôt dépressifs, n’avaient guère marqué les esprits. Suite à son départ du groupe qui l’avait rendu célèbre en 2002, peu avant la sortie de Think tank, le guitariste binoclard de Blur dispose enfin du temps nécessaire à la mise en œuvre d’un véritable album solo, plus proche de ses racines rock que du cross-over engagé de ses anciens comparses.

Happiness in magazines propose une relative diversité des titres, ne négligeant ni la grosse artillerie rock aux guitares rugissantes (Freakin’out), ni les pop-songs classieuses noyées sous les vagues de violon (All over me). Graham Coxon s’astreint sagement à un exercice à la fois technique et artistique, qui sonne confusément comme une volonté de prouver qu’il n’est pas uniquement l’ancien guitariste de Blur, mais bien un artiste à part entière, qui n’a nul besoin de l’aura de la célèbre formation pour faire son chemin.

Et pourtant, il est certain que le spectre du groupe brit-pop n’a pas été totalement renvoyé dans l’au-delà. La voix de l’ex-numéro deux du groupe reste curieusement proche de celle de Damon Albarn, et le souvenir des vieux albums de Blur s’impose spontanément à plusieurs reprises. Coxon va même jusqu’à gentiment s’auto-plagier sur Bittersweet bundle of misery, copie presque conforme de Coffee & TV.

Si Graham Coxon demeure indéniablement un excellent guitariste, il lui manque sans doute encore un peu de bouteille en tant que compositeur. Et aussi un peu plus de culot pour proposer des titres qui se détachent vraiment du lot. Coxon reste finalement un grand enfant, amoureux du rock dans l’acceptation la plus simpliste et intègre de ce terme, et nullement intéressé par les expérimentations world-music de Think tank. On pouvait ne pas apprécier ce dernier opus de Blur, mais il fallait lui concéder d’être une réalisation cohérente, mûrement réfléchie et avant-gardiste dans son genre. A l’autre extrémité, Happiness in magazines reste confortablement installé sur ses certitudes, en bon défenseur des valeurs qui ont forgé le rock. En substance, on pourrait dire que Graham Coxon fait du Blur première période.

Happiness in magazines est un bon petit album de rock, plaisant, saturé comme il faut et tout et tout, qui aurait connu un succès mérité s’il était sorti il y a quatre ans. Mais aujourd’hui, alors que les grosses guitares et les influences rock des années 70 sont revenues sur le devant de la scène, Happiness in magazines joue dans une catégorie où les challengers se comptent par dizaines. Evidemment, on trouve nettement moins bon sur le marché... Mais on trouve aussi franchement mieux.



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Marc Lenglet





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Graham Coxon : "Happiness in magazines"
(1/2) 26 septembre 2016
> Graham Coxon : "Happiness in magazines"
(2/2) 30 mai 2005, par lkj




Graham Coxon : "Happiness in magazines"

26 septembre 2016 [retour au début des forums]

It is the kind of album that is very unique to the group. - Marla Ahlgrimm

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> Graham Coxon : "Happiness in magazines"

30 mai 2005, par lkj [retour au début des forums]

Disque épatant et pétaradant (impec pendant les vacances au soleil).
J’ai lu que Graham Coxon allait éventuellement revenir chez Blur.
Les amateurs seront heureux de l’apprendre j’espère.

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