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Gotye : "Like drawing blood"
Sain(t)e expatriation

mercredi 13 janvier 2010, par Tokyo Montana

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On pourrait se demander si notre vénérée patrie est encore en mesure de nous fournir des porte-étendards comme l’ont été dEUS, les initiateurs de l’ère industrielle ou de l’EBM. Qu’on les aime ou qu’ils nous insupportent, on ne peut nier qu’ils nous ont fourbis une identité bien belge sur la scène internationale. La relève nous viendrait-elle de ce résident Australien enfanté en notre plat pays ou ne nous reste-t’il plus que Jean-Luc Fonck ?

Si bon nombre de nos compatriotes (surtout côté Sud) surfent allègrement sur la vague du rock carré, préformaté, bien international et sans plus vraiment de spécificité musicale dont notre nation pouvait se vanter, il reste encore quelques exceptions, à trouver le plus souvent en nos belles Flandres. Mais-est il nécessaire que pour y parvenir, il faille s’expatrier dans un autre hémisphère, traverser moults océans que pour obtenir un isolement salvateur et créatif ? Ou au contraire cet éloignement pousse t’il à s’inspirer des brontosaures rescapés qui ont traversé ces étendues d’eau et auquel on rajoute son grain de sel ? Cet album injustement resté discret fut pour moi une petite révélation. Le comble est que je fus informé de son existence par le site de mon magazine papier préféré, donc d’origine hexagonale.

Comme à l’habitude, les créations des originaires du nord arrivent (répétons actuellement résident d’Océanie) à se distinguer de ce qui se fait hors de nos frontières par un son, une voix, des arrangements originaux, des compositions fouillées. Même si fréquemment il est possible de relier la sonorité de certains instruments, ou l’ambiance de certains morceaux à des références pour le moins connues, voire populaire, on ne peut parler de plagiat ou de production uniforme douteuse, qualificatifs que l’on pu aisément coller aux dernières sorties de nos compatriotes.

En ce qui concerne les repères aux ancêtres et autres création antérieures, plus de la moitié de cet album en est pétri. Les sessions accordéon et le rythme de Coming back pourraient vaguement nous rappeler Gotan Project, il reste des particularités qui dissocient la composition de la référence nommée. La voix transformée assez lointaine de Thanks for your time aux Buggles de la grande époque, les claviers très eighties, d’autres bruitages pourraient être relié au Floyd de The wall. Dans son ensemble cela reste une pièce unique, très subtile dans les arrangements et le mix de ces références. Learnalilgivinanlovin est carrément inclassable mais contient nombre de repères aux époques antérieures. Ma mémoire me faisant défaut, déchainez-vous dans les commentaires pour apprendre à l’ignare que je suis, chez qui il a été pêcher son inspiration. Puzzle with A piece missing, reggae british tendant vers le ska. Disons quelque part entre UB40 et les Specials. Je m’interroge également sur la raison qui me conduit à penser à Depeche Mode dès les premières notes de The only thing I know. J’ai même été vérifier que ce titre ne faisait pas partie de la discographie de ces derniers... A nouveau je ne peux pointer lequel. On terminera cette énumération par Night drive, une réelle copie de Peter Gabriel (pas la meilleure période en plus), dans la voix, les chœurs, le style et la structure musicale. Cette parfaite imitation crée un sentiment de gêne chez l’auditeur, grand admirateur de l’ange que je suis. Fausse note donc, l’apport créatif frise l’inexistant, mais pardonnable.

En dehors de ces intégrations d’inspirations diverses, il y a toujours un peu de place pour la créativité pure que ce soit sur The only way, ou avec l’instrumental Seven hours with a backseat driver (tempo et sonorité qui ont du inspirer un certain Roussel pour la deuxième plaque de son side-project). Il reste Hearts a mess, un machin-truc splendide, sans doute la meilleure plage de l’album.

Malgré le fait que souvent à l’écoute de cet album, l’esprit vogue à la recherche de l’inspirant de ce qui lèche le tympan, il y a, à une exception près, toujours une touche personnelle du compositeur qui fait que la pièce est originale. En période de vaches maigres de Peket Record et lorsque dEUS se cherche sur un carrousel, on apprécie le moindre petit éclair dans ce ciel si bas.



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Tokyo Montana





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Gotye : "Like drawing blood"
(1/1) 16 janvier 2010, par Nico




Gotye : "Like drawing blood"

16 janvier 2010, par Nico [retour au début des forums]

Excellent chronique d’un album effectivement injustement méconnu.

En ce qui me concerne, les références à profusion (cfr. aussi l’allusion aux marteaux de the wall dans la vidéo de heart’s a mess) qui sont présentes dans cet album ne me gênent pas. Bien sûr, la ressemblance avec la voix de Peter Gabriel est évidente. Mais rien ne nous dit que c’est fait exprès. Et de toute façon, de la même manière qu’un guitariste peut rechercher un son de guitare qu’il a déjà entendu et apprécié, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas en être de même pour un vocaliste.

L’important, c’est que le résultat final soit plaisant à l’écoute. Et c’est le cas pour moi. Les influences sont bien digérées, et si cet album me permet de retourner vers des choses plus anciennes que je ne connaîtrais pas encore, c’est tout bénef’ pour mes oreilles ;)

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