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Goose : "Bring it on"
Ca ne casse pas trois pattes à un canard, mais...

samedi 3 novembre 2007, par Alexandra Jakob

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- Mais c’est quoi cette merde ?

Vous commencez à bien me connaître : j’ai une très haute opinion de mon bon goût. Je le défends avec une mauvaise foi pantagruélique, m’en délecte jusqu’à la condescendance. Je n’avouerai même pas sous la torture que je connais par cœur Les démons de minuit et même Tout doucement, l’inénarrable tube de la très justement nommée Bibi.

Mes sourcils se sont donc froncés d’eux-mêmes.

- C’est Bring it on, le premier album de Goose, un quartet belge d’electro-rock. Et puis ce n’est pas de la merde, c’est...

J’ai savouré l’instant. La faible culture musicale de mon interlocuteur m’autorisait tous les arguments, même (et surtout) les plus foireux. Remarquez, j’aurai également pu rabattre le caquet d’un puriste avec cette phrase, en jouant sur l’effet de sidération.

- Très 80’s, achevai-je avec un petit sourire en coin.

J’ai donc continué d’osciller de la tête comme un teckel de plage arrière sur British mode, le single génialement groovy des quatre Flamands. Mais le doute, ce salaud, me taraudait. Etait-il possible que j’eusse chopé le mauvais goût, cette lèpre atroce commune à bien des auditeurs d’NRJ ? Bien sûr que non, même si...

Le mauvais goût, on se vautre bien souvent dedans sans même s’en rendre compte. Parce que chacun ses goûts, hein, et ça ne se discute pas. Formellement opposée à cet adage d’une ineptie sans nom, je me devais d’analyser lucidement la situation. Les signes avant-coureurs pullulaient, les derniers temps. J’avais laissé échapper un "woaw" admiratif devant la manouche touch de Justice, m’étais endormie au son du nouveau Radiohead et me cognais littéralement du White chalk de PJ Harvey.

Et puis il y avait maintenant Goose. Goose qui, non content d’exhiber un nom aussi palmipède qu’idiot, rappelle pourquoi les années 80 sont considérées comme un échec cuisant par bien des rockeux. Goose qui déterre sans la moindre éthique et dans le meilleur des cas New Order (Modern vision), mais aussi Kajagoogoo (3T4) et d’autres groupes dont seul Pop-Rock a su conserver la trace, pour les accommoder à une sauce technoïde pleine de nappes de synthés visqueuses. Sans oublier les basses bourrines et la guitare ultra saturée (Everybody). Pas de quoi rêver.

Certes, mais en dépit de tous ses défauts, Bring it on croule sous les mélodies irrésistibles et funky, comme pendant Low mode et Girl, une B.O. idéale pour tout bon club à la mode qui se respecte. Tout au long de ce premier album, Goose se contente d’aligner des tubes aussi sympathiques qu’accessibles, avec en points d’orgue un Black gloves plein de handclaps et de sirènes ou encore Safari beach et ses chœurs kitschissimes. En somme, encore un groupe certifié second degré, qui remplacera avantageusement Mika pour un samedi soir festif.



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Alexandra Jakob





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Goose : "Bring it on"
(1/1) 21 août 2015




Goose : "Bring it on"

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