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Googooblown (le bonhomme) : "Devilish FantaZiäh"
Promenons-nous dans les bois...

jeudi 11 janvier 2007, par Geoffroy Bodart

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Ces gens-là ont de l’ambition, de l’arrogance diront certains. Mais plus que cela, ils ont le talent qui va avec et qui fait qu’on leur pardonnerait n’importe quoi, même de revendiquer un lien avec Godspeed You Black Emperor ou Sigur Ros, alléchant ainsi définitivement le chroniqueur et lui filant une tremblote difficilement répressible. Au final, l’album tient plus de Danny Elfman (également répertorié parmi les influences avouées du groupe) et d’Indochine. Mais attention, on ne dit pas ça pour rire, se moquer ou être méchant. Car en toute honnêteté, cet album, c’est ce qu’on pourrait attendre d’un Indochine de bientôt trente balais, d’un Indochine mature, qui a évolué, exploré et livré sa quintessence. Sauf qu’ici, il s’agit d’un premier album.

L’univers que Googooblown (le bonhomme) met en musique est déjà titillant en soi. Il y est question de poésie macabre, de guerriers des eaux, de prêtres avides de sexe et de mort, et autres joyeusetés. Le tout emmené par des compositions emphatiques, des cordes grandiloquentes et une voix qui ne se fait pas prier pour monter dans les aigus. Il y a de quoi en écoeurer certains et en captiver d’autres. La production, qui ne pose pas la voix démesurément en avant comme c’est le cas sur l’immense majorité des disques francophones, renvoie directement dans les cordes tout ce qui se fait actuellement dans l’Hexagone et se hisse à un niveau qui va permettre au groupe de concurrencer Placebo sur le terrain de l’énergie et Muse sur le terrain de la grandiloquence (deuxième fois que j’utilise ce mot, c’est dire s’il s’impose). L’ouverture du disque, I’ve got my own private killing company for assisted suicides (Corporate and National Death Yard), expose mieux que n’importe quel discours toute cette démesure. Les cordes qui sortent du néant dans un crescendo inquiétant, et puis cette guitare, cette basse et cette batterie qui claquent comme un coup de tonnerre. Entrée en matière réussie, mais le groupe ne se reposera pas sur ses acquis. Tout au long des dix titres vont se succéder arpèges menaçants, majesté du violon, riffs tonitruants et chant habité.

Evidemment, tout n’est pas parfait. Subaquachaotik warriors, pour tout puissant qu’il soit, est rapidement répétitif et prévisible, la première partie de Daisy soup & Pork Breast (to muzzle in Dunwich) rappelle beaucoup trop Placebo et My too busy wife se situe un gros cran en-dessous du reste. Mais quel reste ! Entre envolées épiques (Les anges sont de fausses blondes) et passages atmosphériques étouffants (Bal(l)ade nocturne), on a souvent l’impression d’errer dans une forêt sombre aux arbres décharnés derrière lesquels se cachent mille monstres effrayants. On sent un véritable talent pour développer une atmosphère glauque et oppressante. Mais pas poisseuse ni terrifiante. On est plus près d’un Burton qui a de la gueule et nous fait voyager que d’un Romero viscéral qui nous fait nous planquer derrière le fauteuil.

Vous aurez noté les titres complètement décalés cités jusqu’ici. Rajoutez-y Fantaisie démonacale ou Le cabinet des fées, et vous aurez un aperçu des textes, qui combinent le français et l’anglais, tout aussi hallucinés, mais qui se gardent de se perdre dans des délires incompréhensibles et racontent à chaque fois une histoire noire, triste et excessive.

Surproduit et jusqu’au-boutiste, ce premier disque, sorti de nulle part est une insolente réussite. Googooblown n’a pas peur d’aller trop loin et balaie d’un revers de la main toutes ces productions trop aseptisées, tenues en laisse, arrondies aux angles et qui préfèrent essayer de plaire un peu à tout le monde plutôt que de provoquer des réactions trop tranchées.



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Geoffroy Bodart





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Googooblown (le bonhomme) : "Devilish FantaZiäh"
(1/1) 11 janvier 2007, par Clleover




Googooblown (le bonhomme) : "Devilish FantaZiäh"

11 janvier 2007, par Clleover [retour au début des forums]

Les extraits disponibles sur myspace laissent en effet entrevoir de belles choses.
On peut trouver cet album en Belgique ?

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