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Giant Sand : "Is all over... the map"
Tucson, Arizona, une identité

jeudi 10 décembre 2009, par Tokyo Montana

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Chaleur, chaleur, chaleur. Un mélange subtil de country et de rock. Âpre, très âpre, mais que personnellement j’estime incontournable. Cet album a profondément changé ma perception de la musique et m’a ouvert des horizons dont je ne soupçonnais même pas l’existence avant de le déposer dans ma platine CD.

Approcher Giant Sand, c’est un peu comme se lancer sur les routes infinies des déserts US. Un souffle chaud continu emprunt de douceur. Seul le rugueux du macadam et ses nids de poule nous empêchent de nous y abandonner complètement et de succomber à un endormissement salvateur. On pourrait craindre une certaine monotonie dans les susurrements des vents ou dans les lignes rectilignes asphaltées qui n’en finissent pas, lorsque soudain un virage à angle droit nous pousse dans une tempête de sable sortie de nulle part. Les vapeurs s’élevant de la route surchauffée nous suggèrent alors un léger effleurement de la croute terrestre et pourtant les pneus fondus de la vieille guimbarde adhèrent pleinement à la voirie.

Howie Gelb semble être ce sorcier des temps modernes qui vous plonge dès les premiers accords aux confins de ces terres presque vierges. On ressent son envie de nous entraîner dans les contrées où les "Rednecks" sont rois. Il vous invite à partager leur sort, leur façon de vivre.

Sa voix grave, chaude, un rien rocailleuse, semble murmurer en permanence. Les instruments que l’on ressent caressés plutôt que réellement touchés, frappés. L’ambiance parfois noisy, souvent feutrée. Une sensation de cotonneux râpeux se dégage de ces caractéristiques et nous donne l’impression de plonger sous une couette dont la housse est parsemée de papier émeri. Un morceau brouillon et déstructuré puis la plage suivante, une complainte mélancolique qui vous tire les larmes sans en devenir pathétique. Le son et la production prennent toute leur importance pour garder une cohérence qui, si elle était absente ferait de cet album un sommet de country bas de gamme alliée à du rock inécoutable. Une autre facette intéressante d’Is all over... the map est cette déstructuration maîtrisée de certaines compositions que je n’ai pas retrouvé sur d’autres albums de Giant Sand (à vrai dire je n’en ai pas écouté beaucoup d’autres car il est assez compliqué de les trouver à des prix abordables), sans doute est-ce du à la présence de John Parish aux côtés d’Howie.

C’est l’album qui m’a fait découvrir une autre sorte de country rock à l’américaine, plus brut que chez leurs compères de Calexico. Un mélange des genres, des styles, qui tout en restant assez rêche possède une profondeur et un sens du détail que je ne pensais pas trouver sur un album d’émergents des profondeurs de l’Amérique.



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Tokyo Montana





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Giant Sand : "Is all over... the map"
(1/1) 10 décembre 2009




Giant Sand : "Is all over... the map"

10 décembre 2009 [retour au début des forums]

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Rainer ptacek (guitariste divin qui aurait rempli forest national dans un monde meilleur)
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