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L’album du mois
Ghost Circus : "Across the line"
Transatlantic band

mercredi 9 avril 2008, par Geoffroy Bodart

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Au moment de sa mort, un homme refuse de se diriger vers la lumière qu’il aperçoit au bout du tunnel. C’est son choix, et il décide de l’assumer. Mais il découvre bien vite les terribles conséquences de ce choix, qui le condamne à errer dans le monde des vivants en simple observateur, le plaçant face à ses démons et ses regrets. A moins qu’une alternative existe...

Voici en quelques mots le synopsis de l’ambitieux album conceptuel que nous propose Ghost Circus. En septante minutes et sept chansons (dont une de vingt-sept minutes !), le duo va nous immerger dans la psyché d’une âme en perdition et (nous) poser des questions évidentes, déjà ressassées mille fois par tous les vecteurs possibles et imaginables, de l’art à la philo en passant par la religion, mais qui n’ont pas fini de nous hanter. Et si le groupe reste très général dans le traitement du sujet en n’individualisant pas le personnage, ce qui déforce par moment l’impact émotionnel du récit, on ressent une implication dans la réflexion qui élève cette nouvelle « exploration » de l’au-delà un cran plus haut que les gogotheries habituelles de quelques occultistes wannabes.

Un certain intellectualisme dans la démarche semblait toutefois inévitable si l’on s’en tient à la nature atypique de ce duo transatlantique. En effet, bien qu’en étant à leur deuxième album, Ron Wahle (le Hollandais à la guitare, aux claviers et à la batterie) et Chris Brown (l’Américain au chant, à la guitare et à la basse) ne se sont rencontrés que deux fois en tout et pour tout. Composant et enregistrant à distance, le groupe qu’ils forment constitue clairement un produit des nouvelles technologies. On excusera cette légère appréhension et ce mouvement instinctif de recul devant une musique de nerds faite sur un ordinateur, mais il serait dommage de ne s’en tenir qu’à cet a priori, car à l’écoute de l’album, jamais on n’imaginerait qu’ils ne sont que deux, et jamais on n’envisagerait que la musique aie été composée de la sorte. Il faut dire que cette démarche créative s’accommode mieux du rock progressif que du punk...

Ghost Circus ne se vautre toutefois pas dans un prog aristocrate qui se regarde le nombril, et conserve un feeling cent pourcent pop (comme sur le superbe Holding on) et un son revanchard purement rock (voir les riffs dévastateurs et les refrains instantanés de Pathway et Through the darkness). Musicalement, il y a un vrai savoir-faire, et les références sont bel et bien là, pointant leur nez au détour d’un solo de clavier qui évoque Genesis (influence incontournable du groupe) ou d’une ballade psyché-acoustique telle qu’on en retrouve sur les meilleurs Porcupine Tree. Seul le chant ne parvient pas à s’imposer avec la même vigueur : assez en retrait et un peu passe-partout, il nécessite de prendre encore un peu d’ampleur et d’assurance.

Morceau emblématique et central de l’album, l’épique Throug the light, avec ses vingt-sept minutes au compteur (mais découpé en sept phases différentes, histoire de souffler), suit toujours la même ligne de conduite : ne pas verser pas dans le délire mégalo et toujours placer une mélodie accrocheuse au centre du débat. Le morceau semble toutefois un poil trop long. On comprend la volonté du groupe, tant sur le fond (ce titre conte toute la seconde partie de l’histoire d’une traite) que sur la forme (vu que cette chanson se doit d’être le miroir de la première partie), mais il n’en reste pas moins que ce titre inclut les passages les plus faibles de l’album (la troisième partie : Essence of life). Mais ne chicanons pas de trop pour trois malheureuses minutes perdues au milieu de ce monstre de très haute tenue générale. D’autant plus que l’album se termine sur une autre grosse pièce de dix minutes : le flamboyant instrumental Across the line.

Ils nous l’ont déclaré dans l’interview qu’ils nous ont accordée : ils sont là pour un bon moment. A l’écoute de cette deuxième livrée, on ne peut que s’en réjouir.



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Geoffroy Bodart





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Ghost Circus : "Across the line"
(1/1) 25 mai 2012, par RjYpvMeqGGIfxDUv




Ghost Circus : "Across the line"

25 mai 2012, par RjYpvMeqGGIfxDUv [retour au début des forums]

That’s an intelligent answer to a dffiiuclt question xxx

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