Pop-Rock.com



Gary Go : "Gary Go"
Musique pour cadres dynamiques

mardi 2 juin 2009, par Albin Wagener

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Coldplay : "A rush of blood to the head"
Neon Neon : “Stainless Style”
Bon Jovi : "Bounce"
Nosound : "Lightdark"
Kanye West : "808s & Heartbreak"
Flatcat : "So this is when we grow up"
The Dandy Warhols : "Odditorium or Warlords of Mars"
The Rolling Stones : "A bigger bang"
Grails : "Burning off impurities"
Perry Blake : "The crying room"


Gary Go sait que les cadres dynamiques existent. La plupart du temps, cette espèce étrange se regroupe dans des villes. Leur mode de vie plutôt citadin ne les empêche pas d’habiter parfois à la périphérie proche des grandes villes, afin d’y gagner le calme qu’ils ne trouvent pas au boulot. Mais les cadres dynamiques ont aussi des sentiments. Et surtout, ils ont un pouvoir d’achat, ce que Gary Go (alias Gary Baker) a bien compris.

Tout a commencé avec le single Wonderful, une hymne pour cadres déprimés. Gary Go a tout compris : parfois, quand les chiffres ne suivent pas, que votre boss vous grogne dessus et qu’on sent qu’on va devoir annuler le petit week-end en tête à tête au bord de la mer pour cause de surcharge de travail, on a vraiment envie de tout envoyer bouler. Mais heureusement, Gary Go est là avec sa pommade musicale ! Ne cherchez plus ! Et c’est la que le succès escompté commença : un single en grosse rotation sur les chaines contactées, un plan marketing intarissable sur internet, et notre artiste iTunes se retrouve le centre d’un buzz so british qui fera dire d’énormes conneries aux magazines qui font la pluie et le beau temps outre-Manche (notamment que Gary Go est un Coldplay solo). OK, il a tourné en première partie des Irlandais de The Script, mais faut pas déconner.

Parce qu’à la base, Gary Go, c’est quand même du bon gros potage de cantine, servi à la louche dans les oreilles fatiguées qui nous servent d’assiettes. On a le droit d’aimer la soupe de temps en temps, je ne dis pas le contraire - moi-même, je trouve que le single Wonderful est bien produit. Mais entre apprécier quelque chose et y trouver une raison fondamentale de vivre, il y a un pas que je ne franchirai pas dans ces quelques lignes. Le reste de l’album est de la même veine : les suites d’accord sont interchangeables, la prod aussi, et on oscille entre piano rêveur et guitares célestes, histoire de donner un peu de solennité à tout ce songwriting fade et sans saveur. Parce que ce putain de slogan "We are all miracles wrapped up in chemicals" ne relève pas de la poésie, mais bel et bien du marketing le plus grossier.

Qu’on se le dise, Gary Go est sans doute avant tout un businessman londonien qui a senti le vent tourner avant d’être un musicien qui fait tout ça pour l’amour de l’art. Cela se saurait. Oui, cet album procure de chouettes moments. Oui, chacune de ces chansons pourrait figurer dans une série télé, à la fin ou même au milieu, pendant un moment émotionnel poignant qui fait bien chialer là, bien comme il faut. Mais voir en Gary Go une simple once de sincérité et de franchise quand il pond l’étouffant Brooklyn ("I drink my coffee and open the mail", quand même) et l’hypocrite Engines, on aura probablement tous les canons les plus putassiers au cours de cet album.

Mais le cadre est assoiffé de douceur et de repos, au fond de son petit cœur gangréné par le capitalisme galopant et galopin. Alors parfois, quand il se sent seul au fond de son petit lit acheté avec la prime du mois, il trouvera en Gary Go sa madeleine de Proust, que dis-je, son chocolat chaud à la cannelle. Mieux encore : dans le métro, il écoutera Gary Go sur son iPod, pour se donner du courage pour le boulot. Et comme ça, il arrivera au taf en étant conscient de sa valeur. Et surtout, du coup, il parviendra enfin sans doute à supplanter son collègue de gauche, un insupportable cadre dynamique qui a réussi à s’attirer les faveurs du patron depuis trois bons mois. Hallelujah. Gary Go panse les plaies de ceux qui les ouvrent.



Répondre à cet article

Albin Wagener





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Gary Go : "Gary Go"
(1/3) 29 août 2015
Gary Go : "Gary Go"
(2/3) 10 septembre 2010, par Lovell
Gary Go : "Gary Go"
(3/3) 3 juin 2009, par Harry Rag




Gary Go : "Gary Go"

29 août 2015 [retour au début des forums]

It is by his great musical talent that he was able to produce fine music collection like this. - Dennis Wong YOR Health

[Répondre à ce message]

Gary Go : "Gary Go"

10 septembre 2010, par Lovell [retour au début des forums]

Article pourri. A la première écoute on comprend que Gary Go est au Pop-Rock ce que MGMT est à la Psyché-Pop : Un son neuf et foutrement travaillé.

Seuls ceux qui aiment Blink ou Muse ne peuvent le comprendre. Et les entendre parler de Marketing alors qu’un groupe comme Muse est devenu une machine à merde seulement bonne à engranger les billets, ça me fait rire.

[Répondre à ce message]

Gary Go : "Gary Go"

3 juin 2009, par Harry Rag [retour au début des forums]

Cette chronique m’ ayant rendu curieux, je suis allé écouter quelques unes de leurs chansons, ou plutôt ai voulu le faire. Car une seule m’ a suffi pour rejoindre l’ avis d’ Albin. En gros, c’ est le nouveau The Fray (tout sauf un compliment donc), et j’ ai immédiatement imaginé cette guimauve en accompagnement d’ une pub pour EDF ou les produits laitiers. Rarement entendu quelque chose d’ aussi vide en tout cas.

[Répondre à ce message]