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Franz Ferdinand : "You could have it so much better"
Growing up in public

mardi 8 novembre 2005, par Nicolas Thieltgen

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Des “Grands Anciens”, Franz Ferdinand a retenu une leçon importante : un bon album, c’est avant tout de bonnes chansons, avec de bonnes chansons et encore de bonnes chansons. Totalement incapables de concevoir un album comme une oeuvre à part entière, mais foutrement doués pour le remplir à-ras-bord de singles aguicheurs et d’hymnes définitifs, ces quatre chenapans originaires de Glasgow passent à la vitesse supérieure avec You could have it so much better et se révèlent d’astucieux antiquaires de la pop anglaise des 60’s à ce jour... Avant de, bientôt, devenir un grand groupe de rock ?

Les Franz Ferdinand m’ont toujours été sympathiques depuis leur apparition il y a moins de deux ans sur la scène pop anglaise avec leur premier single, le teuton Darts of pleasure (tout un programme...). Avec leurs têtes de Playmobils pop et leur programme hédoniste (avant tout , faire danser les filles), ces petits protégés du modiste Heidi Slimane ont su insuffler une dose de fun maladroit et de glamour "tongue-in-cheek" dans une scène anglaise pas très glop à l’époque. Leur sens du grand écart entre grand public et scène alternative rock a également forcé mon respect. Ainsi, se sont trémoussés sur Take me out aussi bien la fine fleur fin-de-race des vautours de dancefloor que la fille de ma concierge ou le fils de mon coiffeur (pour dire, ma grand-mère a même tapé du pied). Les chapelles étriquées n’étant pas trop mon truc (on y étouffe vite), c’est des deux mains que j’ai applaudi ces quatre écossais capables de les transcender en deux riffs de guitare et trois coups de caisse claire. Autant dire que l’exercice du second album allait s’avérer particulièrement casse-gueule pour les FF au vu des attentes (et des jalousies) générées par leurs débuts tonitruants et du matraquage publictaire que nous avons subi pendant tout l’été et l’automne au sujet de cette sortie "événement".

Le raz-de-marée promotionnel ayant accompagné la sortie de ce second effort s’étant heureusement aujourd’hui apaisé, il nous est permis de juger à tête reposée de You could have it so much better, cet album qui montre un groupe en pleine évolution...

Car, oui, force est de constater que You could have it so much better marque une évolution majeure dans la discographie du groupe. Si les hymnes pop/rock dansants sont toujours présents (Do you want to et You’re the reason I’m leaving devraient faire suer pas mal de nightclubbers brit-pop cet hiver. Personellement, on adorera sauter en l’air sur What you meant), on notera que le groupe a bien compris ce qui constituait une des principales faiblesses de son premier album, à savoir une certaine uniformité des morceaux, qui pouvait lasser rapidement, et a, en conséquence, élargi son horizon. Dorénavant, on pense à Bowie en écoutant Franz Ferdinand (The Fallen qui ouvre l’album de bien belle manière) ou à Pulp (Walk away, superbe ballade taillée pour le succès). Un plus grand soin a également été apporté aux compositions (on ne dénombre pas vraiment de remplissage sur ce disque, ce qui devient rare sur les albums de la nouvelle scène anglaise) ainsi qu’aux arrangements qui se révèlent délicieusement variés.

Alors oui, ce nouveau Franz Ferdinand pourra sembler vain ou futile à certains. Et il ne vaut certainement ni le nouveau Depeche Mode, ni le dernier Queens of the Stone Age, mais est-ce vraiment cela que l’on demande à Franz Ferdinand, est-ce vraiment cela qu’on est en droit d’attendre d’un groupe qui n’en n’est qu’à son second album ? Pour parler de Depeche Mode, rappelez-vous leur tenue et leur dégaine à leurs débuts, dans les années 80. Les trouviez-vous profonds à l’époque ? Les auriez-vous imaginés encore au top en 2005 ?

Observons donc avec indulgence Franz Ferdinand grandir en public car on leur verrait bien un avenir en grand à ces Ecossais. Et à ceux qui clament sur tous les toits qu’ils ne voient en eux que parts de marché et pompage éhonté de toute un frange de la pop anglaise, on conseillera de jeter une oreille attentive sur Eleanor put your boots on ou Fade together, deux petites friandises psychédéliques tordues semées à mi-chemin et à la fin de l’album et qui nous laissent croire que oui, ça y est, on les tient nos Archi-Thin White Dukes of pop...



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Nicolas Thieltgen





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Franz Ferdinand : "You could have it so much better"
(1/3) 10 novembre 2005, par Busterwulf
Franz Ferdinand : "You could have it so much better"
(2/3) 8 novembre 2005, par Nicolas
Franz Ferdinand : "You could have it so much better"
(3/3) 8 novembre 2005, par NicB




Franz Ferdinand : "You could have it so much better"

10 novembre 2005, par Busterwulf [retour au début des forums]

On pourra toujours reprocher à cet album d’être une accumulation de singles et de faire mal aux oreilles à la première écoute, mais il est en tout cas diablement efficace dans ses hymnes pop et marche du feu de Dieu en live !
Les transitions rythmiques sont énormes (I’m you villain pour n’en citer qu’un), et les FF vous fileront plus la patate que les DM ;)

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Franz Ferdinand : "You could have it so much better"

8 novembre 2005, par Nicolas [retour au début des forums]
Dawazou

Le concert est trés propre "des gens"disaient qu’ils étaient pas prêts pour jouer en live devant des salles combles. Mais ils font des concerts trés propres

emplis de parlotte avec le public, ils s’éclatent quand meme (Alex Kapranos qui nous "ah lui, c’est le batteur xx xx et ila une grosse ... bite")

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Franz Ferdinand : "You could have it so much better"

8 novembre 2005, par NicB [retour au début des forums]

Le premier album était percutant dès la première écoute et semblait avoir du mal à tenir la longueur alors que celui-ci est plus fin je trouve, il faut l’écouter un certain nombres de fois avant de l’apprécier à sa juste valeur...
En tout cas en live, ils assurent les gars de Glasgow ( j’étais à Lille le 1 novembre)

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