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Frank Black : "Honeycomb" Trompe le monde dimanche 4 septembre 2005, par |
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Peut-on tout pardonner à un amour de jeunesse ? Cette question, digne d’un résumé de l’épisode du jour des Feux de l’Amour dans Ciné-Télé-Revue, on se la pose à de nombreuses reprises en écoutant le nouvel opus de Frank Black, HoneyComb, hommage, selon son auteur, aux musiques traditionnelles américaines que sont la country, le folk et la soul, disque vite écrit et mal fagoté selon le chroniqueur. N’est pas Willie Nelson, ni Bob Dylan qui veut, mon cher Frankie...
La question mérite d’être posée : écouterait-on encore aujourd’hui les disques de Frank Black si, au détour de la fin des années 80, cet aimable bibendum n’avait pas été à la tête du groupe qui redonna envie d’écouter du rock à toute une génération de kids, écoeuré par les clips de Phil Collins et de Van Halen qui étaient diffusés à l’époque en heavy rotation sur MTV ? Se pencherait-on encore avec un minimum d’attention sur les œuvres bâclées de celui qui fut le lutin génial du rock alternatif américain, si des albums comme Doolitle ou Bossanova ne nous avait pas appris qu’un bon disque de rock pouvait être quelque chose de délicieusement absurde, de subrepticement intelligent et, surtout, de profondément jouissif ? Chroniquerait-on encore ces disques, en fait ? Pas sûr... L’histoire du rock est parsemée d’albums solo d’artistes géniaux en groupe mais anodins après avoir abandonnés leurs copains batteurs,bassistes, guitaristes (on sera sympa pour une fois, on ne balancera pas de noms - question de place surtout - maintenant, si ça vous amuse dans le forum ci-dessous...). La carrière de Frank Black ne fait pas exception à la règle. A l’exception de quelques fulgurances sur ses trois premiers albums (on garde quand même un très bon souvenir de The cult of Ray), on ne peut pas dire que ses disques avec les Catholics resteront gravés en lettres d’or dans l’histoire du rock. Souvent bâclés et produits à la va-vite, ces albums de punk-rock garage nous ont souvent cassé les oreilles et désespéré devant le je-m’en-foutisme patent de leur auteur. Honeycomb aurait pourtant du nous réconcilier avec Frank Black. Remis en selle par la reformation scénique des Pixies, celui-ci n’a eu de cesse de clamer pendant tout l’été que cet album, enregistré entre deux lucratives tournées des Pixies, était sans doute ce qu’il avait fait de mieux : un disque apaisé, mature, en hommage aux musiques traditionnelles américaines de son enfance... Cela fait néanmoins longtemps qu’on ne croit plus ce que Frank Black raconte aux journalistes lors de la sortie de ses nouveaux albums. Et même s’il demeure foncièrement sympathique à nos yeux (ses remarques sur le monde de la musique visent toujours assez juste), on fait bien de ne plus trop lui faire confiance question musique. L’idée d’enregistrer un album à Nashville avec quelques musiciens de studio de légende ayant participé à certains des disques fondamentaux de la musique américaine du vingtième siècle n’était pourtant pas une mauvaise idée et portait d’ailleurs en elle une certaine cohérence pour un musicien comme Frank Black, féru de films et de musiques de genre. Néanmoins, l’emballage n’est pas toujours suffisant et, aussi bons et prestigieux que soient les musiciens qui vous accompagnent en studio, la base de la réussite d’un album de country, de folk ou de soul, c’est quand même la qualité des chansons, ce qui manque cruellement à Honeycomb. On s’ennuie en effet beaucoup tout au long de cet album, avec ces mélodies passe-partout et ces paroles anodines qu’on entend à peine tellement l’ensemble est banal. Même la voix de Frank Black semble usée, délavée... Tout cela semble en tout cas avoir été écrit et enregistré avec beaucoup d’empressement et très peu de recul. A la fin des sixties, après son accident de moto, Dylan était parti enregistrer à Nashville, avec des musiciens du cru, un album de country-folk, John Wesley Harding. Celui-ci marquait une rupture avec ces trois disques précédents, électriques et visionnaires (Bringing it all back home, Highway 61 revisited et Blonde on blonde) mais représentait aussi un véritable retour aux sources de son inspiration, cette musique qu’il jouait dans les bars new-yorkais au début des années 60. Outre cette posture revival qu’adoptait Dylan à l’époque (pour quelque peu faire retomber la pression de nouveau messie de la génération hippie qui reposait sur ses épaules), le Zim’ n’avait pas oublié d’inclure sur son disque de vraies chansons, parfois même de petits joyaux comme All along the watchtower ou I’ll be your baby tonight. Voilà, à contrario, exposé le vrai problème d’Honeycomb, à savoir le manque de matière première. C’est d’ailleurs plus généralement celui de toute la carrière solo de Frank Black, qu’on avait peut-être un peu vite proclamé génie, alors qu’il n’était qu’un habile petit faiseur, aujourd’hui démasqué... |
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Il y a 7 contribution(s) au forum. Frank Black : "Honeycomb"
(1/5) 17 novembre 2005, par Stéphane > Frank Black : "Honeycomb"
(2/5) 6 septembre 2005, par nick > Frank Black : "Honeycomb"
(3/5) 5 septembre 2005, par Nick > Frank Black : "Honeycomb"
(4/5) 5 septembre 2005, par Venganza Mayor > Frank Black : "Honeycomb"
(5/5) 4 septembre 2005, par edgar |
> Frank Black : "Honeycomb" 8 septembre 2005, par Nicolas Thieltgen [retour au début des forums] Je n’ai absolument rien contre le fait que Franck Black fasse ce qu’il veut. C’est même assez rare chez pas mal d’artiste et il faut donc s’en féliciter. A la réécoute de ses albums solo et avec les Catholics, je me demande néanmoins s’il ne lui serait pas profitable de se faire conseiller par un producteur/personne extérieure qui lui indiquerait où couper/où retravailler certains de ses albums, certaines de ses chansons. Quant il est question de la qualité d’une oeuvre, l’auteur n’a pas toujours raison... > Frank Black : "Honeycomb" 9 septembre 2005 [retour au début des forums] Le chroniqueur non plus...
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