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Foo Fighters : "In your honor"
Pas besoin de l’écouter pour savoir ce qu’il y a dedans

jeudi 1er septembre 2005, par Geoffroy Bodart

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J’étais pourtant parti avec un a priori positif sur cet album, chose rare pour quelqu’un qui se montre suspicieux vis-à-vis d’une grande partie de ce que le rock a pu régurgiter depuis une quinzaine d’années, du post-grunge au nu-metal en passant par toute la hype anglaise et le revival des 80’s. Mais dans ce cas-ci, les joyeux drilles de la bande à Dave Grohl ne s’étaient jamais attiré mon ire, l’idée d’un double album (une partie électrique et une acoustique) était à la fois simple et ambitieuse, et le premier single, Best of you, même si j’ai cru à du Nickelback la première fois que je l’ai entendu, était très accrocheur et énergique.

Malheureusement, cet à priori n’a pas été confirmé par l’écoute de cette nouvelle livraison. Inutile d’y aller par quatre chemins, In your honor n’est pas mauvais, il est même bien foutu, mais c’est tellement cousu de fil blanc qu’on en a fait le tour en écoutant les trente premières secondes de chaque chanson.

Le premier CD contient dix pièces de bon hard 90’s (c’est-à-dire sans intro et sans solo), directes, bien remuantes, qui font taper du pied, mais ne surprennent jamais. Stéréotypé, classique, carré, formaté, sans la moindre once d’originalité sont autant de qualificatifs qui peuvent être accolés à cette première galette. Le groupe enchaîne les morceaux sans donner ni l’envie d’en skipper un, ni l’envie d’en réécouter un immédiatement. Grohl crie fort et les musiciens assurent leur job. Certains leur trouveront du panache et de la hargne, ceux-là même qui trouveront The deepest blues are black déprimante, ou qui s’imaginent déjà que l’album aurait pu être l’œuvre de Nirvana. Un soupir de dépit est la meilleure réponse qui puisse être apportée à ceux-là en insérant le deuxième CD.

Dave Grohl a apparemment bien retenu les critiques dithyrambiques et justifiées qui ont fusé lors de la sortie de l’Unplugged de Nirvana, celles qui ressassaient inlassablement le même compliment stérile et pompeux selon lequel le groupe, et en particulier Kurt Cobain, nous dévoilait une nouvelle facette de sa personnalité trouble et torturée. Apparemment désireux d’entendre ces mêmes commentaires pour son nouveau groupe, il a coupé le courant et s’est installé devant un âtre chaleureux avec ses copains qui avaient tous revêtu leur plus beau pull irlandais. Et plutôt que de reprendre quelques classiques que les jeunes générations ne peuvent mal de connaître (on me souffle à la Rédaction qu’il existe des gens qui soutiennent mordicus que David Bowie a repris une chanson de Nirvana), on a préféré inviter du beau monde à ne savoir qu’en faire (Norah Jones pour la « sensibilité », John Paul Jones pour dire qu’on fricote avec les plus grands, Josh Homme pour se la péter). Alors évidemment, ça marche. Tout comme le bon petit vin français dont les membres du groupe devaient s’abreuver avec parcimonie, histoire de se désinhiber et de laisser s’exprimer leur sensibilité à fleur de peau, le deuxième CD est un petit Jésus en culotte de velours qui coule tout seul. Ce n’est certes pas transcendant, on n’est jamais submergé par l’émotion, aucune tension ni ambiance n’est réellement palpable, aucun cliché du genre n’est évité, mais ça reste très agréable et ça supporte l’écoute attentive prolongée. On parie ce que vous voulez que les ados gratteux vont se ruer sur les partitions pour tenter d’ouvrir leur petit cœur de tendre rebelle à l’élue de leur cœur, celle qui dessine des pentacles sur son plumier et gribouille les paroles des chansons de Kyo dans son journal de classe.

Quand on a fait le tour de la chose, on se dit que les Foo Fighters ont bien rempli leur cahier des charges. Il y a dans le premier CD tout ce qu’on peut attendre d’un honorable groupe de hard énervé et mélodique, et il y a dans le deuxième tout ce qu’on imagine de la part de ce même groupe de hard qui voudrait donner dans le mélancolique et l’acoustique. Mais pour la prochaine fois, et sans exiger un virage à 180 degrés qui dénaturerait le groupe, ce ne serait pas mal d’insérer dans le cahier des charges une rubrique innovation, audace et surprise.



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Geoffroy Bodart





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Foo Fighters : "In your honor"
(1/1) 17 février 2006, par laurent charmasson




Foo Fighters : "In your honor"

17 février 2006, par laurent charmasson [retour au début des forums]

Globalement d’accord avec cette chronique et plutôt rassuré de lire un avis septique sur ce double album encensé par la presse. Dave est si sympa que c’est dur de dire que sa galette est vaguement soporifique, que ses mélodies tournent en rond, que les Foo Fighters se sont endormis sur leur livre de recettes, que je suis encore une fois déçu et que je n’ai jamais vraiment envie d’écouter ce disque. Rien d’horrible pourtant, chaque morceau pris à part passerait bien à la radio mais j’attends encore de retouver le PLAISIR de leur premier album. Le second disque dit "disque mou" quant à lui, est ... chiant.

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    Foo Fighters : "In your honor"

    14 mai 2006, par guigui31 [retour au début des forums]


    tou a fé dacor avec toi laurent le premier disque est franchemen pa mal, mé kan o deuxième, je né pa écouté la moitié dé chanson tellement c long et chian !! desolé pour lexpression !!

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      Foo Fighters : "In your honor"

      5 octobre 2007, par vehau [retour au début des forums]


      Pour être tout à fait sincère, même le premier cd est franchement chiant, trop convenu, trop passe-partout, rien ne passionne franchement, pas plus le single "Best Of you" que le reste. On a bien quelques soubresauts de temps en temps mais le reste du temps on s’ennuie sévère.
      Si Dave pouvait être un poil moins cool et un poil plus énervé, on y gagnerait largement au change. Un volontaire pour lui marcher sur la grolle, histoire de réveiller la bête ?

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