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Flatcat : "So this is when we grow up"
Boys band punk ?

mardi 1er août 2006, par Géry Brusselmans

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Déjà plus de dix ans que Flatcat arpente les scènes du plat pays et d’ailleurs pour distiller sa punk-pop mélodique style US. Avec l’album So this is when we grow up, le groupe brugeois se défend relativement bien dans un style où il est difficile de se démarquer des concurrents.

L’introduction de So this is when we grow up aurait pu sortir tout droit d’un épisode de Star Wars. Pourquoi ouvrir de telle manière ? Flatcat n’est pourtant pas un orchestre philarmonique ou un groupe spécialisé dans les musiques de film. La formation flamande sévit en fait dans le milieu punk FM dont les représentants principaux sont Blink 182, Sum 41 ou Good Charlotte. Concédons-le, il est plutôt difficile de chroniquer un style où pratiquement tout est basé sur le look, l’énergie et la prestance scénique pour délaisser quelque peu l’originalité. Les ingrédients d’un bon groupe du style ? Trois-quatre accords de guitare à la distortion bien présente, rythmes de batterie binaires et rapides, refrains easy-listenning, arrangements basiques et épurés, chansons dépassant rarement les trois minutes... Sans oublier le look teenager skate/t-shirt/casquette à l’envers. Flatcat ne faillit à aucun des points de cette recette approuvée par les grands et s’égare même parfois vers des influences emo.

L’album ne commence donc vraiment qu’avec le très conventionnel deuxième titre Part of me. On restera, du début à la fin, sans grosses surprises sur une succession de hits pour ados. Epinglons tout de même les intonations légèrement country de One of a kind, la courte interlude instrumentale en sixième plage, l’outro originale de Tears of despair, quelques courts solos de guitare comme sur The opportunity ou l’introduction au piano de Let go. Techniquement, on ne reprochera pas grand-chose au chanteur-guitariste Minx, à la voix très appropriée au style, ni à ses acolytes bassiste (Alex), guitariste (Dirk) et batteur (Wim). Flatcat se démarque surtout des jeunes formations par sa maturité et ce petit plus qu’on retrouve dans les arrangements. Car rappelons-le, le band n’est pas dernier-venu sur la scène flamande. Avec sa dizaine d’années d’existence, les protégés du label Eyespyrecords (Mordan, Death Before Disco, SFP et Skool’s Out notamment) ont déjà sorti plusieurs albums et notamment réalisé deux tournées au Brésil ainsi que dans plusieurs pays européens.

Encore une fois, et comme souvent pour les productions belges, on pointera du doigt la qualité de l’enregistrement, certes très respectable, mais encore en-dessous des productions américaines, véritables exemples en la matière. On retiendra aussi le léger accent de Minx dont celui-ci pourrait même tirer avantage. Cette dose « d’exotisme » n’avait-elle pas déjà permis à d’autres Flamands de séduire le territoire étranger, à savoir les Janez Detd ? Enfin, du côté purement marketing, So this is when I grow up ne débarque pas au moment propice à l’heure où, comme le phénomène boys band à une certaine époque, le punk perd tout doucement de la vitesse. Mais sans doute qu’à l’échelle de la Flandre et même de la Belgique, l’album attirera son lot de fans et pourra être considéré comme un des meilleurs crus pop-punk de cette année.



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Géry Brusselmans