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Etron : "Necrodogs"
Vade Retro Satanas !

lundi 30 mai 2005, par Jérôme Delvaux

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Après des années de galère, le groupe le plus outrageant du rock belge sort enfin son premier vrai album dans une indifférence quasi générale. A force d’avoir toujours recours à la provocation - tant sur le net qu’à chacune de ses apparitions publiques - le duo a fini par s’attirer les foudres du milieu musical au sens large. C’est donc sur leur propre label, et pratiquement sans aucune promo, que les deux croquemitaines défendent ce premier 6 titres de bonne facture.

On sait, pour les avoir rencontrés, que Billy Jr. et Suzy Cumshot (traduisez « plan d’éjaculation ») ne voient pas la vie en rose. Il se dégage d’eux quelque chose de malsain et d’inquiétant. La misanthropie transpire de tous leurs pores. Quand ils prennent la parole, le plus souvent d’un ton mal assuré, c’est pour vomir tout ce qui les entoure : le milieu musical, les autres groupes ou la société en général. Sans pour autant argumenter de manière convaincante. En s’autoproclamant le meilleur groupe rock au monde, ils fixent d’entrée les règles du jeu : toute leur communication est axée sur la provocation et sur une forme d’humour décalé qui, le plus souvent, ne fera rire qu’eux.

En Grande-Bretagne, cette façon de faire leur vaudrait sans doute une exposition médiatique soutenue (Pete Doherty - à qui ils se sont frotté lors du premier concert des Libertines à Bruxelles - ne procède pas autrement). En Belgique, pareille attitude les confine à un quasi anonymat. Dans la profession, on s’est passé le mot : on ne parle pas de ces mecs-là. Partout, ils trouveront porte close.

Même si on peut comprendre ce raisonnement (certaines des tentatives de coups de pub d’Etron ne volent quand même pas bien haut), on ne peut que déplorer que la plus grande victime soit la musique. Car oui, la musique d’Etron est bonne. On tombe sous son charme dès les premières notes de Necrodogs. La ligne de basse et le riff de guitare de Cockrider nous rappellent immédiatement les grands crus de Cure période Seventeen seconds. Billy et Suzy y posent leurs voix démoniaques, créant une sorte de complainte ténébreuse et envoûtante. Et il en sera ainsi pendant une petite demi-heure. Flirtant sans cesse avec les codes du rock dit gothique, empruntant ça et là des vocalises à Das Ich, s’aventurant sur le terrain de jeu de Bauhaus (Die !), atteignant parfois des sommets de folie (Fried Chinese cunt), Etron nous présente son univers. Il y est question de romantisme morbide, de sexe, de haine et de désillusions. Le monde d’Etron n’est pas beau, assurément. Mais le monde d’Etron, c’est aussi le nôtre, même si, par pudeur, nous préférons souvent en détourner le regard.



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Jérôme Delvaux





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Etron : "Necrodogs"
(1/4) 7 juillet 2013, par liza
> Etron : "Necrodogs"
(2/4) 13 septembre 2005, par Popol
> Etron : "Necrodogs"
(3/4) 14 juin 2005
> Etron : "Necrodogs"
(4/4) 31 mai 2005




Etron : "Necrodogs"

7 juillet 2013, par liza [retour au début des forums]

J’aime beaucoup lire des articles et des informations publiés sur ce site. S’il vous plaît partagez vos idées et opinions merveilleux. Miami Homes For Sale

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> Etron : "Necrodogs"

13 septembre 2005, par Popol [retour au début des forums]

Etron, etron, petit patapon...

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> Etron : "Necrodogs"

14 juin 2005 [retour au début des forums]

A la lecture de l’article ci-dessus, je me marre et m’interroge. Je
me marre parce que je m’enivre de joie. Billy et Suzy ne sont pas du
tout les she-males décrits. Billy et Suzy se sont mariés au
sein du Temple Etron et y goûtent les plus grands plaisirs de la vie.
Certes, Billy fait pleurer Suzy de temps en temps, par gentille
méchanceté ; certes Suzy frustre Billy sexuellement car c’est une jolie
garce... mais leur amour est tendre et pur, grâce à leur éternel
dévouement.
Je m’interroge parce que ce ‘satané’ groupe suscite une indignation
dans les milieux les plus ‘rocks’. Hihihi... Mais qui sont donc ces
pauvres gens qui pleurnichent et mendient ? Qui sont ces gens qui
haïssent Etron ? Qui sont donc ces musiciens et ces gens du milieu -de
vrais rockeurs ! - qui réclament assistance et protection, qui
réclament l’exclusion des serviteurs dévoués du Dieu Etron ? Il est vrai
que la médiocrité de leur âme empêche tout espoir d’autonomie
intellectuelle. Il faut regarder les choses en face : le rock
francophone est minable, petit, timide, banal. Pas un poil
d’originalité, d’aventure, d’émotion ou d’audace. Le sang est pourri.
Il faut regarder une autre réalité en face : personne n’aime cette
musique, et personne n’en a rien à foutre, à part cette pitoyable
clique constituée par les musiciens eux-mêmes, leurs familles et leurs
amis qui s’auto-congratulent et se font de belles pipes mutuelles parce
qu’il faut bien un peu de réconfort quand on produit de la fiente et
qu’on le sait.
Il existe, ce public peu averti : ils sont les germes de la décadence.
L’ennui les tue. Leur existence est un crachat sur la joie.
Argh, ces asticots maladifs ont un petit trou dans le bide, comme une
petite plaie infectée de laquelle ils sortent, s’aidant de leur petite
pine, une espèce de filament nauséabond.

Etron est indépendant, Etron n’a pas d’amis, Etron n’aime pas les
autres groupes, Etron travaille dur sur ses morceaux, Etron se marre,
Etron boit et baise. Etron est brillant, libre et aérien, et Etron n’en
a rien à foutre de l’opinion des autres.

Le temps est venu de se convertir : genoux à terre devant Etron.
Révoltez-vous contre l’ennui.

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> Etron : "Necrodogs"

31 mai 2005 [retour au début des forums]

Très chouette chronique. Je suis presqu’entièrement d’accord avec toi. Un mot sur le dvd qui est joint à l’album ?...

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