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Eskobar : "Eskobar"
Someone new

mardi 12 septembre 2006, par Albin Wagener

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Un quatrième album éponyme. Un label dédié à leurs productions. Une distribution plus confidentielle, puisqu’en France tout du moins, cette galette sera distribuée par XIII Bis Records, hors du champ d’action de l’habituelle major Virgin. Une pochette presque minimaliste. Une sobriété très proche de leur tout premier opus, ‘Til we’re dead. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Daniel Bellqvist et ses deux acolytes se sont mis en retrait depuis le succès de A thousand last chances. Le fait que cet album n’ait pour autre titre que le nom même du groupe est assez révélateur d’une nouvelle ère dans la musique que ce trio scandinave désire à présent nous livrer : et pour cause.

Alors, qu’est-ce qu’il en est ? Rassurez-vous, ici, il n’est point question de duo avec une starlette de télé réalité ou de pseudo-reine de la pop/rock indépendante - je reste par ailleurs persuadé que pour la première option, Eskobar a été poussé au derrière par sa maison de disque française pour enregistrer le duo You got me, qui a réussi à salir une bonne chanson par la seule présence d’une princesse d’un soir dont plus personne, déjà, ne se souvient. Bref.

Tout en humilité et en isolement, ce quatrième disque réexplore toutes les racines folk qui ont nourri les chansons du groupes depuis leurs débuts. De plus en plus authentique, le trio s’abreuve d’une mélancolie non feinte et ouvre ce triste bal avec le somptueux The art of letting go, qui semble constituer une sorte de pied de nez au monde des maisons de disque et de la pop en général ("I really wish I’d known, cause being a puppet on a string is no good"). En gros, Eskobar semble renouer avec le plaisir simple de faire de la musique, à la façon des Kings of Convenience par exemple. Nombreux sont les morceaux chargés de sens : Devil keeps me moving est absolument poignant dès ses débuts et s’enfonce dans une noirceur insondable. Fait nouveau pour Eskobar, même si leurs textes n’ont jamais été bien gais, ils atteignent ici une profondeur assez remarquable.

Mais il faut bien des singles, au moins quelques petites perles radiophoniques. Pourtant ici, point de gros tube ; les guitares restent toujours sages et folkloriques, et les refrains ne s’enorgueillissent que de quelques cordes discrètes ici ou là. Une recette qui fonctionne bien pour le premier single, Persona gone missing, et son refrain faussement nonchalant. Mais sur cet album dominent les morceaux mélancoliques : Champagne et son petit côté Nick Drake, mais également Immortality, sorte de ballade vers le chemin de l’enfer, élégante ritournelle inspirée probablement par quelques obscurs titres de Nick Cave ou de Lloyd Cole.

Mais de la lumière, il y en a aussi. Whatever this town s’enfonce dans une langueur désabusée et absolument désenchantée, et malgré son petit côté pop, cache mal les cicatrices dévoilées par la voix de Bellqvist. By your side, de son côté, reste probablement le morceau le plus positif de l’album et ne parvient pas à masquer la réalité : le quatrième opus éponyme d’Eskobar est un véritable bol de nostalgie et de réalisme cynique, bien loin des succès des deux précédents albums. Un retour aux sources, vers la folk, le songwriting intimiste et écorché, et à vrai dire, une bonne nouvelle qui devraient dissuader certains de tourner le dos plus longtemps à cette aventure qui mérite qu’on lui accorte quelque crédit.



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Albin Wagener





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Eskobar : "Eskobar"
(1/1) 15 septembre 2006




Eskobar : "Eskobar"

15 septembre 2006 [retour au début des forums]

moi j’aimais bien le duo avec Emma Daumas ... na

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