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L’album du mois
Erasure : "Nightbird" De drôles d’oiseaux jeudi 27 janvier 2005, par |
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En Grande-Bretagne, Erasure est un phénomène de société dans l’électro-pop, au même titre que les Pet Shop Boys. En vingt ans de carrière rondement menée, le duo anglais n’a jamais disparu de la circulation, produisant toujours des albums électroniques ou la pop se disputait parfois à la légèreté. Méprisé du public français, comme bon nombre d’artistes ayant connu leurs premiers succès dans les années 80 (pourquoi une nation déteste ainsi une décade complète ?), Erasure prouve qu’il a gagné sa place au rang des groupes pop les plus influents du monde.
Un nouvel album d’Erasure, on attendait ça depuis leur Loveboat de 2000. Bon d’accord, il y avait le Other people’s songs sorti il y a deux ans, mais il s’agissait d’un album de reprises. Même si celles-ci faisaient grand cas du professionnalisme des deux Britanniques, elles laissaient sur leur faim les fans avides de titres originaux. Les voici de retour dès le début de l’année 2005 avec un album et un single, une jolie ballade intitulée Breathe qui les a directement propulsés dans le top 10 anglais - cela peut nous paraître exotique, mais outre-manche, cela est tout à fait normal. Qui plus est, le groupe travaille depuis leurs débuts main dans la main avec le label Mute Records. Et bien que Vince Clarke soit devenu un père de famille respectable et qu’Andy Bell écume encore les clubs gay londoniens, ces deux-là ont décidé de remettre le couvert - et en argent, s’il vous plaît. Erasure, c’est Vince Clarke et Andy Bell. Rescapé de Depeche Mode (qui lui doit entre autres leur tube interplanétaire Just can’t get enough, rien que ça), Clarke formera plus tard Yazoo avec Alison Moyet, puis se sépare de la chanteuse pour trouver une nouvelle diva. En croisant la route d’Andy Bell, ils décident ensemble de former Erasure qui inondera les ondes dès 1985 avec leur tube Who needs love like that ?. Chose surprenante, Erasure vieillit bien, de mieux en mieux même. Les instrumentations électroniques concoctées par Vince Clarke sont toujours aussi pertinentes, et c’est un plaisir d’apprécier les petits sons synthétiques qui peuplent l’album de façon facétieuse et inspirée. Andy Bell a lui aussi gardé sa belle voix à la croisée de la pop et de la soul la plus intimiste. Toutefois, la tonalité de l’album est un peu plus triste et romantique qu’à l’habitude, rappelant presque leur album éponyme de 1995. Et pour cause : Andy Bell a annoncé il y a peu qu’il était atteint du virus HIV, ce qui explique a posteriori les textes de plus en plus sombres d’Erasure - l’album Loveboat, notamment, possèdait une atmosphère bien plus bluesy que les autres albums, et sur le clip de leur reprise Solsbury Hill en 2003, le chanteur semblait nettement diminué physiquement. Tout cela n’empêche pas Bell d’exprimer sa sensibilité à fleur de peau dans des paroles toujours aussi sucrées. C’est tellement facile de chantonner du Erasure sous sa douche que ça en est réjouissant. Nightbird dispose de tubes évidents pour les nightclubbers (Sweet Surrender, Here I go impossible again, I’ll be there) et de petits morceaux entre romantisme naïf et tendresse nocturne (Because our love is real, I broke it all in two). A noter que sur cet album, Erasure partage avec les Pet Shop Boys un goût pour les titres de morceaux longs et premier degré. Qu’à cela ne tienne, c’est comme cela qu’on les aime. Les albums d’Erasure s’écoutent en générale d’une traite et en boucle, et celui-ci n’échappe pas à la règle. Dès le premier opus, le troublant et mystérieux No doubt, on retrouve les ingrédients qui rendent la musique d’Erasure si accessible et pourtant si particulière. Malgré les frissons que procure la chanson en question, il s’y glisse une sorte de naïveté bienfaisante et relaxante. De l’électro-pop de très haut vol qui n’a jamais eu comme Depeche Mode la prétention d’innover (parfois sans y parvenir, mais c’est un autre débat), mais simplement de faire de l’électro-pop en soi - et c’est bien de cela dont il est question : le binaire Don’t Say You Love Me démontre notamment qu’on peut utiliser une rythmique simple et appuyée et un son de basse presque industriel sans pour autant faire dans du Laibach. Cerise sur le gâteau, I bet you’re mad at me clot l’album avec des mélodies évidentes et la voix douce et chaude d’Andy Bell. Finalement, la pochette reflète bien l’ambiance de l’album : des couleurs délicates, naïves et sombres. C’est avec sérénité et bonheur que le talent se met au service de pop pour rêveurs romantiques. En écoutant cet album, vous trouverez forcément ce petit rêveur endormi quelque part au fond de vous, et peut-être même ressentirez-vous le plaisir coupable d’apprécier la délicatesse apaisante de ce Nightbird. |
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Il y a 14 contribution(s) au forum. > Erasure : "Nightbird"
(1/5) 19 mai 2005 > Erasure : "Nightbird"
(2/5) 13 mars 2005, par sof > Erasure : "Nightbird"
(3/5) 6 février 2005, par Erwann Le GARREC > Erasure : "Nightbird"
(4/5) 6 février 2005, par Erwann Le GARREC > Erasure : "Nightbird"
(5/5) 29 janvier 2005, par Gaby |
> Erasure : "Nightbird" 18 mai 2008, par musik80 [retour au début des forums] Trois ans ont passé et j’aime toujours autant cet album et franchement je ne m’en lasse pas, bravo à Vince Clarke et à Andy Bell pour ce magnifique album
> Erasure : "Nightbird" 24 juin 2006, par musik80 [retour au début des forums]
Moi aussi française et accro d’erasure depuis leur tout début, j’en ai d’ailleurs même fait un blog eh oui !!! Pour vous dire la fan que je suis... Breathe est super, magnifique, rien à dire, je trouve qu’ils se sont littéralement surpassés, enfin c’est mon avis perso...
> Erasure : "Nightbird" 6 février 2005, par Albin Wagener [retour au début des forums] pour Kyo, je n’ai pas cherché à faire l’apanage des albums rock, mais simplement à remettre les pendules à l’heure, puisque ces petits musicos se sentent investis d’une mission rock, visiblement - cela ne veut pas dire que je dénigre l’électropop, bien au contraire. on peut apprécier plusieurs styles musicaux. le problème des adolescents, des collégiens et des lycéens, c’est que la poussée hormonale n’excuse pas la sincérité musicale. je connais des ados qui n’écoutent pas Kyo et se passionnent pour d’autres types de musique, qui font l’effort de rechercher des musiques plus pertinentes, parfois plus alambiquées aussi. mais tous les ados n’écoutent pas Kyo, et surtout - un comble - Kyo n’a pas uniquement un public d’ados. l’énergie n’est pour moi pas gaspillée : cela me fait du bien de pousser le bouchon et de démonter certains mécanismes d’un album qui se veut bon et qui en fait n’a rien pour lui. s’il faut dépenser de l’énergie à encenser la bonne musique, je pense qu’il faut aussi en dépenser à assassiner ce qui a la prétention d’en être mais n’en est pas : ce n’est pas du temps perdu, mais un effort d’éducation, peut-être, sans vouloir monter sur mes grands chevaux. pas grave pour les ennemis. le but, c’est de parler de la musique de façon passionnée. merci en tout cas pour ton message construit. _ :)
> Erasure : "Nightbird" 29 janvier 2005, par Albin Wagener [retour au début des forums] ouais mais bon chroniquer Lorie c’est pas intéressant, surtout maintenant qu’elle est dans les bonnes grâces de Raffarin... > Erasure : "Nightbird" 29 janvier 2005 [retour au début des forums] Tu te la pètes trop en fait. > Erasure : "Nightbird" 31 janvier 2005, par Albin Wagener [retour au début des forums] ben voyons. Pauvres de nous 1er février 2005 [retour au début des forums] Ah les conneries... J’ai trouvé cet article très bien. Et même si je ne connais pas Erasure, ça m’a donné envie d’en écouter. > Pauvres de nous 1er février 2005, par Euxeb [retour au début des forums] Mince, j’avais oublié de signé... > Pauvres de nous 15 mai 2005 [retour au début des forums] Signer ER svp !
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