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Engineers : "Engineers"
Vanilla Sky

vendredi 20 octobre 2006, par Albin Wagener

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Après un premier E.P. en 2004 intitulé Folly, les Engineers ont livré l’an dernier un premier album éponyme extrêmement attachant. Psychédélique et onirique, leur pop aux accents très shoegazing se fout royalement des styles préétablis et parvient à rassembler le meilleur des influences seventies et nineties, le tout dans de grandes envolées sereines et atmosphériques. Impossible de ne pas se délasser à l’écoute de cet opus révélateur.

Si certains morceaux font penser immanquablement à Doves, on se retrouve pourtant devant des fétiches d’un cru tout à fait singulier. On retrouve parfois l’univers rêveur et pâle des Sigur Ros, mais globalement, les quatre musiciens mancuniens ont réussi un tour de force : imposer dès le premier album un univers propre et particulier. Waved on, par exemple, trace une véritable voie aérienne vers des cieux que les Engineers nous invitent à explorer avec douceur et délicatesse. Majestueux et épique, Come in out of the rain est un véritable voyage à lui tout seul, et intronise nos petits ingénieurs dans le petit monde restreint des jeunes espoirs insaisissables et fascinants.

C’est marrant, parce qu’avec un pareil nom de groupe, on s’attendait à entendre un truc soit carrément barré (de l’électronique un rien sophistiquée ou ce genre de bidouilles), soit un autre groupe de rock briton avec des morceaux sautillants tous plus dispensables les uns que les autres. Là, on en est carrément loin. Ici, on se repose, on se détend, on se fait masser les oreilles et l’esprit par des nuages musicaux au rythme lent et paisible. Said and done ou New horizons deviennent rapidement des morceaux indispensables. A vrai dire, en pratiquement une seule écoute, on se dit qu’il nous faut absolument cet album dans notre discothèque. C’est suffisamment rare pour être mentionné. Et encore, j’aurais dû l’écrire en lettres capitales, ça aurait été plus visible. Genre COMME ÇA.

Ça et là trônent quelques morceaux plus expérimentaux, flottant au gré du vent tels des royaumes aériens esseulés, comme le déroutant Let’s just see et ses saccades rythmiques orageuses, ou le long final One in seven, qui navigue avec justesse entre rock ambiant et nappes organiques. Pas étonnant que les quatre Anglais avouent s’être inspirés de deux albums majeurs, à savoir le gigantesque Spirit of Eden de Talk Talk et l’incontrôlable Pacific ocean blue de Dennis Wilson. On a connu pire comme confessions musicales.

Ne vous y trompez pas, l’album est très fluide (peut-être trop pour certains), et la notion de régularité rythmique y est très importante : ne vous attendez pas à passer d’un morceau diablement dansant à une ballade sirupeuse. On reste dans le même registre, un rock arc-en-ciel tout à fait sidéral, avec parfois un détachement céleste qui n’est pas sans rappeler les meilleurs moments de la discographie solo de Brian Eno. Bien loin des phénomènes de hype, bien loin des feux de la rampe, Engineers distille son univers séduisant par touches personnelles savamment dosées et brille délicatement dans le firmament musical de ces dernières années.



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Albin Wagener





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Engineers : "Engineers"
(1/1) 13 juillet 2015




Engineers : "Engineers"

13 juillet 2015 [retour au début des forums]

I find their music very entertaining. It’s something that I would like to listen all over again. - Dony McGuire

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