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End of Fashion : "End of Fashion"
Modestes

dimanche 12 mars 2006, par Boris Ryczek

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Les membres du groupe le reconnaissent eux-mêmes, il ne faut pas prendre le nom d’End of Fashion trop au sérieux... ni leur musique, d’ailleurs. Avouant volontiers l’influence de groupes comme les Kings of Leon, ces Australiens n’ont pas grand chose d’anticonformiste ou d’avant-gardiste. Et leur premier album est à leur image : il s’agit avant tout pour eux de s’essayer à différents genres, en attendant de trouver le son qui leur ressemblera vraiment. Aussi, dans le créneau couplet-refrain-guitare, trouve-t-on un peu de tout sur ce disque : des ballades lymphatiques aux rocks mordants, en passant par les chansonnettes pop. Et pour un coup d’essai (ou presque, le groupe comptant deux anciens membres de Sleepy Jackson), le résultat s’avère assez convaincant.

On ne sera pas surpris, après ce préambule, si l’album dégage une nette impression de légèreté. She’s love ouvre le bal avec une collection de riffs et de vocalises à la limite du bubblegum, tandis que le single (baptisé Oh yeah !), s’y plonge carrément en parodiant la power pop de groupes comme Weezer : cette musique conçue pour sautiller sur place en agitant les bras et en beuglant « la-la-la »... Sur ces deux morceaux, comme ailleurs, le résultat est plaisant. Parfois, dans ce registre « riche en glucides », l’enthousiasme paraît même justifié. Ainsi Lock up your daughters s’impose comme une savoureuse réussite. Avec ses paroles délibérément immatures (« Planquez vos filles, on descend en ville »), ses chœurs à la Small Faces et ses arrangements pêchus, le morceau est de ceux qui auraient pu figurer sur la playlist de nos quinze ans... et s’incruster pour quelques décennies. Malheureusement, l’ennui guette aussi, le temps de quelques ballades un peu trop sirupeuses sur ces amours adolescentes qui ont engendré tant de bonnes et de mauvaises chansons... Ni Anymore, ni Oh strain n’ont, à leur tour, rien à nous apprendre.

Et pourtant, si l’on est prêt à miser sur End of Fashion, c’est surtout grâce à d’autres titres, plus sombres, qui semblent placés là comme à regret, par un groupe qui aimerait être de bonne humeur tous les jours... mais qui reconnaît que ce n’est guère possible. Dans The Game, Justin Burford chante la solitude comme une comptine morbide, où les souris vertes seraient remplacées par des amis dormant dans leur tombe. Et le morceau, s’appuyant sur des guitares peu éloignées du metal, finit par clamer sa volonté de vivre avec une force impressionante. Le hurlement qui le conclut est de ceux qui font sens et donnent au rock toute sa pertinence.

Dans un format opposé, la longue complainte pop qui ferme l’album, Seize the day, dévoile des méditations que l’on n’attendait pas. Renouant un instant avec la pop psychédélique et vaguement électronique de Sleepy Jackson, End of Fashion s’y montre toujours aussi à l’aise. Et si l’on reconnaît plusieurs influences, de Paul McCartney (qui a évidemment inspiré les chœurs) à Radiohead, cette chanson est une de celles qui se laissent le moins résumer par une étiquette. Très évolutive, elle déroute, séduit et laisse dans les oreilles une mélodie tenace.

D’autres détails retiennent l’attention : les harmonies inhabituelles du refrain de Love comes in ; la destructuration en règle de la fin d’Oh yeah... des petits faits qui montrent qu’End of Fashion a de l’imagination à revendre et qu’on ferait bien de prendre ces musiciens au sérieux, malgré leur esprit potache. D’abord parce que ledit esprit n’a jamais entravé le talent. D’autre part, sait-on jamais, parce qu’on pourrait bien les voir revenir avec un disque important, un de ces jours... Ce moment n’est pas encore venu, mais on a, avec cet album, quelque chose de tout à fait prometteur, pour peu que notre époque se donne encore la peine d’attendre.



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Boris Ryczek





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End of Fashion : "End of Fashion"
(1/1) 13 juillet 2015




End of Fashion : "End of Fashion"

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They a very unique name of their group and so as the kind of music they created. - Dony McGuire

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