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Empyr : "The peaceful riot"
L’empire du vide

lundi 1er septembre 2008, par Marc Lenglet

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C’est parti pour la chronique prévisible de l’année ! Pourquoi chroniquer un tel album, affublé d’un nom ridicule et réalisé par les insupportables musiciens d’une fraction des formations les plus nulles des années 2000, alors qu’il y a plein de choses merveilleuse, importantes, vitales même pour l’avenir de notre espèce qui sortent tous les jours ? Hein, pourquoi ? Je ne sais pas... La perversité sans doute...

Mea maxima culpa, j’avoue : j’avais dit du bien du premier album de Kyo à une époque que je préférerais oublier. Enfin, il serait plus correct d’affirmer que je n’en avais pas dit du mal. Mais je souffrais à l’époque, vous savez. Je mangeais mal. Mes selles arboraient une couleur suspecte. Ca n’allait pas dans ma vie. Merde, d’accord, j’en avais dit du bien, ça va mieux comme ça ? Je pourrais exhumer un millier d’excuses pour me justifier, la plus crédible étant que lorsqu’on est convaincu qu’on va écouter une merde sidérale, la moindre mélodie qui accroche l’oreille engendre immédiatement une satisfaction tout à fait hors de propos. M’enfin,chroniquer du rock alternatif ou du metal plus ou moins renommé et venir affirmer avec aplomb que tout compte fait, Kyo possède certaines qualités équivaut à se pisser accidentellement sur le froc et les pompes juste avant de se pointer à un entretien d’embauche. Empyr est donc un tout jeune super-groupe - mouarf... s’cusez moi - qui regroupe le chanteur et le guitariste de Kyo, le guitariste de Watcha, le bassiste de Pleymo et le batteur de Vegastar, excusez du peu. Etant donné qu’il a fait le pari du rassemblement de talents - hi hi hi... désolé, c’est nerveux - et de la langue anglaise, Empyr sera dès lors jugé avec autant de sévérité que n’importe quel groupe de rock international. Et autant préciser - j’aime le superflu - que ce ne sera pas vraiment à leur avantage.

Nonobstant le chant difficilement tolérable de Benoit Poher, le premier single (New day), mal dégrossi mais potable, laisse l’impression qu’il pourrait finalement y avoir quelque chose à tirer de cet album. Fatale erreur, cette première réalisation d’Empyr est un échec presque total. Il serait trop facile de justifier ce flop par le fait qu’un tel rassemblement de ce que le rock hexagonal ait engendré de pire ne pouvait qu’aboutir à un résultat effroyable. Certains éléments laissaient supposer qu’Empyr avait en main les clés pour réaliser quelque chose qui ne soit évidemment pas révolutionnaire mais qui aurait conservé un certain intérêt dans le contexte « honteux » du rock FM. Par exemple, le titre qui ouvre l’album (God is my lover) surprend par son côté lancinant et sa tension, alors que la logique voudrait qu’un album de ce type s’ouvre sur quelque chose de plus percutant. De même, le fait que Peaceful riot soit parsemé de courts instrumentaux aurait pu donner lieu à quelque chose de sympathique. Quand à la prod’, elle est aussi carré et efficace que celle de n’importe lequel de leurs congénères anglo-saxons. Le problème de Peaceful riot ne nécessite même qu’on ergote sur l’un ou l’autre de ces éléments secondaires : non, le truc, c’est qu’il s’agit tout simplement d’un album chiant à mourir. Ni les éruptions hard, ni les ballades, ni les instrumentaux ne parviennent à susciter la moindre empathie ou le moindre intérêt : tout est plat, morne, dramatiquement sans âme. Même en abaissant drastiquement le niveau d’exigences, jusqu’à atteindre celui où on guette simplement une nouvelle dose de rock alimentaire qui se laissera écouter sans problème deux ou trois fois, il n’y a rien dont on puisse se montrer satisfait.

Le pire, c’est qu’on ne comprend absolument pas l’utilité pour nos bras-cassés de se lancer dans l’aventure de l’album en anglais. Kyo avait au moins l’avantage d’occuper un créneau finalement peu usité en France. Une fois transformé en groupe américain, Empyr s’en retourne à sa nature fondamentalle, celle d’un groupe authentiquement nul qui livre une bouse radio-crochet que seul un individu profondément malveillant a pu se résoudre à produire.



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Marc Lenglet





Il y a 11 contribution(s) au forum.

Empyr : "The peaceful riot"
(1/5) 14 avril 2009, par Anna Rob
Empyr : "The peaceful riot"
(2/5) 12 avril 2009
Empyr : "The peaceful riot"
(3/5) 3 septembre 2008
Empyr : "The peaceful riot"
(4/5) 2 septembre 2008, par Vehau
Empyr : "The peaceful riot"
(5/5) 1er septembre 2008




Empyr : "The peaceful riot"

14 avril 2009, par Anna Rob [retour au début des forums]

Un disque raisonnable.

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Empyr : "The peaceful riot"

12 avril 2009 [retour au début des forums]

"Pourquoi chroniquer un tel album, affublé d’un nom ridicule et réalisé par les insupportables musiciens ?" je me le demande aussi j’adore lire vos critiques mais soyons sérieux, elles ne servent à rien !

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Empyr : "The peaceful riot"

3 septembre 2008 [retour au début des forums]

Kyo et Empyr, ça vaut quoi par rapport à Indochine ? C’est mieux ou moins bien ?

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Empyr : "The peaceful riot"

2 septembre 2008, par Vehau [retour au début des forums]

Marc, tu n’es pas un chroniqueur, mais un affreux suppôt de Satan, tu es vendu Marc Lenglet !!
Derrière ce texte bien construit, caustique, à l’image de ta prose habituelle en quelque sorte, je sens comme une vague odeur de soufre et de compromission.

Car, perfide Marc, moi qui ait voué ma vie et mes oreilles au rock des origines, aux pionniers du metal, aux génies de la guitare, aux virtuoses de la ligne de basse intemporelle, moi qui me considère comme un sujet pur et sain voué à entrer direct au paradis par la grande porte en or massif, j’avoue que...

J’avoue que tu m’as tenté Marc, aaah je pleure des larmes de sang devant cette faiblesse incontrôlable, les portes divines me sont désormais fermées à jamais, car oui, diabolique Lenglet, cette chronique savamment troussée me donne envie d’écouter du "Empyr" !! Et pire qu’"Empyr", la tentation est désormais forte de me trouver dans une quelconque décharge publique une galette moisie de Kyo !
Oh, pas parce que j’en espère du bien, loin de là, mais au moins écouter, pour voir, comme on tente la beuh ou la coke, pour voir,.... voir et succomber.

Vois, toi qui es habité depuis trop longtemps par le Malin, vois où tes chroniques diaboliques me mènent, au bord du gouffre, mes oreilles si fragiles s’en vont griller dans les flammes de l’Enfer, je suis perdu par ta faute, toi la succube maléfique de la zique qui craint, je voudrais te maudire, mais cela te donnerait tant de plaisir, que je ne peux m’y résoudre.
Je succombe à la tentation, je signe le Pacte, encore quelques écoutes désabusées de Tool, Megadeth, Gojira, Moonspell, Dimmu Borgir, Led Zeppelin et autres faiseurs de sons doux à mes oreilles, et je m’en vais te rejoindre au royaume des Ombres, Marc, je quitte cette Terre si douce pour la gloire de Mephisto, et des ses fils déchus, Watcha, Vegastar, Aqme, Kyo, et Empyr...

Je sombre, tu peux t’en féliciter, mais je t’ai découvert, Fils de Rasmus et de la Bonne Charlotte, tes méfaits seront connus du monde entier, j’en fais le serment avant de disparaître, fourbu et anéanti dans les Limbes de la musique Rock Française...

R.I.P.

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Empyr : "The peaceful riot"

1er septembre 2008 [retour au début des forums]

En gros c’est comme Kyo mais Empyr (elle etait facile celle-la)

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    Empyr : "The peaceful riot"

    1er septembre 2008 [retour au début des forums]


    ahahahahaahaha

    la jambe de Rimbaud, de retour à Marseille comme un affreux cargot chargé d’étrons vermeils
    dérive en immondices à travers les égouts la beauté fut assise un soir sur ce genou

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      Empyr : "The peaceful riot"

      2 septembre 2008, par Jazzy [retour au début des forums]


      Je n’ai jamais compris à quoi servait une chronique d’un album dont on sait d’avance qu’il n’intéresse pas le chroniqueur et donc qu’il va le démembrer totalement... Je suis moi même chroniqueur et j’essaie de sélectionner des disques qui paraissent intéressants à chroniquer, dont on ne connaît pas le verdict à l’avance ! Sinon, vous pouvez tenter Tokyo Hotel, ça sera la même chose. C’est pas forcément hyper pro.

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