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Emiliana Torrini : "Fisherman’s woman"
Légende d’automne

mercredi 21 septembre 2005, par Albin Wagener

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Tout le monde est amoureux d’Emiliana Torrini. Si si, je vous assure. Comment résister au charme de cette italo-islandaise adorable et créative, échappée belle du combo Gus Gus ? Comment ne pas courber l’échine devant une voix aussi douce et aussi intimiste ? Comment ne pas tomber en pâmoison devant des chansons aussi sincères ? Si on pouvait avoir un doute, il vient de s’effacer prestement dès la première écoute de ce somptueux Fisherman’s woman, tout en grâce et en sérénité.

Emiliana Torrini essaie ici d’emprunter d’autres chemins et abandonne les pop-songs électroniques de Love in the time of science, son deuxième opus qui avait été à l’époque chapeauté par les productions intelligentes de Roland Orzabal (oui oui, le songwriter de Tears For Fears... comme quoi, tout n’est pas à jeter), qui avait d’ailleurs largement imposé sa patte dans les mélodies et les ambiances des chansons - d’ailleurs, pour ceux qui connaissent bien le duo de Bath, le titre Love in the time of science fait inévitablement penser aux frasques lyriques d’Orzabal. Bref, cette époque est révolue, et voici que notre charmante fée islandaise a décidé de faire dans du Neil Young, façon Harvest moon. Un chef-d’œuvre.

Oui, ici il est question de folk. Comme une sorte de brise légère, bien moins épileptique (et tant mieux) que les univers hystériques de Björk, et bien moins féministe que les histoires acides de Tori Amos, Emiliana Torrini parvient à se draper d’un univers qui lui est propre, et chaque chanson de ce nouvel album semble remplie d’évocations et de clins d’œil rassurés, comme des petites cartes postales existentielles. On sourit devant l’innocence de Snow ("Yes I hope again to live this life, to see you once more before I died"), on se détend en écoutant l’insouciance de Nothing brings me down, et les petits bruits de bois de barque chaloupée sur Lifesaver invitent forcément à aller s’allonger dans un parc, une forêt, ou au bord d’un lac ou d’une rivière, qu’importe. Le grand nord est déjà dans nos têtes, mais c’est le grand nord confortable, celui des feux de cheminée, des grands pulls en laine polaire et des joues rosies par le froid.

Faisons fi des images un moment et essayons sérieusement de nous pencher sur le talent de ce petit bout de femme. Car elle a beau être jolie, des artistes jolies, il y en a des douzaines, ça ne fait pas d’elles des musiciennes talentueuses. Mais voilà, Emiliana, si. Quand on remarque que Today has been OK parvient à rappeler Mark Hollis à notre bon souvenir (il est d’ailleurs facile de rapprocher l’album du chanteur de Talk Talk et ce Fisherman’s Woman), ou que Heart stopper aurait pu figurer sur un album de Stephen Duffy, on ne peut que saluer bien bas les références et les arrangements de la surprenante islandaise. Elle réussit non seulement à amorcer un virage musical dans sa carrière, mais en plus, elle le fait avec une simplicité déconcertante, et cette espèce de naïveté enfantine on ne peut plus honnête. En un album, Emiliana semble dévoiler un monde qui lui est propre, avec des collages d’impressions, des guitares acoustiques, des balais en guise de batterie, des petites notes de folk qui dansent ici ou là, et parfois, un piano léger et discret. Le tout en développant des ambiances propres que l’on ne retrouve nulle part, à l’instar d’une Loreena McKennitt. Il est difficile de trouver les mots justes pour un album aussi humain. Sachez simplement que si en l’écoutant, vous sentez quelques frissons vous parcourir l’échine, c’est tout à fait normal.



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Albin Wagener





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Emiliana Torrini : "Fisherman’s woman"
(1/3) 10 juin 2006, par marion
> Emiliana Torrini : "Fisherman’s woman"
(2/3) 21 septembre 2005, par electric barbarella
> Emiliana Torrini : "Fisherman’s woman"
(3/3) 21 septembre 2005, par tt




Emiliana Torrini : "Fisherman’s woman"

10 juin 2006, par marion [retour au début des forums]

un très bel album, tout en douceur, avec cette voix de petite fille fragile, c’est très agréable, sunnyroad et fisherman’s women sont vraiment de très belles chansons, non vraiment très joli album.

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> Emiliana Torrini : "Fisherman’s woman"

21 septembre 2005, par electric barbarella [retour au début des forums]

Sans oublier sa magnifique reprise de Jacques Brel avec "If You Go Away" (ne me quittes pas)...C’est époustouflant

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> Emiliana Torrini : "Fisherman’s woman"

21 septembre 2005, par tt [retour au début des forums]

C’est juste sublime !

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