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El Barön Brissetti : "Lik’ a dead pony"
Dose de cheval

lundi 8 août 2005, par Albin Wagener

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Ah, Angers ! Son lac, son centre-ville, ses parcs, son club et son milieu musical en pleine ébullition. Depuis l’explosion mondiale des Thugs au début des années 90, la ville n’a cessé d’offrir différents trésors à nos chastes oreilles : du punk-rock le plus décadent au dub musclé en passant par le hip-hop mâtiné d’expérimentations ethniques, la ville est devenue un laboratoire musical à échelle humaine. Mais puisqu’on parle de laboratoire, voilà deux larrons qui en ont bien compris le concept...

Car les deux étranges personnalités derrière El Barön Brissetti partagent un passé musical commun et une longue amitié : tous deux anciens musiciens du combo rock The Drift, puis plus tard de la formation expérimentale Kyu, El Barön (alias Laurent Audouin) et Brissetti (alias Frank Bergère, actuel batteur de Jive Puzzle) livrent avec cette deuxième démo, le fantasque Lik’ a dead pony, un véritable E.P. en bonne et dûe forme. Pour commencer, oubliez les prises de son crades des disques enregistrés dans la cave un soir d’avril ; on a ici affaire à de la production musclée et carrée au possible. Pas étonnant que certains labels lorgnent déjà du côté du duo andégave.

Oui, c’est d’électro qu’il s’agit ici, mais pas de n’importe quelle forme sirupeuse de musique électronique. Pas de techno, pas d’electronica pour bobos parisiens en mal de musique d’ambiance pour leurs apéritifs entre amis : ce que nos deux scientifiques du son ont à offrir, c’est des gros morceaux pour nightclubbers affamés, des machines élevées au grain et des mélodies insaisissables qui ne parviennent pourtant pas à quitter la tête. Jetez une oreille à My poney funk, par exemple : du grand art. Single en puissance, ce morceau parvient à mêler des voix à faire pâlir d’envie nos bon vieux Front 242 et des synthés saccadés à la limite de l’EBM, dans une ambiance surchauffée et moite, pour ne pas dire diablement testostéronée. Difficile de s’ôter ce diable au corps, l’envie irrésistible de sauter dans tous les coins surgit au moindre son inattendu, à la moindre rythmique saccadée. Et si nos deux amateurs de pochettes incongrues ne manquent pas d’humour, ils le montrent de façon plutôt débridée sur le bondissant Ultimate japanese, qui mêle machines en chaleur et samples bien pensés de films japonais sado-maso, bruits de fouets qui claquent en prime.

L’inaugural Smurf of Kika semble quant à lui tout droit sorti des nuits mancuniennes sous acide, et on ne peut s’empêcher de sentir un petit parfum de 808 State, ce qui n’est bien sûr pas pour nous déplaire ; Under arrest semble pour sa part plutôt pencher du côté d’un mélange entre Console et Covenant, avec pourtant une énorme touche d’originalité qui fait sortir la formation angevine du lot des pseudo-électroniciens de comptoir : bref, une véritable bombe à faire verdir de jalousie les deux affreux de Fixmer/McCarthy. Les synthétiseurs sont bruitistes, les nappes ronflantes se calent sur un développement rythmique décidément très atypique. On dirait que Vitalic et Ellen Allien ont enfanté d’une espèce de chérubin terrible et incontrôlable, un monstre à deux têtes qui désirerait faire trembler les clubs de toute l’Europe pour le restant de son existence. Et si c’est le but avéré d’El Barön Brissetti, on ne peut qu’acquiescer et attendre avec impatience l’album à venir.

La démo comprend également trois remixes, qui sont en fait des versions (d)étendues des trois premiers titres du maxi (et qui pour une fois ne sonnent pas comme de véritables bidouillages de seconde zone pour remplir un espace vierge, ce qui est suffisamment rare pour être signalé) ainsi qu’un titre fantôme, le sémillant Autobahn sonic rough mix, sorte de récréation robotisée et motorisée en forme d’extension temporelle quasi-infinie. Pour tendre une oreille à tout ce gros, gros, très gros son et être vous aussi touchés par le virus El Barön Brissetti, rendez-vous sur le site officiel.

Plus d’infos et de musique sur le site officiel d’El Barön Brissetti : http://elbaronbrissetti.free.fr



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Albin Wagener