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Eagles : "Long road out of Eden"
28 years later

dimanche 10 février 2008, par Marc Lenglet

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Ahem... C’était nul, je vous l’accorde mais tant qu’à parler de revenants, autant faire mon André Lamy jusqu’au bout. Après près de trente ans d’absence studio, l’un des plus grands groupes des années 70 - en nombre de disques vendus s’entend - propose un nouvel album. Les reformations de dinosaures sont si fréquentes aujourd’hui qu’on ne s’en émeut même plus, et puis la notion de groupe mythique est toute relative quand on parle des Eagles.

Aujourd’hui, le groupe est connu de tous les Terriens par la grâce d’un unique titre que je ne vous ferai pas l’insulte de citer dans ces colonnes, mais qui a du être diffusé quelques milliards de fois depuis sa sortie, dans les mariages, les soirées scouts, les bals du bourgmestre et les télénovelas péruviennes à petit budget. Les Eagles sont des légendes... de la catégorie de légendes dans laquelle on retrouve aussi Barry Manilow et Neil Diamond. Autrement dit, il s’agit d’une musique authentiquement convenable, à destination des jeunes de 47 à 77 ans : douce, travaillée, plus ou moins sentimentale et propre sur elle. Rien qui s’apparente à la définition communément admise du rock. Est-ce une tare ? Dans le cas présent, peut-être bien.

Pour ce grand retour, les Eagles n’ont pas fait les choses à moitié. Avec vingt chansons étalées sur deux disques, Don Henley, Joe Walsh, Glenn Frey et Timothy Schmidt livrent le fruit de près de trois décennies de brainstorming intensif sur la meilleure façon de conquérir à nouveau le sommet des charts. Et cette stratégie se révèle payante car, en 2007, les Eagles font rigoureusement la même chose qu’en 1975, à savoir du soft-rock langoureux mâtiné de quelques vagues tendances country. Ce que certains esprits chagrins qualifieront - sans doute à raison - de variétoche. De toute façon, les Eagles font partie de ces formations qui suscite tout autant une admiration éperdue chez les uns qu’une hostilité incurable chez les autres. D’un côté, les amateurs d’harmonies vocales, de mélodies délicatement ciselées et de ballades en voiture en direction du soleil couchant. De l’autre, ceux qui prennent comme une offense personnelle le fait qu’ils soient, bon gré mal gré, l’un des symboles des années 70. Pour ma part, je me situe entre les deux tendances. Je ne suis pas plus client que ça mais, a priori, les Eagles ne me dérangent pas le moins du monde. Limite, entre deux groupes de thrash, j’irais même jusqu’à dire que ça me botte bien. Pourtant, Long road out of Eden est remarquablement pénible. Même si on déniche au gré des plages l’une ou l’autre chanson au-dessus de la moyenne, la majeure partie des compositions, tristement convenues, sont à mille lieux de classiques comme Desperado ou Tequila sunrise. Les meilleurs des morceaux les plus rock (Guilty of a crime, Somebody,...) sonnent gentiment surannés, et sans être repoussants, ne sont pas beaucoup plus passionnants.

Tout n’est évidemment pas à jeter sur ce double-album. La très longue chanson-titre, doucement orientale, est loin d’être mauvaise. Même remarque pour Waiting in the weeds, sur le premier disque. On se serait néanmoins largement contenté de ces deux réussites en format poche. Et puis, pour quelques ballades séduisantes, combien faut-il se taper de mièvreries dégoulinantes (What do I do with my heart), de ballades mariachi pour bars à touristes (It’s your world now) et de morceaux rock grabataires ? En fait, c’est le remplissage qui rend Long road out of Eden difficilement supportable. Amputé des deux-tiers, en conservant les meilleures ballades, quelques titres plus relevés et même l’une ou l’autre kitscherie, l’album aurait en fin de compte été tout à fait tolérable. Ce type de complainte mielleuse typiquement seventies, je n’ai vraiment rien contre pour autant qu’elles soit glissée en un ou deux exemplaires sur une compile « Romantic mood » ou « American dream », entre un Toto tout mou et des Carpenters tout endormis. Accompagnée d’une quinzaine de ses clones, on a tout simplement affaire à une nouvelle variante du supplice de la goutte d’eau. Les Eagles ont fait leur temps et ce nouvel album ne s’imposait vraiment pas, tant la caricature de ce qui leur avait ouvert la voie du succès il y a plusieurs siècles est faiblarde et sans éclat.



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Marc Lenglet





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Eagles : "Long road out of Eden"
(1/3) 10 août 2016
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(2/3) 12 mars 2008, par Grosjako
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(3/3) 11 février 2008




Eagles : "Long road out of Eden"

10 août 2016 [retour au début des forums]

Indeed, the band is a legend to the music industry, being one of the greatest musicians of all time. - Mark Zokle

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Eagles : "Long road out of Eden"

12 mars 2008, par Grosjako [retour au début des forums]

Je trouve quand même que le gars qui écrit cela n y va pas avec le dos de la cuiller.Certes cet album n ’apporte pas grand chose à la grande histoire de la rock musique, mais c ’est très agréable à écouter.A l ’époque ou le rap et autres insipidités violentes nous assourdissent les oreilles, c ’est parfois bon d ’entendre quelques mièvreries doucerottes même si et là je suis d ’accord tout n ’est pas génial dans cet album.

Signé : un vieux con de bientôt 54 balais

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Eagles : "Long road out of Eden"

11 février 2008 [retour au début des forums]

bah autant écouter cela que tout ce qui est parait-il nouveau moderne, mais souvent juste des remakes de déjà entendu
il suffit de regarder les meilleurs ventes d’album...
il suffit de regarder les emissions tv

je suis sur que le jour ou il y aura une grande chaîne TV genre classic 21 ça cassera la baraque

la musique actuelle est un fast food sans goût ni saveur, une musique que l’on télécharge et que l’on jette : à usage unique

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