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Dÿlan : "Dÿland"
L’esprit de la forêt

jeudi 14 avril 2005, par Albin Wagener

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Imaginez ce qui aurait pu se passer si Björk et The Notwist avaient décidé de réenregistrer A broken frame de Depeche Mode. Ajoutez à cela une communication bien particulière avec le piano, qui n’est pas sans rappeler Tori Amos. Vous obtenez avec tout cela une combinaison étrange et improbable et pourtant brillamment réussie en la personne de Dÿlan, prodige assez remarquable qui entoure sa personnalité discrète dans un secret qui n’est pas sans rappeler la littérature anglaise du siècle dernier.

Neuf titres, tous autoproduits. Neuf titres qui tiennent absolument tous leurs promesses. Si l’album s’ouvre sur un House of stone très intime, sur lequel on découvre la voix fragile de Dÿlan accompagnée d’un piano d’une simplicité extrêmement inspirée, on bascule très vite dans l’électropop promise. Shell est un morceau qui mériterait de sortir en single : les basses ronflantes sont minimalistes et la rythmique binaire nous engage inlassablement à bouger la tête. Quelque part entre les productions les plus expérimentales de Nine Inch Nails et les explorations étonnantes de Björk, l’électronique s’étoffe et se construit au fur et à mesure du morceau, comme une sorte de petit organisme vivant. Dÿlan y superpose petit à petit sa voix et anime le tout dans une sorte de vaudou synthétique irrésistible.

End of the woods, qui se situe quelque part entre du Oscar Wilde et du Eyeless in Gaza, ou le riche et mystérieux What are you begging for ?, qui rappelle quelque peu les productions de Console ne dérogent pas à la règle et offrent à ce Dÿland une touche d’une réelle originalité. C’est rassurant de ne pas entendre un artiste qui tente de prendre le train électroclash en marche en nous balançant une énième version de la sauce concoctée par Client ou Ladytron. Ici, l’approche des synthétiseurs se fait d’une façon instinctive, presque organique, au service d’une espèce de souffle de vie cellulaire, aveugle et sourd, mais extrêmement percutant - quelque chose que l’on avait par exemple dans le Telekon de Gary Numan, mais c’était il y a bien longtemps...

D’autres titres au piano font de ce Dÿland un pays étrange et plutôt bien ficelé : Wells paraît directement tombé d’un ciel étoilé, égaré dans notre petit monde, et In the belly of a fork regorge de la même émotion intimiste que House of stone, avec peut-être un côté plus désillusionné, encore plus fragile. Mais entre le piano et l’électropop organique, Dÿlan se réserve également le droit de surprendre avec des morceaux bien plus expérimentaux : 02 Doryland est une démonstration de talent sans aucune faille, où les synthétiseurs semblent vouloir se frayer un chemin en remontant le temps, samplés dans une frénésie stellaire. Le scintillant Fire/Work dépeint quant à lui un monde glacé et pâle, presque maladif, mais dans lequel la sensibilité du jeune compositeur est bel et bien perceptible. My Mynde ne déroge pas non plus à la règle, et constitue un titre d’un grand intérêt, tant il arrive à mélanger des ambiances issues semble-t-il tout droit des premiers Human League et un esprit un peu plus médiéval qui n’aurait rien à envier à Dead Can Dance, si toutefois ceux-ci avaient réussi le pari de s’offrir une production à la AS Dragon. La voix de Dÿlan y est toujours aussi douce et délicate, semblant s’entremêler à la musique comme une mince liane dans une forêt.

En somme, une bonne surprise qui reste encore trop peu accessible de par l’aspect peut-être trop discret de son géniteur, mais qui gagne réellement à être plus médiatisée. Une bonne surprise qui nous prouve que la créativité ne repose actuellement pas uniquement sur une resucée criminelle des années 80. On souhaite rapidement à ce jeune homme de trouver un label digne de son talent...

Plus de détails sur le site de Dÿlan.



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Albin Wagener





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Dÿlan : "Dÿland"
(1/1) 8 octobre 2015




Dÿlan : "Dÿland"

8 octobre 2015 [retour au début des forums]

His song tracks have been a hit. He is one of the recognizable singer in his time. - Green Water Technologies

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