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Dragons : "Here are the roses"
Courageux et téméraires

mercredi 5 décembre 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Il faut beaucoup de courage pour sortir un disque comme ça, aujourd’hui. Beaucoup de courage, car c’est prendre le risque de se faire carrément allumer et foutre au pilori. Prendre le risque de se faire comparer à Interpol, aux Editors et autres tristes sires du rock moderne. Prendre le risque de surfer sur une vague, en faisant naître chez le public un sentiment de méfiance, voire de moquerie.

Ce disque est somptueux de bout en bout, mais il passera sans doute tout à fait inaperçu car il sort dans un contexte musical déjà saturé de références du genre, et que les auditeurs potentiels se seront déjà farcis ras-la-gueule de She Wants Revenge et autres avatars du genre. Les années 80, on les a tous sentis passer, du film Control à la réédition des albums de Joy Division, entre autres. Alors qu’est-ce que veulent venir prouver Anthony Tombling Jr. et son comparse David Francolini (batteur de Strangelove et surtout Dark Star) ? Rien. Rien, car ces musiciens ont déjà une petite carrière derrière eux, et qu’ils souhaitaient simplement mettre en musique leurs influences musicales les plus chères.

Alors contrairement à ce qu’on peut penser, l’album ne se base pas du tout sur les références qu’on nous sert à chaque fois que l’on évoque les groupes précités. Personnellement, ici, mes esgourdes reconnaissent plutôt du Bauhaus, du The Cult, voire carrément du Sisters Of Mercy. Là-dessus, Tombling Jr. et Francolini parviennent à brouiller les codes et à ne pas tomber dans les travers de leurs confrères. Les morceaux rugueux et incisifs ne manquent pas sur cet album : Condition (qui ne fait aucun compromis), le très torturé Obedience, qui semble sur le point d’imploser à chaque coup de caisse claire. Alors qu’à côté de cela, la délicieuse urgence d’Epiphany bouscule les codes vers un rock plus explosifs, plus lumineux, tout en restant plus froid également.

Seule la ballade Lonely tonight, pourtant tout à fait honorable, rappelle très franchement Interpol. Pour le reste, on se retrouve devant une interprétation tout à fait libre et inventive du post-punk et de tout ce qui en a découlé, il y a de cela plus de vingt-cinq ans. Et ce n’est pas non plus un hasard si l’album se termine sur un Forever glacial et éthéré comme un morceau des premiers albums de Eyeless In Gaza. Quant au charismatique Tombling Jr., il parvient à imposer un style vocal bien à lui, sans pour autant se vautrer dans les affreux clichés du genre. En espérant que cet effort ne reste pas lettre morte et que Dragons sortira plus d’un album malheureusement trop méconnu, je ne peux que saluer avec enthousiasme la parution de ce disque et de son parfum finalement assez rafraîchissant, malgré tout ce que les mauvaises langues voudront bien en dire.



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Clarisse de Saint-Ange