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Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"
La charge de la brigade légère

vendredi 4 août 2006, par Marc Lenglet

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Aidez moi à me rafraîchir la mémoire : il a été proclamé "plus grand album de rock de l’Histoire" à un moment ou à un autre par le NME, celui-ci ? Parce que la dernière fois que j’ai écouté une "révélation historique" parce qu’elle était une "révélation historique", c’était Bloc Party et bien mal m’en a pris. Donc, après Dirty Pete, le moins libertin des Libertines a accouché à son tour cette année de son premier-né en solo.

Evidemment, il est très tentant de comparer ce premier effort de Carl Barât à Down in Albion des Babyshambles de son ex compagnon de débauche Pete Doherty. Comme il n’est pas dans mes habitudes de résister à mes pulsions et que cette chronique ne me passionne déjà pas plus que ça, autant emprunter les chemins de traverse.

Le fond ? Du rock, très énergique la plupart du temps, qui rend un hommage appuyé à la musique punk la plus basique. Parfois, le rythme s’apaise légèrement et parfois, il se teinte de quelques sympathiques influences exogènes. Dans les deux cas, l’impact est direct, les chansons ne tournent guère en rond et les Dirty Pretty Things adoptent une attitude plus rentre-dedans que les Babyshambles, qui semblaient souvent plongés dans une semi-léthargie alcoolisée. De loin en loin, on note distraitement l’apparition fugace d’un léger esprit Kinks, parfois même celle d’une vague effluve de Blur lorsqu’ils faisaient encore du bon boulot. A cet égard, le titre de l’album est assez parlant : les Dirty Pretty Things avaient dans l’idée de composer quelque chose de très British, tout à la fois un peu arrogant, un peu dandy et un peu morveux. Pour être franc, l’album laisse l’impression d’un bricolage adroit, avec des influences et des idées piquées à gauche et à droite de manière parfois très voyante (Dealers & doctors, pour ne citer que lui, ressemble furieusement à Whiskey in the jar). Rien de criminel en soi ceci dit, il est inutile de perdre son temps à essayer de déterminer qui pompe sur qui de nos jours. Et puis, tant que ça reste agréable à écouter...

Pourtant, les Babyshambles avaient beau être bancals et éprouver de sérieuses difficultés à écrire un morceau convenable, on remarquait chez eux un style, une attitude, une manière d’aborder la musique qui les différenciait de la horde de leur contemporains. Quelque chose d’authentiquement déglingué et cradingue, et une foultitude de détails qui leur permettaient de convaincre le monde entier de leur total succès dans l’accomplissement de leurs ambitions personnelles (à savoir s’écrouler dans le caniveau, la guitare dans une main et la pute à 10 £ dans l’autre).

Visiblement, les Dirty Pretty Things tentent de jouer dans le même créneau, à savoir de la musique de p’tit rebelle pré-pubère. Sauf que là où Doherty et sa musique soignent, peut-être même pas volontairement, leur cachet sous-prolétaire, Bârat a mis les petits plats dans les grands : travail soigné, production léchée, chansons prévisibles à la durée de vie assez incertaine... Ce relatif conformisme au cahier de charges du rock de charts empêche Carl Bârat de s’imposer comme un outsider ou une révélation et condamne le premier album de son nouveau groupe à n’intéresser le public que le temps qu’un autre clone garage-rock sorte le sien. N’allez pas croire que les Dirty Pretty Things en deviennent déplaisants pour autant. Quelques morceaux bien sautillants se hissent hors du lot (Deadwood, Bang Bang you’re dead, et le reste n’est pas foncièrement désagréable à écouter. Mais les Dirty Pretty Things restent avant tout un groupe de rock britannique. Un de plus...



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Marc Lenglet





Il y a 13 contribution(s) au forum.

Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"
(1/6) 1er septembre 2006, par baron
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(2/6) 7 août 2006
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(4/6) 4 août 2006, par Sentenza
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(5/6) 4 août 2006, par singe rieur
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(6/6) 4 août 2006, par Thor




Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

1er septembre 2006, par baron [retour au début des forums]

" Visiblement, les Dirty Pretty Things tentent de jouer dans le même créneau, à savoir de la musique de p’tit rebelle pré-pubère "

qu’est ce que c’est que ces insultes en carton ???

bref , un des meilleurs albums de l’année avec "first impressions of earth " des Strokes

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    Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

    1er septembre 2006, par Marc Lenglet [retour au début des forums]


    Hum...ça, c’est du développement ! Rassurez vous, je n’en veux pas spécialement aux DPT...du reste, je fous tous les groupes de rock dans le même sac, des Babyshambles à Slayer. Je n’ai pas l’impression que "révolte" et "rock" fassent encore bon ménage aujourd’hui. Le genre est beaucoup trop installé dans ses pénates et la société beaucoup trop indifférente vis à vis de ses composantes pour qu"il puisse véhiculer un quelconque sentiment de marginalité...

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Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

7 août 2006 [retour au début des forums]

Moi je dirai plutôt un de trop.

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Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

5 août 2006 [retour au début des forums]

Mon album de l’année, c’est dit !!! Génialissime, le troisième album qu’auraient pu faire les géniaux libertines. Je pense que parmi tous ces albums anglais sortis cette année DPT s’impose comme le meilleur. Les mélodies sont variées, énergiques, les textes pas mal du tout. J’adore ce groupe, un véritable coup de foudre. Cet album a tout a fait sa place à coté de ceux des libertines. Moins innovant certes mais plus abouti. C’est la qu’on voit qu’en matière de génie, Barat n’a pas grand chose à envier au Doherty des grands jours. En plus, dire que c’est un projet solo de Barat en vraiment inexact, il est quand meme accompagné de Powell (batteur des libertines) Rossomando (qui a fait partie des libertines pendant un bon moment), quant à Didz Hammond (Cooper’s temple) il est loin d’être mauvais. Pour la première fois j’ai l’impression que Pop rock a été tres influencé. Mais peut être est-ce juste une question de gout. Je tiens à préciser que j’en ai parlé avec beaucoup d’amis qui sont du même avis que moi, et je peux vous garantir qu’on est pas particulièrement fan de cette marée de rock sautillant agréable mais sans ambition. Enfin, c’est ça qui est génial avec pop rock, on peut donner une autre vue d’un album sans être censuré. Et donc je ne m’en prive pas. Cet album est génial et sort très nettement du lot.

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    Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

    6 août 2006, par Thor [retour au début des forums]


    je suis assez d’accord ... sauf que je trouve que oser nous refiler un album pop-rock sautillant et agréable pour l’instant ça tient de l’exercice de style assez improbable et réussi tout de même par certain ;-)
    meeeerci bloc party, maximo park, kaiser chiefs et ne vous déplaise Arctic Mo...
    Un à sortir cette année ... ok je vote DPT (avec le dernier opus des Strokes)

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    Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

    6 août 2006, par arsouille [retour au début des forums]


    C’est vrai que détailler le line-up prestigieux du groupe n’aurait pas été un crime...

    Vous n’avez pas le livret ?

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      Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

      6 août 2006 [retour au début des forums]


      C’est une obligation dans toutes les chroniques ? Tu veux quoi d’autre ? L’âge des parents des musiciens et leurs mensurations ?

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        Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

        6 août 2006 [retour au début des forums]


        Sois pas con, je voulais simplement souligner que ce n’est pas un album de Carl Barat avec trois figurants mais avec trois musiciens accomplis. Dirty pretty things, c’est trois cinquième des libertines. Il manque le bassiste qui a été, je l’ai dit, avantageusement remplacé et Doherty. J’admet que sa présence donnait du génie aux libertines mais il n’était pas seul et Barat était également très impliqué dans la création des chansons. Et on l’a vu, Pete Doherty en solo (les autres membres du groupe tous recrutés chez SOS drogues sont, eux de vrais figurants), ca a donné un album étrange avec quelque chose d’indéniablement original mais sans le génie des libertines. Je continuerai à rester un accro inconditionnel de ce groupe. Mais, en leur absence, DPT est ce qui se fait de mieu en punk actuellement. Posez vous une simple question, quand pour la dernière fois avez vous entendu un groupe punk dont toute les chansons ne se ressemblent pas et ont chacunes une identité propre ?

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Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

4 août 2006, par Sentenza [retour au début des forums]

Salut à vous !

Juste pour savoir, avez vous égaré "Black holes and revelations" ? C’est l’album d’un trio talentueux venu d’Angleterre, vous savez de qui je parle ? Mais si, ils avaient sorti "Absolution " en 2003 et aussi "Origin of symetry" et encore "Showbiz".........

Bon ok je me tais et je sors !

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Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

4 août 2006, par singe rieur  [retour au début des forums]

Album agréable à écouter, quelques bonnes mélodies, une bonne énergie mais le gros problème vient de la production trop lisse... Bref sympa mais on s’en lasse tout de même assez vite. Evidemment pour moi le jugement est biaisé, étant donné que j’avais bien accroché sur up the bracket des libertines à l’époque, et n’ayant pas trop accroché sur babyshambles, je mettais beaucoup (trop ?) d’espoir sur cet album de dirty pretty things... Par contre en live c’est beaucoup mieux, j’avais bien accroché sans non plus crier au génie...

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Dirty Pretty Things : "Waterloo to anywhere"

4 août 2006, par Thor [retour au début des forums]

En effet, Carl Barat n’invente sans doute pas grand chose avec cet album. Mais je trouve qu’il reste néanmoins très efficace, agréable a écouter. Le disque ne se perd pas en conjonctures inutiles, en chansons trop longues, lassantes et pompeuses.
Donc juste un disque qui, en effet, ne marquera pas l’histoire de la Musique, mais que je prend toujours plaisir à écouter.

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