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Dial : "Synchronized"
Coup de foudre !

lundi 21 avril 2008, par Geoffroy Bodart

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C’est scandaleux ! Vous aviez déjà Daniel Gildenlöw, leader de Pain of Salvation, qui ne cesse de faire état, d’album en album, de l’immensité de son talent. Auteur, compositeur, guitariste, bassiste, et surtout chanteur d’exception, on aurait pu penser qu’un tel talent, ça tombe comme ça, du ciel, par hasard. Ben non, c’est de famille. Preuve avec cet album du frangin Gildenlöw, Kristoffer qui, non content d’écrire, composer et chanter, prend encore le temps de tenir la guitare, la basse, le piano et la mandoline. Scandaleux, qu’on vous dit.

Une fois marié avec sa jolie hollandaise de bassiste et chanteuse, Liselotte Hegt, et après lui avoir fait un bébé, le Suédois s’est montré beaucoup moins disponible pour Pain of Salvation, ce qui lui a valu une éviction que les membres restant ont considéré comme amiable, mais qui a laissé au principal intéressé un goût un peu plus amer. Mais plutôt que de ressasser cette désagréable issue à la formidable aventure vécue au sein du groupe de metal prog, Kristoffer a préféré retourner la situation à son avantage et multiplier les projets. Si on l’a récemment vu tenir la quatre-cordes sur le Grave human genuine de Dark Suns, c’est avec Dial qu’il a vraiment pu prendre son envol et laisser s’exprimer une créativité qui était tenue en laisse alors qu’il officiait avec son frangin.

Dial est dès lors composé, outre certains musiciens de session, de Kristoffer, de son épouse et du guitariste Rommert Van Der Meer. Le moins que l’on puisse dire est que la mayonnaise semble avoir pris, puisque Synchronized n’est rien de moins qu’un des plus beaux albums de rock atmosphérique de ces derniers moins (ces dernières années ?).

Avant la déclaration d’amour en bonne et due forme et l’avalanche de commentaires dithyrambiques, jouons le jeu honnêtement et avouons, dans un grand élan d’objectivité, les quelques défauts qui pourraient être émis à l’encontre de ce disque. Tout d’abord, et c’est inévitable quand on réunit des artistes aux sensibilités musicales si différentes, certaines influences, certaines approches ont tendance à s’entrechoquer, laissant à certains tristes sires l’impression que l’album manque d’homogénéité. Enfin, sur les onze morceaux du disque, il y en a deux ou trois qui n’atteignent pas l’extraordinaire niveau imposé par les autres chansons.

Voilà. Passons désormais aux raisons qui font que, une fois la lecture de cette chronique terminée, vous n’aurez d’autre choix, pour peu que vous soyez sensible au genre pratiqué par Dial, que de foncer sur leur page MySpace.

Première raison : Beautiful, qui ouvre l’album. La chanson est carrée, assez simple, avec une bonne grosse guitare qui dépote, mais elle vaut surtout par son refrain carrément addictif qui démontre l’énorme influence de Kate Bush sur le chant de Liselotte. Autre raison : Green knees. Alors là, on touche au sublime, rien de moins. La chanson n’est pas sans rappeler la puissance émotionnelle que peut dégager Pain of Salvation sur ses chansons les plus calmes comme Pledge (this heart of mine) (sur l’album Remedy lane). Le chant de Kristoffer atteint des sommets et la construction de la chanson fait grimper la tension tout le long de ses fantastiques six minutes. Hello et Points of view, ensuite, utilisent parfaitement la complémentarité des deux vocalistes au-travers d’échanges sur fond de musique enivrante et hypnotique. Wish it away s’impose dans le registre « haine de soi », avec un refrain et une mélodie au piano à chialer. Un morceau qui aurait pu être composé par Anathema, tout comme l’éthéré Synchronized. Et enfin, après ces trois quarts d’heure déjà riches en plaisir et en émotion, le groupe enfonce le clou avec LA chanson, LA perle, CE putain de morceau qui vous manquait dans votre vie : Childhood dreams. Huit minutes durant lesquelles plus rien n’a d’importance. Une première partie métronomique, guidée par des arpèges simples et envoûtants et les spoken words de Kristoffer, vient ensuite un break au piano avant que la guitare électrique ne s’envole dans un solo époustouflant que seul un chant transcendé parvient à interrompre. Pink Floyd est vraiment tout près...

Hé ben quoi ? Vous n’êtes pas encore sur leur Myspace ?



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Geoffroy Bodart





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Dial : "Synchronized"
(1/2) 21 avril 2008
Dial : "Synchronized"
(2/2) 21 avril 2008, par Rens




Dial : "Synchronized"

21 avril 2008 [retour au début des forums]

Votre sous-titre, et tout le coeur et toute la raison que vous y mettez pour l’étayer me donnent des envies plus radicales que MySpace, côté connecting people. Je reviendrai geindre si vous m’avez fait prendre des risques pour rien, Bodart (vous savez qu’il n’y a plus de Geoffroy qui tienne entre nous), mais d’avance merci beaucoup.

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Dial : "Synchronized"

21 avril 2008, par Rens [retour au début des forums]

Pas mal certes, mais quand même vachement cliché "métal-prog".

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    Dial : "Synchronized"

    21 avril 2008, par Geoffroy Bodart [retour au début des forums]


    Si on le compare à du Symphony X, du Dream Theater, ou même à du Pain of Salvation, je trouve que cet album n’a pas grand chose de metal (juste quelques refrains appuyés à la grosse guitare), ni de prog (pas de démonstration technique, ni de solo supersonique, ni de construction alambiquée des chansons).

    Mais bon, les étiquettes...

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      Dial : "Synchronized"

      21 avril 2008, par Rens [retour au début des forums]


      C’est surtout les quelques gros sons de guitares, et le coté théatral qui se dégage des compos qui m’ont fait pensé ça et, je l’avoue, les cheveux des musiciens ! :-D

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