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Death in June : "The rule of thirds"
It’s only dark folk, baby

samedi 30 août 2008, par Marc Lenglet

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On connaissait les formations qui composent d’excellentes chansons sans se fatiguer mais échouent à proposer un album vraiment convaincant (Blur est un parfait représentant de cette tendance, avec ses formidables singles et ses albums merdiques). Plus rares sont celles qui accumulent les chansons sans grand intérêt mais qui, au terme de l’album, forcent l’auditeur à reconnaître qu’il a été profondément interpellé par ce qu’il a entendu, comme s’il s’agissait de prouver que la totalité est largement supérieure à la somme des parties. C’est un peu la configuration présentée par le dernier album de Death in June, dont l’objectif n’est certainement pas de plaire ou de faire rêver le pékin qui tombera dessus par hasard, mais de susciter le malaise et l’inquiétude chez l’auditeur qui fera l’effort de se plonger sans a priori au coeur de The rule of thirds.

Peu de groupes peuvent se targuer de posséder une réputation aussi sulfureuse que Death in June. Imaginez une formation tournée vers l’ésotérisme qui professe son admiration à la fois pour Joy Division, Jean Genêt, Friedrich Nietzche ou Yukio Mishima, ne fait aucun mystère de sa fascination pour l’imagerie et les thématiques nazies (et l’évoque d’ailleurs abondamment dans son œuvre) mais dont le leader, homosexuel flamboyant, a toujours manifesté une forte sympathie à l’égard d’Israël et provient à l’origine de la scène punk anti-fasciste. Rien de simple avec Death in June donc... Et tant pis pour ceux qui adorent mettre les choses et les gens dans de petites cases. Dernière constatation digne d’intérêt : en dépit de son aura inquiétante, Death in June ne donne pas dans le punk militant, le metal satanique ou les expérimentations bizarroïdes mais tout simplement dans le folk. Ou plutôt le dark folk, qui est aux gentilles comptines pour hippies attardés ce que le Requiem de Mozart est aux Quatre Saisons de Vivaldi.

Plutôt que de renouer avec les quelques audaces passées, Douglas Pearce est revenu à une définition stricte du dark folk. The Rule of thirds est un album dépouillé... Non, squelettique serait un terme plus adéquat... Un album constitué d’accords acoustiques lancinants, d’une poignée d’arrangements bruitistes qui se comptent sur les doigts d’une seule main et du chant polaire de Pearce, dévoilant ses visions mystiques avec un mélange d’indifférence et de cynisme amusé. Plus déstabilisant, The rule of thirds ne renferme aucune notion communément admise de "mélodie réussie". Aucun titre ne marque les esprits. A proprement parler, aucun morceau n’est même agréable à écouter et on ne retient de cet album que le poids qu’il fait peser sur l’auditeur au fur et à mesure que ces comptines sépulcrales se succèdent. Et de ce point de vue, on ne peut nier que Death in June parvienne à ses fins au terme de l’album : une atmosphère malsaine et suffocante, qui semble communiquer directement à une quelconque zone enfouie du cerveau humain, s’est insidieusement instaurée. Rares sont les œuvres à parvenir à créer quelque chose d’aussi homogène, et à convaincre du bien-fondé de sa démarche tout en ne consentant pas au moindre effort pour séduire l’auditeur. Etrange groupe, étrange album, mais à découvrir sans hésiter si ce n’est déjà fait. Avec le détachement nécessaire pour conserver sa santé mentale.



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Marc Lenglet





Il y a 23 contribution(s) au forum.

Death in June : "The rule of thirds"
(1/1) 30 août 2008, par fan de Marc L’Anglais




Death in June : "The rule of thirds"

30 août 2008, par fan de Marc L’Anglais [retour au début des forums]

Mais c’est quoi tous ces groupes qui me sont totalement inconnus ? Faut vraiment avoir une culture underground pour y comprendre quelquechose ici. D’ailleurs ce site ne parle jamais de musique française, que de la musique anglo-saxonne qui fait ch...

1 seul album de Miossec chroniqué, 1 seul de Thiéfaine, 1 seul de Manset, Murat, et pire que ça : absolument rien sur Alain Bashung !!! vous devriez carrément écrire vos chroniques en anglais

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