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Danko Jones : "Sleep is the enemy"
Let me entertain you

jeudi 6 avril 2006, par Marc Lenglet

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Il collectionne voracement tous les disques possibles, écoute tout ce qu’il peut dans tous les registres, anime sa propre émission de radio en Suède et mène une vie rigoureusement saine, à l’encontre de tous les clichés du rock’n’roll. Et pourtant, sitôt qu’on lui abandonne une guitare entre les pattes, le Canadien Danko Jones oublie toute sa culture encyclopédique et ne sait rien faire d’autre que de jouer un rock’n’roll aussi minimaliste que dévastateur qui passe en revue les pires clichés thématiques du genre. Simple, concis, sans chichis et aussi radical qu’un Imodium un lendemain de cuite.

J’avais entendu Danko Jones hurler au loin sur la scène d’un festival flamand voici quelques années et c’était à peu près tout. Tout au plus avais-je ouï dire que, tout débarqué de fraîche date dans le métier qu’il soit, le jeune homme se faisait déjà remarquer par des prestations scéniques particulièrement explosives. De quoi saliver à l’idée de découvrir le nouvel album de ce jeune musicos plein de verve. Dès les premières notes de Sticky situation, je pensai immédiatement « AC/DC » ! Pourtant, Danko Jones n’a que peu à voir avec AC/DC. Là où Brian Johnson hurle ses imprécations suraiguës et râpeuses, Danko semble plutôt les scander, détachant nettement les syllabes d’une grosse voix claire. Là où les excès en tous genre ont donné aux Ecossais en exil l’air d’avoir le double ou le triple de leur âge, Danko affirme fièrement se tenir à l’écart des substances nocives. Là où AC/DC ne peut faire autrement que de rappeler à chaque note ses racines blues, Danko Jones officie plutôt dans un style très simple et dépouillé, vaguement liés au punk, avec quelques réminiscences de Kiss et autres groupes de purs entertainers du passé sans désirs particuliers de reconnaissance artistique.

Par contre, là où la comparaison a davantage de raison d’être, c’est au niveau de l’effet induit par l’écoute de... disons douze secondes de Danko Jones. Dans les deux cas, la rythmique, les riffs, les mélodies, tout est extraordinairement simple. Il y a du refus forcené de la complexité là-dessous. Et bien entendu, tout est monstrueusement efficace, au point qu’il faudrait réellement être un pisse-vinaigre fini pour ne pas se mettre à headbanguer au rythme de ces bombes sonores festives en diable !

Le garçon ne fait pas vraiment dans la subtilité, c’est vrai. D’ailleurs, il n’y a rien à déceler de formateur ou de culturel dans les compositions de Danko Jones, si ce n’est de vaseuses considérations sur la meilleure méthode pour emballer une meuf. Très AC/DC une fois de plus ça, tiens... Et, plus clairement que jamais, on se fout de savoir si une fille Kiss on a first date, si Everybody wants to fall in love ou si Baby hates me... aussi longtemps que ça fasse fumer les tympans martyrisés et inverse les hémisphères cérébraux ! Hormis The Darkness dans un registre volontairement grotesque, cela faisait bien longtemps que je n’avais pas eu droit à un album à l’impact aussi immédiat. C’est très court, pas forcément relevé, ça ne marquera vraisemblablement pas son époque mais en attendant, qu’est ce que ç’est bon !



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Marc Lenglet