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D.A.D : "Monster Philosophy"
Pourquoi se prendre la tête quand on peut prendre sa guitare ?

vendredi 17 juillet 2009, par Albin Wagener

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Les Danois de D.A.D. s’appelaient originellement Disneyland After Dark, mais le nom du groupe dut être acronymisé en raison d’une dispute avec Mickey, qui supportait mal qu’un groupe de métal ironique se joue de l’image de la firme américaine, celle qui vent du rêve, pas du cauchemar. Pourtant, outre cette provocation notoire, D.A.D. a depuis belle lurette troqué ses guitares qui crachent contre un rock plus mélodieux et plus radiophonique.

D’une certaine manière, on pourrait soutenir que D.A.D. se situe quelque part entre l’ironie mordante de Type O Negative et la flambe facile d’Aerosmith, avec un peu plus de mélodies et un esprit scandinave qui fleure bon la Tuborg. En gros, ceux qui veulent de la musique prise de tête, des expérimentations arty et du minimalisme architectural devront passer leur chemin, et fissa ! Car pour un groupe qui a maintenant bientôt vingt-cinq ans de carrière derrière lui, il s’agit surtout de respecter un certain canon et un style qui a valu à D.A.D. un succès bien au-delà des frontières danoises. Et malgré quelques faiblesses, cet album recèle tout de même de véritables petites perles suantes, comme ce Chainsaw qui forcerait même l’admiration d’Alice Cooper.

Si cet album est loin d’être un coup de pied dans la fourmilière bien huilée du rock, on peut vraiment dire qu’il est rafraîchissant. Tout y est représenté : les ballades plus ou moins folk, très scandinaves (Money always takes the place of life, Land of milk and honey, If I succeed), mais également de la pop-rock bien tronchée aux refrains instantanés (Too deep for me, You won’t change) et les brûlots traditionnels du rock pour durs (Nightmares in the daytime, You had a head, Monster philosophy). En gros, il y en aura pour tous les goûts, et les amateurs de rock en général ne pourront pas se plaindre du manque de représentation de tel ou tel exercice de style emblématique du genre. Cet album, le dixième du groupe, respire le classicisme - dans le bon sens du terme, toutefois.

En revanche, inutile d’y chercher des messages sérieux ou de l’inventivité. La qualité de cet album (son côté hyper-conventionnel qui fait parfois du bien) est également son pire défaut, puisqu’on dispose ici d’un rock déjà souverainement entendu des dizaines de milliers de fois, y compris dans la discographie même de D.A.D. Bien que l’album possède une homogénéité plutôt abordable, on peut déplorer le manque de prise de risque. Car même si D.A.D. donne dans un style bien précis, on se souvient de quelques concurrents qui sont toutefois nettement moins frileux dans leur déclinaison du heavy-rock (on pense notamment à Eagles Of Death Metal). D.A.D. est avant tout un monument du rock danois, et doit surtout être écouté dans ce sens. Mais n’oublions pas tout de même qu’ils réussissent à pondre de putains de bonnes chansons !



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Albin Wagener





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D.A.D : "Monster Philosophy"
(1/1) 30 juin 2016




D.A.D : "Monster Philosophy"

30 juin 2016 [retour au début des forums]

They have their own signature kind of rock music. It was as perfect as the others, but it was unique after all. - thereviewsolution.com

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