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Cowboy Junkies : "At the end of paths taken"
Mélange des genres

samedi 5 mai 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Une chose est certaine : les Cowboy Junkies n’ont plus rien à prouver à personne. Avec une carrière qui s’étend désormais sur trois décennies et un folk/rock qui a subi pas mal d’évolutions et d’expérimentations diverses, les quatre Canadiens (ou devrais-je plutôt dire la famille Timmins) n’ont plus rien à envier aux autres pontes du genre. C’est dans cet état d’esprit que nos comparses livrent cet album à la fois urbain et intime, qui devient instantanément attachant.

Bien évidemment, on ne vas pas écouter les Cowboy Junkies pour leur avant-gardisme musical. Ne cherchez pas de complications ou de rock barré, on n’est pas là pour enculer les mouches ou monter sa mayonnaise cültürelle. Les Cowboy Junkies fournissent simplement des chansons vraies, authentiques, à la croisée parfois de The Beautiful South et de Neil Young. Des influences ou des collègues du même ordre, on pourrait en trouver encore plein d’autres, mais l’essentiel, c’est que les compositions de la famille Timmins restent uniques et leur son particulièrement distinct. C’est ainsi qu’après deux morceaux folk, à savoir le magnifique Brand new world et son évolution terminant sur une section de cordes, et le très simple Still lost, typiquement nord-américain, on parvient à se vautrer dans un morceau bien plus sale et bien plus poussiéreux : Cutting board blues. C’est là typiquement la force de ce groupe de Toronto : pouvoir passer avec une déconcertante facilité d’un genre à un autre, des ballades au rock acéré, du blues à la pop.

Dans tous les cas de figure, ce qui m’a immédiatement séduite dans cet album, c’est justement cette approche ecléctique et diablement alléchante. On peut ainsi se promener dans le jazz urbain de It really doesn’t matter anyway puis se perdre dans le récital atypique et torturé de Mountain, finalement bien plus proche de certains morceaux de trip-hop. Bref, il y en a pour tous les goûts. Les fans d’Everything But The Girl pourront même faire leur beurre d’un morceau comme Someday soon. Pour ma part, j’aime véritablement cette alternance parfaitement maîtrisée entre guitares acoustiques, piano, saturations sinueuses et instrumentations orchestrales. Je me retrouve parfaitement dans cette multitude qui parvient en fait à voyager à travers toutes les émotions possibles de l’auditeur, procurant des sensations à la fois uniques, intimes et universelles.

Pour tous ceux qui connaissent les villes nord-américaines, qui connaissent New York ou Toronto par exemple, cet album vous rappellera sans doute d’excellents souvenirs et vous donnera immanquablement l’envie d’y retourner pour vous en fabriquer de nouveaux (des souvenirs, bien sûr). Pour ceux qui restent insensibles à ce style de musique et à ces contrées urbaines, alors bien évidemment, cet album n’évoquera rien d’autre qu’une sorte de soupe trop entendue juste bonne à servir de bande-son à quelques séries pour ados. C’est sans doute une question de culture, d’appréciation musicale ou de point de vue, mais qu’importe, puisque c’est le cas pour tous les disques que l’on écoute. De mon côté, j’ai fait mon choix en tout cas : la prochaine fois que je traverserai l’Atlantique, ce sera avec cet album dans les oreilles.



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Clarisse de Saint-Ange