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Covenant : "United States of mind" Trio de tête dimanche 30 juillet 2006, par |
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Véritables chaînons manquants entre Kraftwerk et Front 242, les Suédois de Covenant avaient offert quelques albums industriels et mécaniques depuis la première moitié des années 90. Alliée des machines les plus improbables, leur musique a réussi depuis Europa à se loger dans une niche absolument inexplorée. Comme les chantres d’une musique électronique artisanale et robotique, Joakim Montelius, Clas Nachmanson et Eskil Simonsson ont réussi à s’assurer un succès planétaire et même le respect de leurs aînés.
Si l’album - sorti en 2000 - s’ouvre sur l’anthémique Like tears in rain (que Covenant avait par ailleurs sorti en Allemagne sous le titre Der Leiermann, single très efficace et véritable bombe pour dancefloors teutons), sorte de marche engagée et martelée par les boîtes à rythmes, les expérimentations ne tardent pas à se faire jour tout au long de ce globalisateur United States of mind, tout en acheminant des mélodies plus faciles à retenir qu’à l’accoutumée. Si l’énigmatique Eskil Simonsson au faciès d’humanoïde extraterrestre et sa bande n’hésitent pas à emprunter des mélopées bien pensées à la pop pour transformer leurs morceaux très particuliers en véritable contagion auditive, ceux-ci ne perdent pourtant rien de leur verve originelle. On trouve bien des titres aériens et très étrangers aux canons du genre, comme No man’s land ou le solitaire et rude Helicopter, et sur Unforgiven, Covenant introduit même de la drum’n’bass tout en la rendant glacée à souhait. Pour parler d’expérimentation, n’oublions pas le très ironique You can make your own music, piste silencieuse et humoristiquement interactive, mais il y a également One world one sky, morceau apparemment technoïde qui ne met pourtant pas longtemps à montrer ses trésors électroniques froids et hachés. Outre ces différentes pièces maîtresses, United States of mind renferme également de véritables tubes en puissance (il n’y a pas d’autre mots) que les nightclubbers en mal de musique cybernétique devraient apprécier sans trop sourciller : l’éminent Tour de force, qui porte bien son nom et insuffle immédiatement à son auditeur une énergie incroyable, grâce à ses beats semblables à des secousses telluriques. Mais il y a également Dead stars, exercice de style plus classique, qui aurait sans doute gagné à se draper de quelques évolutions sonores plus insolentes. D’autres titres présentent un volet plus calme et plus posé, mais également plus abstrait, des ambitions sonores du trio viking. Afterhours et Humility semblent ainsi s’inspirer d’une mélancolie hivernale presque déshumanisée, tant les machines y paraissent lointaines et insensibles tout en se baignant dans une sérénité presque maladive, mais la palme du genre revient sans doute au désertique Still life. Cette sérénade esseulée et lunaire clôt l’album dans un flot de nappes minimalistes, sans autre forme de procès, avec la voix d’Eskil pour seule échappatoire. Une sorte de grande torpeur cynique et lustrée, qui démontre une fois de plus que Covenant a la ressource nécessaire pour à la fois innover sur tous les plans et captiver ses fans par des morceaux incroyablement dansants. Avec United States of mind, Simonsson, Montelius et Nachmanson entrent de plein fouet dans les années 2000 et s’imposent naturellement comme l’un des groupes qui définiront le genre pour les années à venir. |
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Il y a 1 contribution(s) au forum. Covenant : "United States of mind"
(1/1) 2 août 2006, par Alevin |
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